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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2

18 Août 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

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VOTRE OPINION ET LA NOTRE

Vous avez gâché bien des feuilles et des cahiers de papier pour donner à votre écriture avec des pleins et des déliés, une pente régulière. C'est dommage, parce qu'il faudra vous appliquer désormais à écrire verticalement.

Les médecins qui décident aujourd'hui de tout comme le médecin de Sancho Panca dans l'île de Barataria, déclare que l'écriture oblique détermine des déviations du nerf optique et des déformations de la colonne vertébrale. Sur les bancs de l'école, les enfants qui copient des modèles obliques ont une épaule plus élevée que l'autre ; et ils en conservent quelque chose.

Au fond c'est l'affaire du monde. Quand on regarde les anciens manuscrits, lettres privées, parchemins officiels on constate que l'écriture droite régnait presque universellement il y a cent cinquante ans. L'écriture penchée vient d'Angleterre ; l'écriture verticale arrive d'Amérique. Lorsque deux ou trois générations auront écrit verticalement, les suivantes reviendront à l'autre système.

Il n'y a d'inconvénients à ces variations que pour les graphologues qui établissent un lien entre l'inclinaison de l'écriture et la sincérité de caractère. Insinueront-ils qu'on change de caractère en changeant d'écriture ? Comme il serait facile alors de perfectionner les humains ?

 

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Dans le nouveau règlement que le préfet de police vient d'édicter concernant l'hygiène et la sécurité dans les théâtres, un article ordonne la désinfection des costumes et des perruques de figurants. Le préfet de police avec raison veut empêcher que les « seigneurs de la cour » les « gentilshommes du cortège » les élégants « invités de la soirée mondaine » ne se transmettent la pelade ou la gale. On aseptisera les pourpoints et les feutres empanachés de cette brillante noblesse comme les képis et les pantalons de réservistes.

Bien. Mais il ne manque pas d'autres occasions ou l'antisepsie devrait être imposée. Tout d'abord quand un locataire quitte son logement. Le propriétaire ne fait pas lessiver les peintures et remplacer les papiers à chaque déménagement ; il attend que le local soit inhabitable et le nouvel occupant s'installe parmi les microbes de son prédécesseur ; il y installe sa famille, ses jeunes enfants, sans savoir de quelles maladies l'autre famille à souffert.

Les chambres d'hôtel où les voyageurs se succèdent rapidement sans que personne contrôle leur état sanitaire, sont tout à fait dangereuses, on change les draps ; insuffisante protection ; le matelas , les tentures, la cuvette, peuvent receler des germes infectieux.

Quand vous monter dans un wagon, dans une voiture, vous demandez-vous jamais quel individu malsain occupait la même place que vous quelques minutes plus tôt ? Quelles variétés de bacilles sont emmagasinées dans les coussins ? Avez-vous vu des fiacres débarquer des malades à la porte d'un hôpital puis reprendre la file à la prochaine station sans subir le moindre nettoyage.

Dans chacun de ces cas, les précautions antiseptiques sont indiquées ; il faudrait les multiplier. A quoi sert-il que la science ait découvert l'origine et les moyens de transmissions des maladies, si les funestes microbes continuent de circuler librement ?

 

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vous doutez-vous du chemin que fait sur le terrible pavé de Paris, sur les pentes abruptes et parmi les encombrements, un malheureux cheval de fiacre ? Non, vous ne pouvez pas vous en douter ; personne ne s'en douter avant l'emploi des compteurs. Ce cheval fait de 70 à 80 kilomètres.

Et vous êtes-vous demandé pourquoi les chevaux de Londres, par exemple, se mettent en marche rapide au premier signal de la guide, alors que les chevaux de Paris se traînent péniblement sous une grêle de coups de fouet ?

Tout simplement parce que les chevaux de Paris en général et les chevaux de fiacre en particulier meurent de faim. Les Compagnies ont calculé et elles expliquent froidement dans leurs comptes, que les économies réalisés sur la nourriture d'un cheval affamé pendant deux ans leur permettent de le remplacer par un cheval neuf et d'avoir encore un bénéfice. Exiger d'un cheval qu'on affame systématiquement un travail au-dessus des forces d'un animal bien nourri ; quelle mentalité, quel abîme d'injustice et de cruauté cela découvre chez un peuple !

 

REVUE NOS LOISIRS DU 1er NOVEMBRE 1908

 

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