APACHE ROI N° 14
— Ce n'est plus à faire, mon père a tout appris par les journaux, il me l'as écris ce matin.
— Ah !... Et qu'en dit-il ?
— Ce que j'en dis moi-même, c'est un malheur mais un malheur réparable, comme toute plaie d'argent.
— Et... c'est tout ?
— C'est tout.
— Il ne parle pas... du mariage ?
— Si pour exprimer le désir que la date s'en soit pas retarder.
— Ah ! Fit la mère, il exprime ce désir.
Et machinalement elle remercia avouant ainsi qu'elle avait redouté une autre décision, cette rupture qu'avait escompté le comte Ramy.
Et cela était si visible que le fiancé le releva en riant d'ailleurs.
— Aviez-vous donc craint que devant cette grosse perte d'argent, mon père ne retirât la consentement qu'il a donné à notre mariage ? Rassurez-vous. Ce n'est pas l’homme d'affaires qui a consenti ; c'est le père... le père qui sait que je fais mon bonheur, et ne veut voir que ce bonheur.
A mon tour, la jeune fille remerciait d'un mouvement de tête et d'un sourire qui faisait succéder à son air, jusque-là mélancolique, une expression de joie profonde.
Et Henry Dolabelle s'emparait aussitôt de l'effet obtenu pour chanter, à l'adresse de sa fiancée un de ces couplets d'adoration dont il avait jadis endormi de la conscience de Jacqueline.
— Ah ! Mademoiselle Marrie, ne me laissez pas que, vous aussi, vous avez craint. Dites-moi que vous n'avez pas douté de moi... De moi qu'aucun obstacle ,e pourrait aire renoncer au bonheur qui m'est promis, de moi qui aurait plutôt renoncé à mon père, à ma mère, et à tout. J'ai mis ma vie dans vos mains blanche, elle vous appartient à jamais ; croyez-en mon cœur qui vous adore et ma parole qui n'a jamais menti.
Un grondement bizarre interrompit le couplet...
Henri Dolabelle regarda du côté des chauffeurs noirs ; c'était de là qu'étais parti le grondement.
Et il vit que le plus grand des deux, le valet, s'était levé et quittait la place, et il continua le regarder.
L'autre chauffeur avait relevé ses lunettes et fixait sur lui des yeux dont la flamme le faisait frissonner.
Quelques secondes, ces yeux et ceux du fiancé restèrent comme rivés et ce fut Henry Dolabelle qui céda le premier ; il baissa la tête en battant des paupières et attendit pour reprendre ses protestations d'amour que le compte Ramy se fût à son tour éloigné.
Et ces premiers mots furent étouffés et plutôt dits pour lui-même que pour les eux femmes.
— C'est singulier... Il m'a semblé que je connais ce regard-là.
Elles avaient remarqué ce long regard que les deux hommes avaient échangé et si bas qu'il parlât ; elles comprirent très bien ce que disait Henry, mais elles n'attachèrent aucune importance à sa préoccupation.
— Quelque camarade que vous auriez perdu de vue depuis le collège, fit légèrement la future belle-maman.
— Peut-être … mais alors un camarade dont je n'étais pas ami.
— Ah !... pourquoi dites-vous cela ?
— Parce qu'il m'a certainement reconnu , lui, et qu'il n'a pas voulu me saluer.
— Il a peut-être craint d'être indiscret.
— Non... ce n'est pas cette crainte qu'il l'a empêché de me saluer... J'ai lu comme de la haine dans ses yeux.
— Oh !
— Une haine froide, mortelle.
— Oh ! Oh !
Les deux femmes commençaient à s'émouvoir ; le joli visage de la fiancée s'altérait... elle aimait celui qui lui était destiné, et s'il eût encore attendu l'aveu de son amour, Henry eût pu le lire dans cet émoi très visible.
