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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 1/2

16 Juillet 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

VOTRE OPINION ET LA NOTRE

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On commence à s'apercevoir qu'il y a dans les grandes villes comme au fond des campagnes, des êtres vivants aussi mal défendus contre la cruauté que les animaux et ce sont les petits enfants.

Une foule d'industries pénibles, meurtrières emploient des petits enfants au mépris des lois scolaires et des lois philanthropiques ; elles font une « communion » d'enfants épouvantable, dans un pays où l'on se pique d'humanité, dans un pays où l'on déplore l'arrêt du peuplement.

La mendicité exploite les petits enfants sous l’œil de la police. Les mendiants professionnels sont toujours escortés de plusieurs enfants qui ne leur appartiennent pas, mais qu'ils louent contre une redevance quotidienne, à des parents dénaturés. A chaque instant dans les rues dans les omnibus sous une porte cochère, des femmes excitent la pitié publique, parce qu'elles portent sur leurs bras ou traînent après leurs jupes de pauvres créatures souffreteuses, grelottant, poussant des cris et des plaintes à fendre l'âme. Le passant pressé jette une aumône. A la fin de la journée la recette es fructueuse. Et la fausse mère rend son lamentable troupeau à des voisins, à des familles indignes. Les plaintes et les pleurs des enfants sont une comédie ou parfois, ce qui est terrible, on les a provoqués délibérément par des coups, par des privations, par des blessures.

On frémit, quand on prend la peine de regarder autour de soi avec attention ; les crimes contre l'humanité sont innombrables ; celui-là est le plus lâche ; il faut à tout prix qu'on le châtie, et surtout qu'on le prévienne.

 

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Un singe rapporté de l'Afrique centrale par un sous-officier de nos troupes coloniales, est actuellement employé dans une ferme de la Bourgogne à Chivres. On l'affecte au service de l'étable ; il soigne et trait les vaches comme s'il n'avait fait autre chose de sa vie. Voilà un incident qui ouvre à l'humanité des horizons nouveaux.

Les nègres ont coutume de dire que les singes parleraient s'ils le voulaient mais qu'ils ne le veulent pas de peur d'être astreints au travail. Or les serviteurs muets sont beaucoup plus agréables que les serviteurs bavards. Au lieu d'être dispensés de travail parce qu'ils ne parlent pas, les singes seront au contraire recherchés. Le professeur Metchnikoff les a presque élevés à la dignité de d'hommes en leur communiquant une maladie jusque-là réservée à notre noble espèce. Maintenant qu'on les prend comme domestique, ils sont des hommes complets, presque des citoyens. S'ils pouvaient s'accoutumer à l'alcool il ne leur manquerait plus rien.

Quelques économistes se réjouissent de cette adaptation des quadrumanes au travail qu'ils envisagent un rapide accroissement de la production. D'autres économistes s'inquiètent parce qu'ils prévoient l'avilissement des salaires. Mais les singes, avec leur don d'imitation, copient nos syndicats de manière à maintenir la valeur de la main-d’œuvre et à prévenir la surproduction. Déjà comme un travailleur avisé, le singe laitier de Chivres commence à faire son beurre.

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A mesure que les théâtres se multiplient et que les chapeaux féminins obstruent davantage la vue de la scène, le prix des places augmente la fureur du public pour ce genre de plaisir est telle qu'on peut l'exploiter à discrétion.

Un règlement de police établi sous Henri IV, refrénait l'avidité des directeurs et des comédiens. D'abord il prescrivait que les portes de la salle fussent ouvertes à une heure de l'après-midi, le spectacle commencé à deux heures et terminé à quatre heures et demie. Ensuite il limitait les tarifs.

« Défendons aux comédiens de prendre plus grande somme des habitants et autres personnes que cinq sols au parterre et que dix sols aux loges et galeries et en cas qu'ils aient quelques actes à représenter où il conviendra plus de frais, il y sera par nous pourvu sur leur requête »

Tout augmente, les fauteuils d'orchestre surtout ont augmenté depuis 1609 ! pour la raison qui s'ouvre, un directeur de théâtre parisien annonce dans les journaux que « dans le but de mettre son spectacle à la portée de toutes les bourses » il institue démocratiquement une catégorie de stalles à 7 francs (en location 8 F) C'est pour rien ! Le lieutenant de police du bon roi en serait estomaqué.

Les Parisiens d'aujourd'hui se passent plutôt de poule au pot que d'une soirée au théâtre ; ils sont même obligés de supprimer la poule pour se payer le spectacle.

 

REVUE DE NOS LOISIRS DU 18 OCTOBRE 1908

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