VOTRE OPINION ET LA NOTRE
LES PENSÉES QUE JE PENSE
On dit que dans beaucoup de pharmacies on frelate sans vergogne les drogues ordonnées par le médecin.
Au bague... au bague... ces pharmaciens-là !
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Être père, être mère, c'est un métier qu'on devrait forcer les gens à apprendre avant de leur permettre d'avoir des enfants.
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On s'étonne que certains patrons ne se fatiguent pas de ne travailler qu'avec des employés qui les craignent et qui les détestent.
Patron, tu aurais intérêt à t'entourer ce dévouement qui procèdent d'autre chose que la crainte de perdre le pain quotidien.
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La lune de miel est finie — quelques autres lunes aussi.
Avez-vous observé comme ensuite tout mari semble s'acharner à montrer seulement les vilains côtés de son caractère à sa femme.
Et vice versa... naturellement.
Dame ! L'amour fuit.
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Le paysan de France ne sait pas ce que c'est que d'avoir un intérieur confortable. Les seules maisons habitables qu'il y ait à la campagne, ce sont les citadins qui les y mettent.
Pas étonnant que l'agriculture manque de bras !
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
L'eau que nous buvons devrait être l'objet de nos premières préoccupations. Les hygiénistes entreprennent une campagne bien utile auprès des municipalités, en les adjurant d'étudier la provenance des eaux consommées dans la commune, d'assurer la propreté des puits et des sources, de rechercher quel est le régime des nappes souterraines.
Indispensable à la vie, l'eau est aussi le véhicule de tous les germes de mort. On ne s'en est jamais défié. Parce qu'elle sourd de terre ou suinte d'un rocher, on la croie pure et saine ; on n'imagine pas qu'elle a voyagé sous le sol, dans les fissures de la croûte terrestre, qu'elle a travers des dépôts e matière organique ou qu'elle provient par infiltration de rivière contaminées.
Les habitants des villes, instruites par de fréquentes épidémies prennent quelques précautions. Quand ils voyagent ils redoutent la carafe des auberges, comme une fiole de poison. Mais les habitants de la campagne croient que le liquide est propre dès qu'il est limpide. Certaines régions sont perpétuellement décimées par des maladies qu'une longue accoutumance fait regarde comme inévitable ; les fièvres, le goitre, la mauvaise dentition et bien autres affections fréquentes au village n'ont pas d'autre origine que la mauvaise eau.
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Puisqu'il y a des « suffragettes » c'est-à-dire des femmes qui réclament le droit de vote, il devait fatalement y avoir des « antisuffragettes » c'est-à-dire des femmes qui le refusent. Le propre de la femme est de contredire ; quand il s'agit de contredire d'autres femmes, ce n'est plus un instinct, c'est une frénésie.
Une association nationale (anglaise) contre le vote des femmes vient de se créer, pour empêcher la réforme qu'une agitation méthodique veut arracher au Parlement.
Or, si l'on comprend très bien les gens qui réclament quelque chose, on comprend moins bien les gens qui rejettent une extension de leurs droits. Quand on aura donné aux femmes le doit de vote, celles qui aspirent à voter pourront se satisfaire, et celle qui dédaignent cette prérogative politique n'auront qu'à s'abstenir.
Même dans les pays où le sentiment de la liberté s'est déjà développé la plupart des hommes (et des femmes) octroient simplement aux autres la liberté de vouloir et de faire ce qu'ils veulent et font eux-mêmes. La vraie sincère et complète conception de la liberté sera la dernière conquête de l'humanité dont la voie du progrès ; les peuples les plus civilisés s'en sont encore loin.
LES VACANCES CHEZ SOI
Les vacances doivent être un repos ; depuis que tout le monde les prend de la même façon, dans les endroits déterminés, selon des règles convenues, elles commencent à devenir une fatigue.