Il le vit, cet émoi et s'empressa de rassurer celle qui tremblait pour lui :
— Pardonnez-moi mademoiselle Marie ; c'est une plaisanterie … Je m'essayais à faire du roman. Il n'y à jamais rien eu entre ce jeune homme et moi, et son regard n'exprimait qu'un sentiment très naturel, cette pointe d'envie que la vue d'un bonheur comme le mien éveille chez nous tous les hommes.
Il menait sciemment ; c'était bien de la haine qu'il avait lu dans son regard du comte Ramy, et il en était sûr... Une heure après ayant déposé les deux femmes à leur porte et s'en allant seul vers les boulevards, il revenait à ce regard qui l'avait forcé à baisser les yeux et se demandait étrangement soucieux :
— Que me » veux ce jeune homme , qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire ?
Le jeune homme était entré chez lui, rue François 1er mais il n'y était resté qu'une demi heure à peine, le temps de changer de costume.
Au bout de ce temps, coiffé d'un léger chapeau mou et enveloppé d'un long manteau qui tombait jusqu'à terre, il sortait de nouveau et, toujours accompagné de son grand valet, gagnait l'avenue des Champs-Elysées où il arrêtait un fiacre.
— A Montmartre, au galop !
— Quelle adresse, patron !
— Au coin de la rue des Martyrs et du boulevard.
Le fiacre roula pour ne s'arrêter qu'à l'adresse indiquée. Les deux clients descendirent, réglèrent la course et se dirigèrent ostensiblement vers un établissement très connu de paris qui s'amuse : le Paradis de Mahomet, une façon de théâtre où se donnait en tableaux vivants, de prétendues scènes de ce paradis oriental.
Ils y entrèrent en payant leur place comme tout le monde, mais, dédaignant de pénétrer dans la salle de spectacle par l'entrée commune, ils se dirigèrent vers les coulisses, ouvrirent une porte derrière laquelle un homme était debout comme une sentinelle, et disparurent.
Un escalier était devant eux qui conduisait au sous-sol ; ils s'y engagèrent et arrivèrent à l'entrée d'une salle souterraine où des hommes bizarrement vêtus, avec des mines farouches étaient assis ou vautrés qui buvaient et fumaient en silence — des hommes une douzaine et pas une seule femme.
Et avant que le compte et son valet eussent franchi le seuil tous ces hommes, avertis de leur arrivée par une sonnerie discrète, furent debout, tête nue et toujours silencieux, mais les yeux brillants et la face ardente.
Le comte Ramy s'avança le premier au milieu de la salle, au centre d'un cercle qui formaient les hommes, il se débarrassa de son manteau et de son chapeau — et un grondement d'adoration lente monta du cercle et les mains de tous ces hommes se tendirent frémissantes, vers l'être qui apparaissait.
Cet être était une femme.
Une femme de vingt ans supérieurement belle, une déesse de féerie, de qui le regard et le sourire étaient des caresses et qui tendrait à tous ses mains.
En toilette de soirée, d'une extrême richesse, les bras les épaules et le haut de la gorge elle portait, épinglée à son corsage, la fameuse perle noie de la rue de la Paix.
Quand le dernier des hommes qui l'entouraient eut baisé ses mains blanches, elle fit un geste, un vrai geste de reine ; les hommes s'écartèrent et reprirent leurs places autour des tables.
Elle resta debout et prit la parole.
— Porthos m'a dit ce matin que vous désirez me voir ; je vous ai fait savoir que je viendrais ce soir, me voici. Aussi bien je serais venue de moi-même ; je tenais à vous remercier de la réalisation de mon dernier désir. Elle montrait la perle noire ; ces hommes qui l'écoutaient et la dévorant des yeux étaient les ouvriers du coup de la rue de la Paix.
— Je vous remercie sincèrement du fond du cœur. La preuve m'est faite aujourd'hui que vous êtes capables de tout oser et de tout réussir pour faire de notre rêve commun une réalité ; l'apache maître de Paris, l'apache-roi ! Rois, vous l'êtes...
une protestation s'éleva, mais une protestation où éclatait encore l'adoration de ces hommes :
— Non, non ! C'est toi le roi !
