VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
Faut-il dans la rue, marcher avec sa femme bas dessus bras dessous ? Et dans l'affirmative quel bras dessus ? Quel bras dessous ? Une enquête est ouverte à ce sujet devant le public.
Les ais différent. On aposte les pointeurs sur le boulevard des Italiens et le résulta e leur observations est que la plupart des couples cheminent sans se lier par le bras. Du moins à Paris. En province, la statistique ne serait pas la même.
Aux jours de fête, lorsque beaucoup d'habitants des provinces visitent paris, les parisiens se plaignent que la circulation devienne plus difficile sur leur trottoirs à cause des couples et même des groupes « bras dessus bras dessous » Dans l'encombrement de la capitale, en effet, il importe que chacun garde la liberté de ses évolutions. Traverser les rues et les carrefours à deux, c'est doubler les chances d'écrasement.
Quand on donne le bras, qui doit s'appuyer sur l'autre ? Jadis, la femme passait passait toujours son bras sous le bras de l'homme. Aujourd'hui on observe souvent le contraire. Les psychologues tâchent d'expliquer le sens de ce changement. Et si l'homme donne le bras, quel bras donnera-t-il ? S'il est militaire, académicien, huissier au Parlement, gardien de square, son épée l'empêche de donner le bras gauche. La question est bien complexe !
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La presse du monde entier va prendre le deuil, une dépêche de Londres, en date du 10 septembre 1908 a fait connaître que le serpent de mer est mort. Il a été tué à coups de fusil, sur une plage d'Irlande où il s'était imprudemment aventuré.
Depuis près d'un siècle il fournissait de la copie aux journaux de langue et de toute opinion surtout à l'époque des vacances. Il avait fait ses débuts dans le Constitutionnel sous le régime censitaire ; mais il avait gardé sa place dans la grande presse du suffrage universel. Chaque fois que les Parlements chômaient, parce que les élus allaient se retremper dans le sein de leurs commettants, le serpent de mer accourait pour combler dans les colonnes de journaux, la lacune des débats politiques.
On le voyait successivement dans toutes les mers, actiques, antarctiques et tropicales. Ses dimensions varient beaucoup, selon l'imagination des navigateurs et des correspondants de presse. Son cadavre enfin mesuré, se trouve avoir six mètres de long et deux mères de circonférence ; il est pourvu de deux nageoires. On va l'empaillé pour le Brilish Museum. Et voilà comment les gloires s'éteignent. Espérons cependant que le serpent laisse un frère ou des enfants et qu'on les signalera bientôt en vue de port de Marseille.
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Il faut respecter les décisions de la justice mais il ne faut pas les examiner de trop près, sous peine de ressentir un certain trouble de conscience.
Ainsi dans la même journée, la cour d'assises et le tribunal correctionnel de la Seine jugent deux jeunes femmes, qui avaient eu à se plaindre de leurs amoureux respectifs. L'une avait tué le sien d'un coup de revolver ; la cour d'assises l'acquitte. L'autre avait été, sans conséquences grave un vitriol presque anodin ; le tribunal correctionnel l'envoie en prison. Conclusion...
Quelques jours plut tôt, deux hommes jugés pour avoir porté sur eux deux revolvers. L'un, qui avait fait usage de l'arme pour occire son patron est acquitté par la cour d'assises. L'autre qui voulaient simplement se défendre la nuit contre les apaches et qui n'avait pas sorti le revolver de sa poche est condamné à vingt cinq francs d'amende : Conclusion...
Comment s'étonner de la fréquence des meurtriers puisque le meurtre est à peu près le seul acte délictueux qu'on absolve ?
REVUE NOS LOISIRS DU 4 OCTOBRE 1908