Allez en Suisse, en Auvergne ou en Savoie, à la mer ou à la montagne, sur une plage ou dans une station thermale, vous trouverez aujourd'hui les mêmes inconvénients partout ; la vie d'hôtel avec ses sujétions et ses incommodités, les chambres trop petites, les voisins bruyants, le va-et-vient de jour et de nuit, l'obligation des repas à heure fixes, la nourriture médiocre ou mauvaise, en tout cas monotone, la nécessité de garder une certaine « correction mondaine » au lieu de prendre ses aises complètement.
Les privilégiés qui possèdent la belle maison de campagne avec pelouses et vieux ombrages peuvent y aire les snobs, où s'y délaisser en menant l'existence naturelle. Mais l'immense majorité ceux qui ont d'autant plus besoin de vacances qu'ils ont travaillé, et qui ont travaillé justement parce qu'ils n'ont pas de maison de campagne — ceux-là voudraient trouver un arrangement nouveau.
Ne peuvent-ils prendre des vacances sans sortir de chez eux ?
Vous savez que la variété dans l'alimentation est une condition des bonnes digestions. De même pour toutes les facilités de l'homme. Le repos absolu ne s'établit guère chez l'être vivant qu'après la mort — et encore, pas tout de suite, car les colonies de cellules qui les composent continuent leurs fonctions un certain temps. On se repose moins d'un travail en cessant toute espèce de travail qu'en changeant de travail.
Voilà la solution pour les vacances.
Au lieu de sortir de chez vous pour changer les conditions de votre existence, changez-les sur place. Faites autre chose que d'habitude.
Si vous étiez sédentaire, marchez, pédalez, visitez votre ville (que vous connaissez très mal) ses monuments, ses environs (que vous ne connaissez peut-être pas du tout) achetez un guide, une carte et faites le touriste chez vous.
Au contraire, si votre profession vous oblige à des courses continuelles, devenez sédentaire ; lisez les revues et les livres dont vous avez seulement parcouru de brèves analyses dans votre journal ; passez l'inspection de votre mobilier, réparez-les ; fouillez les tiroirs et les armoires ; vous y découvrirez une multitude d'objets que vous ne saviez plus en votre possession ; vous retrouverez de vieilles photographies, de vieilles correspondances qui réveilleront mille souvenirs attendrissants ou joyeux. Vous revivrez ainsi vos années antérieurs. Bouleversez votre installation domestique, l'affection des pièces, la disposition des meubles. Cela renouvelle l'environnement, ranime la sensibilité, prévient les manies.
Bien entendu en même temps que vous modifiez vos exercices, vous modifierez votre régime. Si vous étiez sédentaire, vous éviterez les mets échauffants, les boissons excitantes ; en vous donnant du mouvement mangez comme quatre, buvez comme un trou. Inversement si vous vous remettez d'une existence trop vagabonde en vous claquemurant quelques semaines, repaissez-vous d'épinards, abreuvez-vous de camomille.
Votre cerveau, votre estomac, vos muscles se trouveront à merveille de ces « vacances » économiques. Votre bourse aussi. Car il est bien désagréable de dépenser tant d'argent pour aller dans les auberges attraper une dyspepsie et des punaises !
LES LUMIÈRES S'ALLUMENT : LES MOUCHES VIENNENT
LA VILLE EST PLONGÉE DANS L'OBSCURITÉ
La ville de Calcutta est infestée par des mouches vertes pendant tout l'automne et l'hiver. Les mouches vertes sont comme la plupart des insectes attirées par la lumière. Les habitants se sont vus plus d'une fois obligés d'éteindre les becs de gaz, toutes les lampes et de prendre les repas dans l'obscurité. Quand il s'agissait de dîner officiels seules quelques petites bougies éclairaient la table.
Les mouches à Calcutta semblent naître spontanément et c'est au crépuscule quand les réverbères s'allument, qu'on peut observer ce phénomène. L'atmosphère qui un instant auparavant était claire, s'obscurcit spontanément. Des myriades de mouches vertes apparaissent, tournoient, enveloppent les becs de gaz ; elle sont si nombreuses qu'elles forment le plus épais des abat-jour à tel point que, la ville se trouve alors même que les réverbères sont allumés, plongée dans la plus profonde obscurité.
REVUE NOS LOISIRS DU 6 SEPTEMBRE 1908