LES CHANSONS MILITAIRES FRANÇAISES
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LES CHANSONS MILITAIRES FRANÇAISES
HOMMES DÉFENDONS-NOUS CONTRE LES
ARTIFICES DU BEAU SEXE
FIN D'AUTOMNE
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LES CHANSONS MILITAIRES FRANÇAISES
Plus encore que les autres chansons et Dieu sait si les échos de notre vieille Patrie ont répété de couplets et de refrains, les chansons militaires portent la marque d'une époque. Les romains de Jules César, ces Latins glabres aux joues bleues, petits nerveux et disciplinés furent épouvantés, si l'on en croit Tite-Live lorsqu'ils virent vos ancêtres des Gaules, chevelus, moustachus, grands et blonds, s'avançant en chantant le Chant de l'Épée.
Chant de glaive bleue
Qui aime le meurtre
Chant de glaive bleue.
Chaque âge eut sa chanson, pendant ces siècle ou l'humanité n'était qu'une troupe armée en marche ; le moyen âge fut religieux, la Renaissance grivoise, le XVIIe siècle frondeur. A la bataille de Fontenoy, les soldats après une dernière œillade à leur miroir et après avoir incliné coquettement leur tricorne à cocarde sur l'oreille chantaient :
Dérouillons, dérouillons. La Ramée
Dérouillons, dérouillons nos outils
En avant Fanfan la tulipe
En avant nom d'une pipe,
En avant.
L'esprit devient gouailleur, on sent la Révolution est proche et qu'après avoir usé les souliers du roi, ces soldats vont faire sonner à travers le vieux monde ébloui les sabots de la jeune République. Elle arrive, la Révolution enthousiasme dans un élan indomptable et tout le monde sait sur quels airs elle s'avance :
Dans la Carmagnole
Vive le son, vive le son
Dansons la Carmagnole
Vive le son des canons.
La Carmagnole, Ça ira sont ses chansons favorites de marche ; mais son grand hymne, a-t-on besoin de le nommer ? Le lecteur le fredonne déjà :
Allons enfants de la patrie
Le jour de gloire est arrivée !
Contre nous la tyrannie
L'étendard sanglant est levé.
Lorsque cela éclatait, à Jemmapes, à Valmy, partout, devant un ennemi nombreux, bien nourri et discipliné, nos volontaires de seize ans et nos enrôlés de cinquante ans, souvent sans pain et sans souliers, voyaient volant au-dessus des troupes hérissées de baïonnettes, La Marseillaise, pareille à une grande femme aux ailes rouges et tenait sur sa poitrine gonflée le drapeau aux trois couleurs.
A ces accents, ils ont bousculé le monde...
Les vieux brisquards de la Grande Armée chantaient La Garde Impériale et Veillons au Salut de l'Empire, tandis que les jeunes recrues, arrachées à leur foyer, à leur terre et à leurs fiancées, marchaient en fredonnant des couplets plus mélancolique :
Je suis't'un pauvre conscrit
de l'an mille huit cent dix ;
Faut quitter le Languedoc
Avec son sac sur le dos.
Enfin on ne peut songer au second Empire et à la conquête de l'Algérie, sans entendre les clairons sonner : La Casquette du père Bugeaud. Depuis la chanson a été proscrite puis elle a reconquis sa place dans les rangs, mais elle n'est pas très populaire, et il faut avoir était soldat pour être renseigné. Elle est consigné au quartier pour parler militairement. Elle manque d'originalité et est un peu déchue mais si l'on assiste au passage d'une colonne en marche, on se rend compte que nos petits troupiers s'avancent gaiement comme leurs aïeux, sous le soleil ou la pluie, ce que ce qui en accablerait d'autre ne les empêchent pas e célébrer selon la vieille tradition militaire de France, le vin, l'amour et le tabac.
HOMMES DÉFENDONS-NOUS CONTRE LES
ARTIFICES DU BEAU SEXE
Il faut protéger les hommes, les pauvres hommes qui peuvent tomber dans les pièges que leur tend la ruse de la femme. Écoutez plutôt le texte de cette loi qu'on élabore aux États-Unis et qui passera très prochainement. « Si une femme, fille ou veuve entraîne au mariage quelque honnête garçon des États grâce à des artifices comme odeurs, parfums, poudre, fars, fausses dents, faux cheveux, corsets, rembourrage, hauts talons, blouses décolletées, dentelles ou quelque autre moyen artificieux et perfide (n'insistons pas)... le mariage sera considéré comme nul et non avenu »
FIN D'AUTOMNE
Fin d'automne, plus belle encore que l'Été !
Tout penche sous la pâle et diffuse clarté
Plus tendre ; tout défaille ert décroit et décline ;
Et la sonorité des bruits est cristalline,
Même à midi, dont l'air moins chargé de chaleur.
Tout dissout son reflet, tout déteint sa couleur ;
Le paysage est comme une rose trempée
Dans l'eau fraîche, et qui meurt parce qu'elle est coupée,
Toujours belle, plus belle encore, semble-t-il
Mais où tarit la sève du sang vert et subtil.
O fin d'automne, fin lumineuse d'Automne !
On dirait que l'azur diaphane s'étonne
D'être encore par instant si neuf et si léger ;
Le soleil lent déjà sur l'allée et la haie
Semble une neige tiède et blonde qui s'essaie...
Fernand Gregh
REVUE NOS LOISIRS DU 22.11.1908