Ils la tutoyaient comme on tutoie Dieu et les idoles et, devant elle, oubliaient leur argot d'apaches pour ne lui parler que sa langue, à elle, le français honnête.
— C'est vrai, répondit-elle, je suis le roi, mais moi, c'est vos ! Moi c'est votre force et votre audace ; mais c'est votre haine du bourgeois et votre besoin de l'écraser, et votre soif de jouissance ; c'est tout ce qui fait le révolté et le dresse contre les autres hommes et leurs lois. Moi, c'est l'apache, c'est vous tous, vous dis-je ! Je porte la couronne mais je la tiens de vous !
Et cela dit, chanté de la voix chaude et pénétrante qu'il fallait pour parler à ses êtres de passion ; elle revint à son point de départ.
— Vous voulez me voir.. Pourquoi ? Qu'avez-vous à me demander ? Dites-le, je suis là pour vous donner à mon tour ce que vous désirez...
Personne ne répondit ; il y eut un long mouvement, les yeux des apaches et cherchèrent non pour se consulter, mais plutôt pour se surveiller et pas une bouche ne s'ouvrit.
— Vous ne répondez pas ? C'est donc moi qui vais répondre.
Et elle répondit pour eux.
— Le jour où introduire au milieu de vous par Porthos, je vous proposai le pacte que nous lie, je vous fis le serment : « Jusqu'au jour où notre but commun sera atteint, j'oublierai que je suis une femme, je musélerai mon cœur et ma jeunesse et ne les laisserai parler qu'arrivée où je veux monter ; mais, ce jour-là, redevenue femme et livre d'aimer et de me donner un maître, je vous jure de ne le choisir que parmi vous et de ne choisir que celui qui m'aura le mieux servie » Vous vous souvenez n'est-ce pas ? Et c'est pour me le rappeler que vous me faites venir ici, et je lis dans vos yeux à tous la question qu'aucun de vous n'ose me poser : « Est-ce que le grand jour ne vas pas enfin venir ? » Et je vous réponds : Eh bien ! Oui il va venir le grand jour, il approche.
Toutes les poitrines soufflèrent un « ah » de damnés qui voient s'ouvrit le ciel.
— Il s'approche ! L’œuvre n'est plus qu'à moitié accomplie ; vous m'avez donné la fortune ; vous n'avez fait le roi de paris et je pourrais m'arrêter là mais depuis notre dernière entrevue, depuis le soir où je vous demandais la perle noire de la rue de la Paix, quelque chose st arrivé dont il faut que vous fassiez justice. Un homme m'a outragée. Je veux que vous me vengiez et, si vous le permettez, je vais vous dire comment j'entends cette vengeance.
— Parle ! Parle !
— Voici ! L'homme est riche.
— Nous le ruinerons !
— Il est beau...
— Nous lui déchirerons le visage.
— Il... il...
Ici, la voix de l'idole hésita.
— Parle ! Parle ! Rugirent encore les apaches.
— Il aime... oui ; en même temps qu'il me poursuit, il aime une jeune fille et il en est aimé, il va l'épouser.
— Il mourra la veille du mariage !
— La mort... c'est quelque chose mais ce ne serais pas assez ! Il me faut mieux pur laver l'outrage.
— Commande ! Tu seras obéie.
De nouveau l'idole parut hésiter.
— J'ai besoin de réfléchir... Je veux dire que je veux une vengeance qui lave tout ! Commençons d'abord par essayer de ruiner l'homme... je dis essayer ; il n'est as en notre pouvoir de les enlever toute sa fortune, mais nous pouvons l'entamer fortement.
— Ce sera fait !
— Bien. Je vais vous donner les indications nécessaires.
