UNE JEUNE FEMME GAGNE UNE FORTUNE
UNE JEUNE FEMME GAGNE UNE FORTUNE
EN VOLANT LES MODES DE PARIS
Le moyen qu'employa pour faire fortune, Mlle
Julia Barberini une jeune Argentine d'origine italienne n'est pas à recommander aux gens qui ont des scrupules, mais il est pour le moins original et vaut d'être
connu.
C'est à Paris qui se crée la mode. Les grands couturiers étrangers s'inspirent de la mode parisienne. Ils achètent nos modèles de robes et de costumes où les copient lorsqu'ils sont déjà dans la circulation.
Mais Mlle Julia Barberini avait trouvé mieux et elle put pendant de nombreuses années réaliser de jolis bénéfices en livrant aux couturières de l'Amérique du Sud les modèles les plus récents, les plus inédits qu'elle se procurai à Paris, par un moyen plus ingénieux que délicat.
En lisant ce simple fait divers paru, voici deux ans dans un journal du matin, vous saurez à la fois comment procéder Mlle Barberini et comment un beau jour elle fut découverte et « brûlée ».
Au début de la saison, alors qu'on lançai les premières formules de la mode nouvelle, deux personnes se présentèrent dans un salon de l'un de nos plus grands couturiers.
On se précipita au-devant des visiteurs une jeune femme très brune, élégante et svelte et un vieux monsieur à barbe très respectable.
La jeune femme aussitôt entrée se laissa tomber dans un fauteuil et se plaignit avec un fort accent étranger de la nouvelle corvée qu'il allait falloir subir. Encore acheter des robes.
On lui apporta un verre de malaga et un biscuit. Une fois restaurée elle déclara aller mieux, puis se déclara prête à contempler les mannequins et à choisir de nombreuses robes.
Puis elle sortit un mince crayon d'or et un carnet se préparant sans doute à inscrire ses commandes.
Les employées ce jour-là furent soumises à une rude épreuve. La jeune femme avait sans doute l'intention d'acheter tout le magasin, c'était peut-être une milliardaire. On se multiplia. Une seconde vendeuse vint aider la première. A quatre heures le duo était encore là ; les mannequins fourbus demandaient grâce.
La vendeuse était épuisée, quand il lui vint une inspiration. Elle regarda simplement dans la glace et vit que l'inconnue n'inscrivait point les commandes, mais dessinait, d'un crayon fort habile, les modèles inédits qu'on lui présentait. Plus de doute, c'était une couturière étrangère venue pour s'approprier indûment les modèles.
—Nous avons bien mieux dans un autre salon, fit insidieusement la vendeuse, si Madame veut me suivre.
Le vieux monsieur fut prié d'attendre. La vendeuse conduisit sa cliente vers un cabinet noir, la poussa dedans et ferma la porte à double tour.
Puis elle revint vers le vieux monsieur et déclara que la jeune femme était prisonnière et qu'elle resterait renfermée jusqu'à ce qu'elle donnât de bonne volonté le calepin muni des renseignements précieux.
Cinq minutes après les faux clients s'envolaient pour recommencer sans doute ailleurs, mais le carnet est resté dans les archives du grand couturier. Il demeure la preuve de toutes les convoitises des jalousies ardentes de l'admiration suscitées par la mode de Paris.
Mlle Barberini continue-t-elle encore son fructueux négoces ? Cela est peu probable. Mais croyez bien qu'elle a gagné assez d'argent pour être désormais à l'abri de la misère.
DES JEUNES FILLES FONT UNE PROCESSION
POUR RÉCLAMER DES MARIS
Depuis quatorze mois aucune des filles de Planfield (État d'Indiana) n'avait reçu de proposition conjugales. Elles décidèrent alors d'organiser une procession pour apitoyer les cœurs masculins et se rendirent sur la place publique. Sur de multiples bannières portées par les jeunes filles on pouvait lire les nscriptions dans le genre de celles-ci :
O, Seigneur, donnez-moi un mari !
C'est moi qui coudrai vos boutons !
Allez demander ma main à mon père
Je raccommoderai soigneusement vos chaussettes
Nous ne savons pas encore si cette manifestation a produit quelque résultat.
REVUE NOS LOISIRS DU 23 AOUT 1908