VOTRE OPI,NION ET LA NOTRE 2/2
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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2
La série des réhabilitations historiques n'est pas close. En quelques mois, voilà des personnages très divers dont les érudits nous présentent la biographie sous les traits vraiment nouveaux : Mandrin, Louis XIII, Marguerite de Valois.
Nous avions pris Mandrin pour un chef de voleurs ; nous disons ; Cartouche et Mandrin, comme si les deux hommes avaient exercé la même profession ; nous apprenons maintenant que Mandrin fut le dernier chevalier errant, redresseur de torts, défenseur des faibles, populaire dans tout le Sud-Est de la France pour ses exploits philanthropiques.
Nous avions toujours jugé Louis XIII comme un prince falot, timide, sans volonté, sans initiative, incapable de disputer la réalité du pouvoir à ses propres créatures, Luynes et Richelieu. C'était encore une erreur ; on nous découvre en Louis XIII un roi-soldat un gentilhomme de grande allure, au caractère trempé par les amertumes et les périls qu'il assiégèrent son enfance, et qui lui enseignèrent la ruse en même temps que l'énergie.
Enfin Marguerite de Valois était à nos yeux une dame aimable, mais de mœurs plutôt légères ; nous avons mal vu ; la reine Margot est digne de tous respects. Elle fut diffamé par les libellistes parce que les premiers Bourbons perdirent et provoquèrent tout ce qui pouvait discréditer la mémoire des derniers Valois. Les romanciers et les dramaturges allant chercher l'inspiration dans les pamphlets où dans les mémoires secrets qui sont une variété de pamphlets propagent des légendes les plus fausses.
Quelle bonne fortune pour les historiens de soutenir un paradoxe qui attire l'attention et d'accomplir du même coup une œuvre de justice !
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Il y a devant les tribunaux des experts qui prêtent à la raillerie ; du moins il y en a qui montrent du courage et dont les avis devraient être entendus. Au tribunal correctionnel de la Seine, un expert médical chargé de l'examen mental d'une enfant inculpée de vagabondage, n'a pas craint de conclure que : « Le pouvoir administratif devrait créer au plus tôt des établissements d'assistance à base médico-pédagogique si l'on veut traiter avec justice les enfants délinquants ou criminels »
La simple lecture de cette phrase le rapprochement de certains mots éclairent assez le sujet. Le vagabondage devrait-il être la manière d'une inculpation ? Peut-on admettre que des enfants, quels que soient leurs actes, sont criminels ? Comment y a-t-il un appareil de répression contre les enfants ? Il y a des enfants heureux et des enfants malheureux, des enfants sains et des enfants malades, des enfants qui ne manquent de rien et des enfants qui manquent de tout. Mais tous les enfants sont innocents.
Ceux qu'on appelle enfants coupables sont des enfants victimes ; victimes des tares héréditaires, victimes des fautes, des vices de leurs parents, victimes de l'alcoolisme du père et de l'inconduite de la mère, victimes de la misère, victime de l'abandon. Qu'on les recueille qu'on les secoure, qu'on les soigne ; mais qu'on n'ose pas les flétrir ni les châtier.
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Quand vous avez besoin de faire constater votre identité, par exemple pour une législation de signature ou pour la déclaration préparatoire aux actes d'état civil, on vous demande de produire deux témoins patentés.
Le maire où le commissaire de police vous connaît probablement ; mais il ne certifiera que vous êtes vous-même que si l'attestation lui est fournie par deux braves gens, charbonniers ou marchands de vin, qui ne vous ont jamais vu, qui n'ont jamais vu votre signature, qui ne vous connaissent ni d'Ève ni d'Adam, qui affirmeront au besoin que vous êtes le grand Turc ou le grand lama, et qui rendent le même service à dix inconnus tous les jours. Il n'y a pas de chinoiserie pire que celle-là.
Nous avons vu, au régiment deux citoyens d'une ville attester, moyennant quatre sous par tête que tous les réservistes d'un bataillon étaient leurs amis personnels et logeaient chez eux. Il s'agissait de faire coucher ces réservistes hors de la caserne pour ne pas sortir du magasin les effets de couchage. Un individu causa beaucoup de scandale en refusant de bénéficier du faux témoignage. Il avait pourtant raison.
REVUE NOS LOISIRS DU 29 NOVEMBRE 1908