Elle les donna longuement, minutieusement dressant un véritable plan de campagne et marquant les points où frapper l'ennemi.
— Je vais réfléchir... chercher... et je trouverai. Je vous donne huit jours pour accomplir la tâche que nous venons d'établir ensemble, le neuvième à minuit, nous nous reverrons ici pour établir le reste, le châtiment suprême.
Et elle termina par ce coup de fouet :
— Et l'homme châtié, l'heure sera venue de tenir mon serment et je le tiendrai !
En finissant elle tendait, comme au début ses mains blanches à la bande et les lui abandonnait, dédaigneuse et froide et comme étrangère à la scène que son geste provoquait.
Mais, tout à coup, le grand valet vis le visage de sa maîtresse pâlir en se contractant et, jusque-là immobile, il s'élança vers elle.
Elle l'arrêta d'un signe de tête, remit son manteau et son chapeau d'homme et, redevenue le comte Ramy, se dirigea vers la sortie en rappelant le rendez-vous pris.
— Le neuvième jour, ci à minuit !
Un fiacre passait, elle l'arrêta et donna son adresse, rue François 1er.
A peine installé dans la voiture, le comte Ramy proféra dans un soupir qui fit frisonner le valet.
— Et dire que c'est moi … moi qui suit descendue dans cette fange !
— C'est vous, vous seule qui l'avez voulu, protesta le valet, comme s'il eût senti un reproche pour lui. Je ne voulais pas, moi ; j'aurais suffi à faire tout ce que vous voulez avec cette bande qui était déjà à moi qui m'obéissait au doigt et à l’œil. Non ! Non ! Je ne voulais pas.
— C'est vrai... c'est vrai... balbutia le comte Ramy en laissant aller sa tête sur l'épaule de son compagnon ; mais je l'avais promis devant ta mère morte, que je serai ta sœur et que nous ne nous quitterons plus, mon pauvre Pierre... Alors... je la suis, ta sœur ; je la suis tout à fait... Tais-toi ne dis plus rien ; laisse-moi pleurer.
Et Jacqueline, la perle de maman Dary se mit à pleurer silencieusement sur l'épaule de Pierre.
Et lui, Pierre se tut, toujours soumis comme jamais et respectueux jusqu'à ne pas oser prendre dans les siennes, ces mains blanches que Jacqueline abandonnait à ses apaches.
Elle reparla la première :
— Tu sais mon grand Pierre.
Elle l'avait tutoyé dès le jour o elle était devenue sa sœur, et elle continuait, encore qu'il eût jamais osé lui rendre ce tutoiement.
— Tu sais le serment que j'ai ais à ces hommes... tu as entendu... je l'ai appelé...
Ah ! S'il avait entendu !
— Oui, souffla-t-il.
— Et tu as souffert, n'est-ce pas ?
— J'ai... ne parlons plus de ça... je vous en prie. — Si, parlons-en... Il faut toujours tenir ses serments... et je tiendrai le mien.
— Non, tu ne tuerons personne ; tu me laisseras faire ce que je dois, je dois et tu n'en souffriras pas... je m'arrangerai pour cela, j'y ai déjà pensé. Oui j'ai pensé que tu avais assez souffert par moi où à cause de moi, mon pauvre Pierre, et qu'il ne fallait plus te faire souffrir... et j'ai trouver le moyen de tenir, sans te déchirer, toi le serment fait à ces hommes... Je te jure que je l'ai trouvé. Tu verras !tu verras. En attendant continue à bien m'aimer mon grand pierre, je n'ai que toi qui m'aime au monde... qui m'aime comme il est doux d'être aimée... et je t'aime bien aussi, moi va !et je n'aime que toi.
Et, s'élevant ses mains jusqu'à la bouche de Pierre.
— A mon tour... Efface mon Pierre, efface les baisers de ces monstres.
— Oh ! Moi... moi.
