LE LEVRIER EST LE ROI DES CHASSEURS
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LE LÉVRFIER EST LE ROI DES CHASSEURS
Depuis la nouvelle loi sur la chasse qui lui interdit de courir les champs, plaines et vallons, , le lévrier le plus formidable ennemi du lièvre est un chien peut connu en France. On ne le considère plus comme un chasseur redoutable, mais comme un animal aristocratique et on le voit guère que faisant la sieste, l’œil morceau pied des personnes de châteaux de grands styles.

Il semble désolé qu'un poète l'ait confondu jadis avec l'horrible petite grelotteuse de levrette que des laquais promènent aux portes du Bois, et qui étale aux yeux railleurs des roquets parisiens, son paletot de poche d'où sortent et un mouchoir de sa patronne brodés sur le drap fin.
Le lévrier à la robe gris perle ou d'un blanc de neige, ou d'un noir de jais, devenu chien de luxe, fit jadis la joie des bons veneurs français ; c'était un lutteur. On l'a même trouvé trop fort et on lui a supprimé sa licence.
Pourquoi ? Il n'était pas plus terrible qu'un calibre douze moderne et il était bien plus joli de regarder courir deux ou trois lévriers sur un lièvre, que d'entendre un coup de fusil, et de voir, sanguinolente la pauvre bête de chasse rouler les reins cassés.
Un beau martin de septembre, d'octobre ou de novembre par un temps ni trop sec ni trop pluvieux, le maître sortait ses lévriers, ordinairement doux, quelquefois trois jamais plus ; il les suivait à cheval c'était de prix ou cheval à tous les usages, suivant qu'il était châtelain ou fermier. Arrivé sur le terrain de chasse autant de possible une plaine, il lâchait ses bêtes et les excitait de la voix. Les chiens s'éloignaient les uns des autres, le nez haut et l’œil grand ouvert, car le lévrier n'a pas de flair, il chasse à vue ; tout lièvre qui ruse en se cachant dans les buissons est perdu pour lui.
Tout à coup au bruit, le capucin, c'est le brobiruqet du lièvre, se levait d'un sillon et partait les oreilles couchées ; il fuyait comme une automobile venant d'écraser un passant.
Il n'allait pas loin, le pauvre. Les lévriers s'ils n'ont pas du nez, ont de l’œil ; l'ayant aperçu par larges foulées comme une trombe vivante, ils arrivaient sur lui en ligne droite, la gueule ouverte, prés à happer.
En une minute, ils l'ont rejoint ; leur souffle redresse les poils du lièvre qui, sans perde courage, continue sa course. C'est alors que commence le dame, et pourtant quoique perdu, le pourchassé fait un crochet, le lévrier passe tout droit comme une flèche, mais aussi rapide, il revient. Le lièvre qui fuyait dans une autre direction s'aplatit sur le sol ; les chiens lui passent au-dessus.
C'est son dernier effort, sa dernière ruse ! A peine est-il relevé, près à fuir de nouveau qu'il est saisi d'un seul coup de gueule ; on dirait qu'il est pris au vol. Il est lancé en l'air sans que le chien ne s'arrête dans sa course et il retombe les reins cassés, toujours raide mort, sans agonie, sans souffrance.
Les lévriers reviennent près de leur proie et là, dédaigneux ne la regardant même pas, ils attendent leu maître. Pour ces orgueilleux animaux, tout est dans la victoire, la épouille n'est rien.
On a certainement eu tord d'interdire cette jolie chasse passionnante et propre, qui ne peut se faire que par certain temps, quelques mois seulement par an et toujours en plaine. Le lièvre peut s'y défendre et pourvu que les lévriers ne vagabondent pas librement, il n'y aurai aucune destruction à craindre. En Angleterre, en Belgique et sans doute bien autre part encore, elle se pratique toujours, personne ne s'en plaint. En Belgique on fait payer un droit de 50 à 60 francs à tout possesseur de lévrier ; l'animal vaut au bas mot de 500 à 1 000 francs.
SHOCKING ! L'EMPEREUR GUILLAUME A VU
L'AMBASSADEUR D'ANGLETERRE EN CHEMISE
Un matin que l'empereur Guillaume II était de très bonne humeur, il était allé voir sir Francis Lascelles, ambassadeur britannique.
Moins matinal que Sa Majesté, l'Excellence était encore au lit. Sans se aire annoncer, l'empereur enta dans la chambre à coucher de sir Lascelles, le réveille en riant du désarroi dans lequel sa visite inattendue à plongé l'excellent diplomate anglais.
L'empereur s'assied à son chevet sans façon et une longue conversation s'engage. L'entretien fini, l'empereur se lève.
— Au revoir, mon cher ambassadeur ; rester tranquillement couché, je connais le chemin.
Et sur une cordiale poignée de main, Guillaume II descend les marches de l'escalier. Mais sir Francis la&scelles désireux d'ouvrir la porte de l'empereur, s'est levé précipitamment, a mis dans sa hâte un veston sur ses épaules et s'est précipité vers la porte. Guillaume déjà arrivé au bas de l’escalier, aperçoit en haut l'ambassadeur et se met aussitôt à crier en riant, à ses aides de camps resté dans l'antichambre :
— Hé ! Là-bas ! Vous autres ! Venez donc voir un spectacle rarissime, un ambassadeur en chemise.
Sir Lascelles n'en est pas encore revenu.
REVUE NOS LOISIRS DU 30 AOUT 1908