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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2

1 Juin 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

N° 39

 

 

VOTRE OPINION ET LA NOTRE

 

Adieu les vacances ! Il faut reprendre le collier, tourner la meule, respirer dix ou onze mois l'air empesté de la ville avant de revoir les champs.

« Heureux l’habitant des campagnes, s'il savait à quel maux y échappe, en restant dans sa saine médiocrité » Cela se dit en vers et en prose depuis les temps les lus reculés ; mais la population rurale continue d'émigrer dans les cités.

Les citadins eux, n'aspirent qu'à voir la verdure sous le ciel sans fumée. Ils circulent les uns pendant trois semaines, les autres pendant deux mois, d'hôtel en hôtel, d'auberge en auberge ; et ils y sont accueillis selon le prix qu'ils payent au patron, selon les pourboires qu'ils distribuent aux serviteurs.

Le prix du patron est fixé d'avance ; mais les pourboires du personnel ne se donnent qu'au départ. Comment les employés peuvent-ils savoir si vous êtes généreux ou non, et régler là-dessus leur complaisance ? L'élégance de la toilette en voyage n'est pas une indication très sûre. Il fallait trouver un autre signe. On l'a trouvé, du moins en Suisse et en Allemagne.

Chaque hôtel colle une étiquette réclame sur les bagages du voyageur qui s'en va. Or les maîtres et garçons d'hôtel ont imaginer de renseigner leurs camarades en attribuant telle ou telle signification à la manière dont les étiquettes sont placées. Au premier coup d’œil sur votre malle, on sait si vous êtes avare ou libéral !

 

 

Il paraît que nous sommes en pleine « crise pénitentiaire » entendait par là que l'agitation règne dans les maisons centrales, maisons de force, maisons d'arrêt, parmi les détenus et parmi les gardiens.

Aujourd'hui nul est content de sa condition. Les prisons étaient jadis l'asile de la paix et du silence ; les voilà dans le mouvement. On réclame. Les prisonniers s'insurgent , dé »noncent les directeurs et les contrôleurs. Les gardiens se syndiquent ; ils forment quatre Association, nommé des délégués, saisirent la presse de leurs revendications. Ces incidents et les suites qui leur sont données, révèlent un état d'esprit nouveau dans la société. Qui donc eût imaginé de telles choses, il y a cinquante ans ?

Ce sont des phénomènes aussi curieux dans leur genre, que la photographie à longue distance et la télégraphie sans fil. Mais ils se soulèvent encore plus de difficultés ; les captifs se plaignent des rigueurs de la captivité ; les gardiens se plaignent au contraire des licences trop nombreuses octroyées aux prisonniers. Comment concilier les exigences croissantes de « humanitarisme » avec la nécessité de la discipline ? Le problème qui se pose ici se pose en bien d'autres circonstances, et il devient de plus en plus ardu. Le sentiment du devoir et de la responsabilité, la sensibilité du cœur et des intérêts politiques, se trouveront de plus en plus contradictoires.

 

 

Les merveilles réalisées par l'homme au court du siècle dernier, pour l'utilisateur des forces naturelles, lui donnent une confiance admirable dans l'avenir. Il ne doute plus de rien ; il est sûr du succès final, quels que soit les échecs du début.

En ce moment les aviateurs traaillent sur toute parts, ils réussissent quelques expériences ; aussitôt des Ligues se constituent pour les encourager et des Sociétés financières s'organisent pour tirer parti de leur inventions avant qu'elles soient acquises.

Puisque tel aéroplane s'est maintenu dix munutes dans les airs, on considère comme certaine la solution du problème dans un délai très court. En Allemagne on l'on s'est piquzé d'émulation pour dépasser le génie fançais, on fixe déjà les tarifs du futur voyage en dirigeable, à 15 pfennigs par kilomètre ; on promet aux premiers souscripteurs des voyages gratuits ; on va certainement offrir au membre du Reichstag, moyennant quelques marks de cotisation, le permis de circulation permanente ; on désigne les têtes de lignes des parcours réguliers. Bef, tout est prêt pour l'exploitation ; il ne manque plus que le véhicule.

Prenez vos billets ! Prenez vos billets!pendant que madame mettra son chapeau (vous savez qu'il lui faut un certain temps) tout sera prêt.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 27 SEPTEMBRE 1908

 

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