Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

VOICI LES NOUVEAUX JOUETS DE L'ANNÉE

13 Juin 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

VOICI LES NOUVEAUX JOUETS DE L'ANNÉE

------------------------

LE CADAVRE PRESSE PAPIER

--------------------

CE QU'ON POURRAIT FABRIQUER AVEC UN

HOMME DE 80 KILOS

-----------------------

LA FABRICATION DES ŒUFS EN AMÉRIQUE

-------------------------------

VOICI LES NOUVEAUX JOUETS DE L'ANNÉE

 

M. Lépine protège les petits inventeurs — Le concours de jouets qu'il a fondé vient de s'ouvrir au Jardin des Tuileries — Les inventeurs de jouets sont ingénieux mais ils ne sont pas riches — Un rédacteur de NOS LOISIRS interviewe l'inventeur du dirigeable « Patrie »

 

JOUETS--.jpegVoici le concours Lépine, voici les nouveaux jouets de l'année. On sait que ce concours annuel organisé par le Préfet de police a pour but de mettre en lumières des idées nouvelles des petits inventeurs.

Inventeurs ils n'ont pas volé ce titre ces industrieux créateurs qui nous apportent chaque automne le résultat de leurs recherches, pour l'enchantement des tout petit. Ils forment une libre corporation de mécaniciens avisés dont le mérite est d'autant plus grand que leurs chefs-d’œuvre ne les enrichissent guère.

Nous avons visité l'un d'eux, M. Rouliot qui a créé pour la saison un jouet bien d'actualité, un dirigeable militaire marchant par une double hélice. Chaque mioche pourra ainsi s'offrir un République en réduction pour la modeste somme de 49 sous. M. Rouliot nous a dévoilé le très simple mécanisme de ce jouet qui s'élève dans l'air avec une vitesse et une précision remarquable.

Le corps du dirigeable qui tout bonnement est en carton — demeure immobile, porté par la force rotative de l'hélice qui lui sert de base. Celle-ci est mise en mouvement par une sorte de petit tour que lance un lacet en cuir. Cette hélice est composée d'une armature de fil de fer sur laquelle est tendue une toile légère. Rien ne paraît moins compliqué mais comme l’œuf de Christophe Colomb il fallait le trouver.

M. Rouliot à déjà son actif un véritable passé d'ingénieur-inventeur de jouets. Il a présenté successivement au Concours Lépine les jeux dela Torpille, du Tremblement de terre, des Courses plates, qui lui ont valu médailles d'or, de vermeil et d'argent ; il a créé le Tri-Rameet le Quadri-Rame sorte de cycle mus par action des bras et qui sont à la fois un jouet et un excellent exercice.

Pour trouver l'idée d'un jouet inédit, il ne suffit pas de vouloir, il faut encore mille qualités d'observations. Presque toujours ces petites créations curieuses prennent naissance comme par hasard. Le petit inventeur tout comme l'illustre Archimède, découvre au moment où il y pense le moins. M. Rouliot lui, nous affirmait il y a quelques jours qu'il n'était jamais aussi inspiré que lorsqu'il était malade. Cet heureux inventeur possède cependant un clair atelier à la campagne où le travail doit être facile et joyeux. Que voyons-nous dans ce petit sanctuaire d'où sortent les jouets qui pour une saison seront la joie des enfants ?

Ce sont d'abord des machines ; car l'inventeur ne construit pas que ses modèles, il fabrique et c'est là justement ce qui le paralyse. Il ne dispose ni d'avances, ni d'un personnel suffisants pour produire en grande quantité le jouet qui a obtenu la vogue. Alors la contrefaçon à tout le temps de s'emparer du fruit de son labeur et de concurrencer avec avantage. Ses matières premières es voici : ce sont le bois, le fil de fer, le carton, le papier, les couleurs et le vernis.

On a peine à imaginer que tout cela sortent ces curieuses petites machines toutes pimpantes que nous voyons alignées en prévision des commandes prochaines. La carrière d'un petit inventeur n'est pas tout rose. S'il réussit il profite à peine disions-nous de son succès. Mais si son jouet est trouvé imparfait ou insuffisant il peut serrer sa ceinture. Les magasins lui retrouveront à son compte les jours qui n'ont pas plus à leur jeune clientèle. Et que rapportent tant d'ingéniosité, tant de labeur dépensé chaque jour ? Bien peu de chose. Les jouets ont une échelle de prix dont il faut guère sortir. Il y a le jouet à treize sous, ceux de vingt neuf sous, trente neuf sous et quelquefois quarante neuf sous. Passé ce chiffre, il devient difficile de conjurer sur une vente convenable.

L'inventeur s'arrange donc de livrer ses machines à un prix inférieur, comptant toujours se rattraper sur le nombre. A peine s'il peut gagner vingt cinq à trente cinq pour cent dans les bonnes affaires. Et un jouet qui se vend à cinq ou six mille est pour lui une merveilleuse spéculation, il arrive même rarement à pouvoir satisfaire à une pareille consommation.

Parmi les petits inventeurs, il y a toute une catégorie de mécaniciens qui se sont fait une spécialité des automates ou jouets en mouvements. Ceux-ci se déploient pas moins de subtilité dans leurs créations, mais c'est surtout dans la manière d'appliquer celle-ci à l'actualité qu'ils rencontrent le succès. Une danseuse espagnole, italienne, africaine etc. triomphe-t-elle sur les planches des concerts, vite elle sert de marraine à une de leurs poupées.

