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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 3/3

20 Octobre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 3/3

Dans les pays où l'armée se recrute par engagement volontaires, c'est le cinématographe qui fait désormais l'office de sergent racoleur.

Tous les Français qui ont visité Londres ont rencontré ces magnifiques sous-officiers, revêtus de leur uniforme le plus éclatant, gras, roses, sanglés, qui parcourent les quartiers populaires pour exciter l'envie des jeunes hommes et pour leur conter les félicités de la vie militaire. L'ouvrier sans travail signe alors un engagement, et l'armée britannique compte un héros de plus.

Il en était de même autrefois dans les rues de Paris. Le sergent racoleur faisait la parade, vantait la gloire et les joies du soldat, payait à boire dans les cabarets, entraînait au régiment ses auditeurs crédules.

En Angleterre et en Amérique, on a résolu de remplacer le boniment du sous-officier par des représentations cinématographiques. On y faisait voir aux jeunes gens l'existence militaire sous les aspects les plus attrayants, les plus joyeux.

                             Ah ! Quel plaisir d'être soldat !

                             Vive le vin, l'amour et le tabac !

Les hommes faits ne sont toujours que des enfants avec plus de barbe et moins de cheveux ; on les mène dans la vie de la même façon qu'à l'école.

 

 

 

Un drame mis en scène avec un soin minutieux au second Théâtre français, fait revive en quelques tableaux pittoresque le siège de Paris et de la Commune. L'orchestre en même temps joue des airs que furent à la mode en ce temps-là. Les spectateurs qui ont e malheur d'être assez âgés pour remonter aussi loin dans leurs souvenirs en sont étrangement troublés.

Comme c'est vieux ! Comme ces épreuves terribles et ces efforts héroïques ont été vains. Comme ces généreux espoirs ont été trompés.

Les spectateurs plus jeunes demeurent froids. Ils vivent leur vie propre et se soucient médiocrement de ce qui les précéda. Ils écoutent avec quelque dédain les vieilles protestations de résistance invincible, de fidélité indomptable, de haine inassouvie qui furent suivies de capitulations et de renonciations si complètes.

Pendant près de vingt ans, la Guerre passée, la Revanche future, alimentèrent le répertoire des music-halls ; et c'est en chansons de music-halls que toute cette énergie s'est dissipée. Hélas ! Il eût été plus décent de ne pas chanter.

 





La décoration de Mme Marcelle Tynaire a jeté l'émoi dans le public des femmes littéraires. Cette romancière à « blagué » la croix dont elle avait envie et toutes ses consœurs en ont été scandalisées.

« Je n'oserais pas porter mon ruban rouge en omnibus, a dit Mme Marcelle Tynaire, de peur qu'on ne me prenne pour une ancienne cantinière » Les diverses dames ornées de l'Étoile des braves ne sont pas flattées de la comparaison. Elles ont tort. Les anciennes cantinières décorées — s'il y en a ! — sont probablement celle qui ont obtenu leur croix de la façon la lus normale, et sur le compte de qui les mauvaises langues font le moins de conjectures.

Loin de Paris les distinctions honorifiques jouissent encore de quelque prestige. A Paris, où tout le monde voit par quelque intrigues, par quels services, par quelles manoeuvres on les gagne, la satire exerce ses droits.

George Sand n'a jamais été décorée, de même que Balzac n'a jamais été académicien. Les livres de Mme Tynaire sont peut-être excellents ; mais s'ils ne valent rien, la croix d'honneur ne leur donnerait pas de mérite.

REVUE NOS LOISIRS DU 2 FÉVRIER 1908

 

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