BONNES HISTOIRES A RACONTER
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LE MIROIR DE MARC TGWAIN
Il parait que Marc Twain le célèbre humoriste américain a, dans le monde, un nombre incalculable de sosies. Tous les jours il pleut chez lui des photographies avec cette inscription « Voyez comme je vous ressemble » et cela commence à devenir une véritable scie qui agace fort l'écrivain.
Dernièrement un inconnu lui écrit de la Floride : « Je vous envoie mon portrait. Vous verrez que je peux aisément me faire passer pour vous »
Et Marc Twain de lui répondre :
« Vous avez raison. Rendez-moi un service. Vous demeurerez chez moi. Quand je voudrai me raser, je n'aurai qu'à vous regarder ; cela me fera l'économie d'un miroir »
LES DEBUTS DE RACHEL
Un jour un acteur fameux de la Comédie Française, Provost voit entrer chez lui une jeune fille à l'aspect chétif et souffreteux qui se supplie de consentir à lui donner des leçons.
— Si vous m'en croyez, mon enfant, renoncez au théâtre. Allez vendre des bouquets, cela voudra mieux pour vous.
Quelques années plus tard la jeune fille qui n'était autre que la grande Rachel venait de jouer Hermione. Elle s'approche de Provost, ta tunique remplie des bouquets qu'on lui a lancés :
— J'ai suivi votre conseil, monsieur Provost, je vends des bouquets. Voulez-vous m'en acheter ?
LA CONFERENCE INTERROMPUE
L'écrivain Alfred Assolant fut un jour prié de faire une conférence. N'ayant jamais parlé en public, il ne se doutait pas qu'il pût être atteint du trac, et plein d'une belle confiance en lui-même. Il prit la parole à la salle des Capucines.
— Mesdames, Messieurs, commença-t-il pour aller en Amérique, il faut pendre le bateau... on prend le bateau...
tout le monde se regardait, interloqué, quand on vit Assolant ramasser ses papiers précipitamment et se diriger vers la sortie.
— Moi, dit-il à ses amis en passant. Je prends la porte.
Ce fut son unique conférence.
UN POISSON D'AVRIL
Le prince Eugène, vice-roi d'Italie avait un médecin nommé Assalini un excellent homme, mais mais possédé d'une innocente monomanie, celle d'être membre de toutes les académies de la terre.
La race de ces orignaux est loin d'être éteinte, mais il est douteux qu'on ait jamais poussé aussi loin qu'Assalini le goût des distinctions honorifiques.
Un des aides de camp s'entendit avec ses camarades pour jouer au docteur un petit tour et lui faire avaler en même temps un poisson d'avril.
Il raconte à la table de service où se trouvait le médecin qu'il existait dans une jolie petite ville, près de milan, une académie des plus remarquables que lui et ses camarades avaient visitée la veille et qui était une des plus savante de l'Italie.
Comme bien on pense, Assalini ne perdit pas un mot de la conversation et se fit donner une foule de détails qu'il nota soigneusement et finit par déclarer qu'il regarderait comme un des honneurs de sa vie d’être agréé par une aussi dote assemblée.
On engagea fort le docteur à s'y faire recevoir et on lui donna pour le guider, un adroit Milanais qui payé par les officiers, trimbala pendant deux heures à pied le docteur Assalini et finit par le mener à un établissement où l'on append à danser aux ours.
Assalini furieux de la mystification jura d'en tirer vengeance.
Deux ans après, à la campagne de Russie, l'auteur du poisson d'avril est blessé et vint à l'ambulance du docteur. Ce dernier pour se venger, lui consacre ses soins avec un dévouement fraternel et parvient à le guérir radicalement.
L'ESPRIT D'AUTREFOIS
Un jour on causait devant voltaire des mérites e Haller, un savent de grande valeur.
— C'est un grand homme, il est savant, philosophe, poète ! S'écrie Voltaire.
— Vous avez d'autant plus de mérite à le juger ainsi qu'il est loin d'être aussi juste à votre égard ! Lui dit un interlocuteur.
— Peut-être nous trompons-nous tous deux ! Riposta aussi Voltaire.
UN MOT D'ALPHONSE KARR
Alphonse Karr dînait un jour non loin d'une de ces femmes que le luxe et la richesse n'ont point réussi à afficher suffisamment. Son origine plébiénne se trahissait par des extrémités qui n'avait rien d'aristocratique.
— Eh bien, mon cher ami, lui demanda son voisin. Comment trouvez-vous cette élégante ?
— Peuh ! Répond l'auteur des « Guêpes » pas encore assez de bagues pour cacher ses mains !
UNE IDÉE INGÉNIEUSE
En 1654 une émeute étant éclaté dans Paris à cause du pain, un détachement de mousquetaires conduit par le brigadier Moihac fut envoyé à la place Maubert pour y rétablir le calme. Au lieu de manifester des dispositions hostiles contre tous, le brigadier homme d'esprit, dit aux émeutiers en ôtant poliment son chapeau :
— Messieurs, nous n'avons ordre que de tirer sur la canaille. Je prie tous les gens honnêtes de s'éloigner.
Personne ne voulut passer pour canaille et tout le monde se retira.
LA PIÈCE D'EAU
Un brave petit rentier faisait un jour, à Alexandre Dumas fils, les honneurs d'une maison de campagne qu'il venait de louer aux environs de Paris.
En lui montrant une pièce d'eau qui ressemblait plus à une cuvette qu'à un bassin, il lui dit, d'un air important :
— Et vous savez, un homme a trouvé le moyen de se noyer !
— C'était un flatteur ! répondit Dumas en souriant.
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RECETTES UTILES
RECETTE CONTRE LES BRULURES
Un remède contre les brûlures, qui a été préconisé il y a quelques années par un célèbre docteur allemand, consiste dans l'emploi d'un orguent composé de beurre frais et de jaune d’œuf. Il est aussi efficace que simple à exécuter.
On triture à froid dans un récipient quelconque du beurre et des jaunes d’œufs pris en égale quantité. On étend cet orguent sur un morceau de toile qui est appliqué sur la brûlure et renouvelé chaque fois qu'il commence à sécher. Les douleurs provenant des plus profondes brûlures sont aussitôt adoucies et la guérison est complète en très peu de temps sans laisser aucune cicatrice.
VETEMENTS DE CAOUTCHOUC
Voici l'époque du dégel de la boue et de la pluie, on va reprendre les manteaux de caoutchouc. Le nettoyage de ces vêtements n'est pas toujours sans difficultés, l'eau rend le tissu caoutchouté cassant, il ne faut pas songer d'ailleurs à se servir de la brosse qui n'a d'autre résultat que d'user ce genre de tissu. Pour enlever les tâches de boue il faut les laver avec de l'eau de son. On prend le son mouillé à même, dans la main et on nettoie les tâches les plus persistantes. En procédant de cette manière le caoutchouc ne deviendra ni raide, ni cassant comme lorsqu'on le lave l'eau froide.
REVUE NOS LOISIRS DU 19 JANVIER 1908