VOTRE OPINION ET LA NOTRE 2/2
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
Les chroniqueurs font des enquêtes sur-la crise de l'amour, sur la crise du mariage, sur une foule de crises, sentimentales et sociales qui ont leur origine dans la métamorphose de la femme moderne.
Dans l'Inde, la loi conjugale prévient ces troubles au moyen des dispositions suivantes :
« Il n'y a pas d'autre dieu sur terre pour la femme, que son maître et seigneur, le mari.
« Si le mari rit, la femme rira ; si le mari pleure, la femme pleurera.
« Si le mari s'absente, la femme jeûnera, couchera sur le sol et négligera sa toilette.
« Si le mari bat sa femme, elle lui baisera les mains respectueusement en lui demandera pardon d'avoir excité sa colère.
« Si la femme est infidèle, son mari pourra la crucifier, où la brûler, ou la couper en morceau.
Qu'est-ce que vous en pensez, chères lectrices ?
Voilà des femmes qui ne sont ni suffragettes, ni conseillères municipales, ni candidates à quoi que ce soit. Et pourtant, les énormes agglomérations d'êtres humains où de pareilles mœurs peuvent subsister sont en contact avec des européens, avec des Anglaises aux libres allures.
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Quelle peut-être la valeur d'une paire de moustaches ? Et comment apprécier le dommage qui résulte de leur ablation ? Un tribunal américain va nous fixer là-dessus.
Vous savez que la mode américaine, étendue en Europe aux domestiques, aux jockeys et aux gens d'une suprême élégance, consister à raser complètement le visage masculin. Les Américaines : 1° que la moustaches emmagasine des microbes et rend le baiser dangereux ; 2° que la moustache voile le dessin de la bouche et met obstacle aux déductions qu'une femme physionomiste peut en tirer sur le caractère d'un gentleman. Donc, pas de moustaches .
Un riche industriel ces jours-ci voulait embrasser une jeune actrice. Il avait de belles moustaches . « Rasez-vous d'abord » dit l'ingénue. Le riche industriel se rase et réapparaît. « Trop tard ! Objecte la demoiselle. Je me suis fiancée hier » Le riche industriel, froidement, réclame en justice 300 dollars d'indemnité.
Pourquoi ce compte? Pourquoi 1 800 francs et pas 2 000 ? le tribunal informe.
Profitons pour poser ici la question : — Monsieur, à quel taux fixeriez-vous votre demande de dommages-intérêts en pareil cas ? — Madame , quelle diminution de valeur subirait, à votre avis, votre mari si on lui coupait les moustaches ?
Les médiums sont-ils des prestidigitateurs ? De toute parts, on offre des primes en argent à qui fournira des preuves décisives dans un sens ou dans l'autre.
« — Pourquoi, demandent les sceptiques, les médiums travaillent toujours dans l'obscurité, sinon parce que l'obscurité favorise leurs fraudes ?
« — Pourquoi, répliquent les croyants les ondes hertziennes de la télépathie (de la télégraphie sans fil) agissent-elles plus efficacement dans les ténèbres que sous la lumière du soleil.
On propose quelques milliers de francs au médiums qui transportera publiquement loyalement , par la seule puissance de son fluide, un objet d'un point à l'autre, sans tour de prestidigitation possible. Et le médium ne se trouve pas.
N'êtes-vous pas intrigué par cette simple observation ; pourquoi des médiums, leur fluide, les esprits qu'ils prétendent évoquer, ne travaillent-ils qu'à remuer les chaises ou des tables, à frapper des coups sur les tables ou sur le plancher ? Si vous disposez d'un pouvoir surnaturel ou d'un pouvoir naturel mystérieux, est-ce que vous ne l'emploieriez pas à des œuvres plus utiles, plus intéressantes pour les autre ou pour vous-mêmes ? Cela peut résout le problème.
Les Écoles de langues vivantes où l'on append tous les idiomes du monde « en les parlant » vont avoir une concurrence. La Préfecture de police à créé une brigade d'agents polyglottes, pour renseigner les étrangers qui cherchent leur voie dans Paris.
Il y avait déjà, sur le trottoir des boulevards une foule de guides bénévoles qui se mettaient à la disposition des voyageurs ; mais c'était généralement pour les piloter dans des établissements que la police ne peut pas recommander. Les interprètes accréditées par le Préfet dirigeront nos hôtes dans le droit chemin.
Les Parisiens profiteront sans doute de la nouvelle institution pour se perfectionner dans la connaissance de l'anglais, de l'allemand, de l'italien. Tout le monde n'a pas le temps de séjourner à Londres, à Rome, à Berlin. Sous prétexte d'une indication a demander on engagera la conversation avec l'agent polyglotte, on prendra gratuitement une petit leçon. Et si l'agent est de mauvaise humeur, on aura la faveur d'une arrestation arbitraire en espagnol, ou d'un passage à tabac sans frais de voyage.
REVUE NOS LOISIRS DU 31 MAI 1908