VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
Un drame « bien parisien » vient d'illustrer les conseils que nos lecteurs ont trouvés souvent à cette place. Ne vous laissez pas éblouir par le faux éclat de la vie parisienne. Restez dans votre province, où retournez-y avant que le monstre ne vous dévore.
L'affaire s'est passé à l'Ambigu, qui est justement un théâtre de mélodrame. Le secrétaire du théâtre a massacré l'un des directeurs. Le meurtrier était un brave provincial à qui l'on avait promit monts et merveilles s'il plaçait son petit patrimoine dans la maison. Il avait tout réalisé, la dot de sa femme, la tirelire de ses enfants et il avait quitté sa petite ville pour remplir les brillantes fonctions de secrétaire d'un théâtre parisien.
Théâtre ! Paris ! Coudoyer les actrices ! Tutoyer les acteurs ! Serrer la main des auteurs célèbres et des critiques influents ! Être courtisé par les débutants, par les candidats, par les amateurs de billets gratuits ! Rêve éblouissant pur d'innombrables naïfs.
Le réveil est dur. C'est la misère en redingote. Le petit pécule est tout de suite englouti ; les beaux appointements ne sont pas payés ; l'emploi même est transféré à un autre commanditaire ; pressé de perdre son argent. Fuyez Paris, fuyez la vie factice, fuyez les milieux malsains.
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L'assistance publique achetant les même quantité de denrées en 1908 qu'en 1905 et de qualité pareille, a dépensé 2 300 000 francs en plus. En trois ans les prix ont augmenté de 18 ½ %.
Et c'est une moyenne. Quelques articles de première nécessité ont subi une hausse énorme. Ainsi le riz à augmenté de 100 % ; le lard 27 % ; le saindoux de 36 % ; les pruneaux 76 % ; le savon blanc de 50 % ; l'huile à brûler de 33 % ; l'huile à manger de 25 %.
Naturellement le phénomène qui grève le budget de l'assistance publique grève dans la même proportion les budgets particuliers. Quand on se récrie chez l'épicier, il vous répond froidement : « tout augmente ! » Le charbonnier, le boucher, le crémier chantent la même antienne. Et le propriétaire suit le mouvement.
Mais les salaires des ouvriers n'augmentent pas aussi vite ; les appointements des employés, commis, bureaucrates, gens de profession libérales, n'augmente pas du tout. Le problème de l'existence est de plus en plus dur à résoudre pour les honnêtes gens. Comment se dénouera cette crise ? On ne le devine pas.
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Quelle est la question qui attire universellement l'attention pour le quart d'heure ? L'aviation. Quelle est la question qui préoccupe perpétuellement la pauvre humanité ? La santé.
Partant de ces prémisses, on devait aboutir à une théorie médicale qui utiliserait les ballons pour la cure des malades. Ça y est. L'Académie des Sciences est saisie d'un mémoire sur l'aérostatothérapie.
On envoyait jusqu'ici les anémiques les tuberculeux dans les montagnes, pour y respirer un air pur à l'abri des microbes, sous une pression atmosphérique réduite. A quoi bon faire le voyage de Suisse ou du Tyrol, maintenant que nous allons régner sur les airs ? Plus de sanatoria sur les alpes ? Tout le monde en ballon !
Bien qu'elles se soient multipliées, les stations de « tourisme curatif » n'existent pas partout ; leur situation même rend les approvisionnements difficile et le séjour coûteux. Il n'est possible qu'aux riches de chercher le salut à Davos et à Saint Moritz. En ballon, le traitement devient beaucoup plus simple et plus économique. Avec deux mille mètres de corde le matériel sera complet.
Le médecin réglera l'altitude exactement sur les besoins du malade et sur l'état de l'atmosphère. Cinq, dix ou vingt personnes, traitées ensemble dans une vaste nacelle, passeront le temps à lire, à jouer au bridge, à suivre de haut les expériences d'aviation, le soir venu, quelques tours de cabestan les ramèneront dans leurs familles. L'idée fera son chemin.
REVUE NOS LOISIRS DU 11 OCTOBRE 1908