Parle-t-on d'un vol ou d'un crime sensationnel. Aussitôt sur nos trottoirs, courent et s'agitent des voleurs ou des assassins minuscules de fer blanc. Si on assure que Footit est fou et que Chocolat en meurt de douleur, les deux célèbres clowns apparaissent bientôt entre les mains des camelots. Il y aurait mille exemples à citer de cet esprit d'à-propos qui préside à la confection des automates.

Ceux-ci sont véritablement aussi une des branches les plus pittoresques et les plus personnelles du commerce parisien. L'inventeur d'automates montre encore moins de prétentions que ses confrères dans le choix des matières premières qu'il emploie. Il fait usage surtout de modestes boites à sardines. Le fer blanc qu'il en tire se transforme en bonshommes qui sont habillés d'une couche de peinture et dont les parties diverses sont soudées au moyen du plomb extrait des soudures de ces mêmes boites à conserves.

Cependant l'inventeur d'automates renonce souvent à construire lui-même ses personnages et cède ses modèles à un gros industriel qui les fabrique par milliers avec des machines perfectionnées et un personnel entraîné. Comment donc pourrait-on marchander sa sympathie à ces modestes artistes qui profitent si peu de leur talent. Alors que le jouet français subit une crise très forte, que le marché est envahi par l'exploitation allemande, eux seuls demeurent inimitable dans leur originalité.

Certes, les Allemands avec l'organisation de la fabrication dans les plus pauvres villages de leurs provinces peuvent nous inonder de poupées, de chevaux de bois, de soldats de plomb des soldas français qui sont à peine touchés par la douane, mais ils sont absolument incapables de nous prendre le secret de notre esprit et de notre ingéniosité.

Même les beaux jouets sportifs qui se vendent sous des noms anglo-saxons sont presque tous d'inventions et de fabrication française. Nos fabricants trouvent encore moyens avantageusement avec leurs rivaux étrangers. Et pourtant leurs jouets sont frappés dans certains pays comme l'Italie par exemple d'un droit dix fois lus élevé que celui payé par les jouets étrangers à leur entrée chez nous.

 

LE CADAVRE PRESSE PAPIER

Un docteur américain vient d'inventer un procédé qui, à son avis, remplacerait avec avantage l'embaumement des cadavres, ainsi que la crémation et coûterait moins cher que ces deux opérations.

D'après ce médecin un cadavre humain soumis à une pression hydraulique à une très haute température se condenserait à une petite masse compacte, inaltérable et sans odeur, ayant l'apparence d'un bloc de marbre. Le corps d'un homme d'un âge mûr pourrait être réduit à un tube de diamètre de 35 centimètres. Il a réduit le corps d'un enfant en une petite masse de forme élégante qu'il a sur son bureau comme presse-papier. On pourrait donc conserver ses proches sous la forme d'un petit objet utile. Quelle joie d'avoir sa belle-mère comme vide-poches.

 

 

CE QU'ON POURRAIT FABRIQUER AVEC UN

HOMME DE 80 KILOS

La science nous apprend que les matériaux qui forment la charpente osseuse, la chair et la graisse d'un individu pesant en moyenne 80 kilos sont équivalents à ceux qui se trouvent dans les blancs et les jaunes de 1 200 œufs de poule.

Si l'on confiait à un bon alambic le corps d'un homme de taille moyenne, il fournirait à la distillation, 98 mètres cubes de gaz d'éclairage et assez d'hydrogène pour remplir un ballon capable de soulever 80 kilos. Avec le fer et le phosphore qu'on extrairait des cendres on pourrai faire et 800 000 allumettes deux petits clous de quoi fixer un tableau au mur et allumer son fourneau pendant plusieurs mois. La graisse d'un homme de 80 kilos serait suffisante pour façonner 20 kilos de bougies ou autant de savon, et la glycérine à composer 15 kilos de dynamite.

 

NE CONFONDONS PAS

 

LA FABRICATION DES ŒUFS EN AMÉRIQUE

Cette singulière industrie se pratique paraît-il sur une très vaste échelle en Amérique. Elle comprend quatre opérations : la confection du jaune d’œufs, celui du blanc, celle de la pellicule, celle de la coquille.

Le jaune est un mélange de farine de maïs, d'amidon extrait du blé, d'huile et de divers autres ingrédients. On le verse, à l'état de pâte épaisse, dans l'ouverture d'une machine qui lui donne une forme ronde. Puis le jaune passe dans l'autre compartiment où il est entouré par le blanc, lequel est composé d'albumine comme dans l’œuf naturel. Ce nouveau liquide se concrète et grâce à un mouvement rotatoire particulier, il prend la forme ovale. L’œuf passe ensuite dans le réceptacle voisin nommé « la machine à peau ». Là il est entouré d'une légère pellicule.

Enfin il passe dans l'écailleur où il reçoit sa dernière enveloppe, c'est-à-dire une écaille de de gypse, un peu plus épaisse que la coquille naturelle. Il est ensuite placé sur les plateaux sécheurs où l'écaille sèche tout d'un coup tandis que l'intérieur se concrète rapidement. Le produit prend ainsi toutes les apparences de l’œuf véritable.

Ces œufs sont d'ailleurs tout à fait inoffensifs aussi substantiels et aussi sains que l’œuf de poule. Il ne se gâtent jamais et à cause de leur épaisseur de leur coquille ils sont plus commodes pour le transport que les œufs pondus par le secours de la vulgaire nature.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 27 SEPTEMBRE 1908

Commenter cet article