C'est à peine qu’il osa effleurer de ses lèvres ces mains parfumées qu'on lui offrait, mais il comprit en ce moment, que l'apache eût mordu.
Il tremblait de tout son corps et lui aussi, il avait envie de dévorer l'idole pour l'avoir toute à lui.
Et il ne disait rien, ses lèvres s'agitaient sans laisser sortir aucun son — comme s'il eu peur d'entendre lui-même les mots qui ne pouvaient en jaillir, le cri d'amour qu'il étouffait depuis si longtemps.
Ils arrivèrent à l'hôtel.
Le comte Ramy gagna directement sa chambre à coucher :
— Bonsoir Pierre, dort bien...
— Bonsoir, monsieur le comte... Bonne nuit.
— Merci mon grand... Ah ! J'oubliais... mes ordres pour demain... où plutôt pour ce matin ; nous partons en excursions à six heures. Tu as à peine le temps de faire un bon somme... Va vite dormir, va !
Jacqueline ferma sa porte et s'occupa d'abord de soigner la morsure de l'apache — et, seule avec elle-même et revoyant la scène d'où elle avait emporté cette marque et l'abîme d'infamie où elle était descendue elle rougit de honte et se laissa tomber sur un siège.
— C'est moi... moi... Ah ! Mon pauvre père ! Ma pauvre mère !
Mais surmontant aussitôt cette faiblesse, elle se releva.
— Il le fallait, mon père ! Vivant tu aurais tué ces eux misérables pour venger ta fille et ton nom ; tu es mort et c'est à moi de les venger !
Et elle ne songea plus qu'à sa vengeance, à ce châtiment suprême qui devait couronner son œuvre de haine — et son visage pâle s'éclaira, ses yeux s'irradièrent.
Elle le voyait, le châtiment. Je n'avais pas besoin de pierre pour l'imaginer, elle l'avait déjà trouvé.
Et ce devait être quelque chose de si effrayant qu'elle ne put s'empêcher de murmurer à l'adresse sans doute de la fiancée d'Henry Dolabelle.
— Pauvre fille !
Soupir de pitié, aussitôt suivi d'ailleurs de cette révolte.
— Et moi n'étais-je pas innocente et pure comme elle ? N'avais-je pas comme elle droit à l'amour et au bonheur !
Un murmure qui montait, grossi dans le silence de la nuit, frappa son oreille.
Elle écouta et reconnu le bruit d'une respiration.
Il y avait quelqu'un là, à sa porte, quelqu'un qui attenant pour entrer qu'elle fut endormie...
Elle eut peur — elle revit les monstres qu'elle avait eus, ce soir, autour d'elle et surtout celui qui l'avait mordue — et son premier mouvement fut de reprocher à Pierre de ne pas la garder.
Brave elle se raidit contre l'épouvante qui l'envahissait ; elle prit sur sa table de nuit le revolver que, depuis son entre dans la voie du cime, elle avait toujours à son chevet, soit pour se défendre contre un assassin, soit pour se tuer si on venait l'arrêter — et elle marcha au danger, elle alla ouvrir la porte.
Elle l'ouvrit et resta stupide.
Un homme était couché là, sur le tapis de l'antichambre et dormait.
Et cet homme elle l'avait à la lumière qui venait de sa chambre, reconnu sans peine.
C'était Pierre — Pierre qui la gardait comme un chien fidèle — couché devant sa porte.
Il dormait d'un sommeil lourd de bête fatiguée et en se penchant sur lui, Jacqueline vit qu'avant de s'endormir il avait pleuré ; ses larmes avaient tracé des sillons sur ses joues rudes.
Alors, elle acheva de se pencher, et baisa doucement ses yeux qui s'étaient fermés en pleurant pour elle, et rentrant dans sa chambre, elle laissa sa porte ouverte.
— Je n'ai rien à craindre de toi, mon Pierre, ni de personne quand tu es là !
(A SUIVRE LE 3 JUILLET)
