VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/3
VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/3
C'est votre magasin Nos Loisirs qui avait le premier raconté dans ce pays, l'extraordinaire histoire du duc de Portland, et des prétentions élevées par M. Hollamby Druce. Depuis lors cette affaire à passionné l'Angleterre, et toute la presse française s'en est occupée ; car l y a peu de romans plus romanesques.
Une société par actions s'était formée à Londres pour mettre M. Hollanby Druce en état de soutenir ses prétentions, c'est-à-dire de démontrer l'identité du précédent duc de Portland avec le bon négociant Thomas Druce. Les actions anglaises sont toujours émises à 25 francs ; la veille de l'exhumation de Thomas Druce celles-ci valaient 80 francs ; comme on trouve dans le cercueil un vrai cadavre, au lieu de lingots de métal ou d'un mannequin, les actions tombèrent à rien. Peut-être un incident nouveau les fera-t-il remonter.
Nous nous étonnons de ces mœurs. Ignorez-vous donc que de pareilles combinaisons se fond en France même ? On a fondé des sociétés pour mettre des jeunes gentilshommes en état de faire bonne figure aux États-Unis et d'y « capturer » des filles de milliardaires. Sur la dot les prêteurs ont touché de fort dividende.
La perte du dirigeable militaire Patrie permet aux marins de critiquer, les aérostiers de l'armée de terre ; ils réclament pour eux-mêmes le service des dirigeables, alléguant les analogies de la navigation maritime et de la navigation aérienne.
Il est certain que cependant le siège de Paris, les ballons militaires furent montés par des marins ; la lutte permanente contre la mer et contre le vent donne une expérience des phénomènes atmosphériques tout à fait précieuse à bord d'un dirigeable. Et l'habitude acquise, même pour les officiers subalternes de la marine, de commander en maîtres une unité indépendante, entretient leur initiative, leur esprit de décision. La manœuvre de cordages qui a déterminé l'évasion de dirigeable Patrie eût été exécutée tout différemment sous les ordres du dernier matelot.
Ces raisons paraissent plausibles. Il serait également raisonnable de donner aux officiers aérostiers une instruction technique appropriée à leur tâche spéciale. L'expérience ils l'auront comme les marins par la pratique, après un certain nombre de maladresse.
REVUE NOS LOISIRS DU 26 JANVIER 1908