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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/3

22 Novembre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

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VOTRE OPINION ET LA NOTRE

Quand le général Stœssel était assiégé dans Port-Arthur par les Japonais, un grand nombre de publicistes français qui n'avaient jamais entendu parler jusqu'à de la forteresse, affirmèrent chaque matin que port-Arthur était imprenable et que Stœssel était un héros.

On rimait des strophes en l'honneur de Stœssel ; on ouvrait des souscriptions pour offrir à Stœssel une épée d'honneur. Voilà Stœssel sur les bancs du conseil de guerre accusé de trahison, de lâcheté, d'impéritie, d'ineptie, par ses propres lieutenants !

Nous devrions nous guérir des enthousiasmes hâtifs que rien ne justifie, et que l'événement tourne en ridicule. Pourquoi parler de ce que nous ignorons ? Pourquoi prophétiser à tort et à travers ? Dans la guerre russe-japonaise comme dans la guerre hispano-américaine, nos « compétences » ont prédit tout le contraire de ce qui est arrivé en effet. Et les vainqueurs ne nous ont pas su bon gré de les avoir mal jugés.

Il est si facile de se taire, et d'attendre !

 

 

Ainsi que les drames de M. Sardou, les mariages américains ont maintenant une répétition générale qui fait autant de bruit que la première représentation.

C'est ainsi que tout New-York a été convié à la répétition générale du mariage de Mlle Gladys Vanderbilt avec un comte hongrois très amateur de dollars. Les amis, les domestiques, l'évêque officiant le maître d'hôtel ont fonctionné « à blanc » pour ne manquer aucune hésitation le jour de la cérémonie. Les mariés également.

La seule différence aux répétitions générales, de théâtre, est qu'on ne proclame pas le nom de l'auteur il doit y en avoir d'autres pour une répétition générale de mariage. Outre que la première représentation, ne sera pas suivie d'un service de seconde, pour les invités de petite marque.

Tout de même, les milliardaires comme les souverains ignorent profondément les délicatesses et les pudeurs que donnent son prix à la vie intime des petites gens.

REVUE NOS LOISIRS DU 16 FEVRIER 1908

 

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