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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2

30 Septembre 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

VOTRE OPINION ET LA NOTRE

On cite cette parole ingénue de la femme d'un auteur populaire « Tiens ! Les journaux annoncent encore un live de mon mari ; c'est drôle ; je ne le vois jamais écrire »

Nous possédons en effet dans la littérature contemporaine — roman ou théâtre — un certain nombre d’écrivains féconds qui n'ont jamais rien écrit. Sans parler naturellement des discours parlementaires, oraisons funèbres, discours d'inaugurations, salamalecs officiels qui sont fournis tout prêts aux hommes politiques par leur secrétariat particulier. Mais parmi les professionnels, quelques-uns des plus notoires ne sont que des parons d'usine, propriétaire d'une « firme » littéraire avec lesquels traitent les éditeurs et les directeurs de journaux ou de théâtres.

Le travail commencé s'exécute dans les mansardes comme la lingerie confectionnés des grands magasins. Une foule de pauvres diables qui ont quelquefois beaucoup de talent, mais qui n'ont pas de notoriété, pas de relations, pas de capitaux pour les premiers lancements, produisent les romans et les pièces qui procurent au chef de l'entreprise seul en nom, la fortune et la réputation.

Les « intellectuels » sont les hommes les plus incapables de s'organiser pour défendre leurs intérêts ; sans quoi nous verrions, un de ces jours se fonder des Coopératives d'ouvriers de lettres pour la fabrication des feuilletons.

 

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Pour fêter le jubilé de son directeur actuelle Worldde New-York a publié un numéro de 200 pages. Les numéros de quatre vingt à cent pages sont fréquents dans la presse américaine, mais le numéro de 200 pages est un « record » Notez que ces journaux sont imprimés en caractères très fins et que les lignes sont très serrées. Pour lire d'un bout à l'autre le numéro de 200 pages qui pèse six livres et qui déduction faites des nombreuses illustrations, contient peut-être deux cent mille lignes de texte, il faudrait — avec la journée de huit heures ! — une bonne quinzaine. Et chaque matin se succèdent les numéros de 16, 24, 32 pages.

Tours de force évidemment qui affichent la puissance financière du journal, la perfection de son outillage, l'habilité de son administration. Mais à quoi cela sert-il ? Uniquement à détruire les forêts, à déboiser la terre entière qui sera bientôt aride comme le Sahara, parce que tous les arbres auront été transformés en pâte à papier.

Le génie de l'homme arrive à produire au delà de ce que ses forces peuvent consommer. Il y a pourtant une infinité de besoins dans la race humaine qui ne trouvent point de satisfaction. Nous gaspillons sans profit d'immenses ressources qui font défaut d'un autre côté.

 

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« La princesse Stéphanie a inventé un réchaud » ; telle est la nouvelle répandue par les journaux du monde entier, pour émouvoir le monde culinaire, les maîtres d'hôtel, les bonnes ménagères et les poêliers fumistes.

On ne reprochera plus aux grands de la terre leur ignorance de la vie pratique !

La princesse Stéphanie avait mené jusqu'à ce jour une existence dramatique et romanesque. Son premier mai, l'archiduc Rodolphe a péri dans des circonstances terribles et mystérieuses, au pavillon de chasse de Meyerling. En le perdant, elle perdit la couronne impériale d'Autriche, que devait porter Rodolphe. Elle trouva des compensations sentimentales. Elle abandonna ses titres, ses prérogatives quasi-royales pour épouser un simple gentilhomme hongrois.

L'univers la croyait toujours anéantie dans la passion, submergée dans l'azur. Mais la femme se compose d'une âme et d'un corps ; tandis que l'âme de la princesse flottait dans les régions éthérées, son corps déplorait qu'on laissât refroidir sur la table certains plats qui veulentêtre mangers chauds, comme les escargots et les tripes.

En conséquence, la veuve de l'archiduc Rodolphe a conçu le dispositif « d'un réchaud à tenir les plats chauds sur un dressoir » et elle a pris en Belgique le brevet n° 205.794. elle poursuivra les contrefacteurs.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 14 JUIN 1908

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