COMMENT ON SOIGNE LES MALADES
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COMMENT ON SOIGNE LES MALADES
CHEZ LES CAFRES ET LES ZOULOUS
Chez certaines peuplades sauvages de l'Afrique, les femmes exerce la profession médicale et elle s'y montrent tout particulièrement habiles. Voilà un argument inattendu en faveur du féminisme.
Rien ne ressemble aux méthodes en honneur parmi les médecins et les chirurgiens du moyen âge, comme les pratiques usitées encore de
nos jours par les sorciers des peuplades sauvages.
Ce sont les mêmes superstitions, la croyance du mauvais œil à l'envoûtement aux vertus magique de telle substance, le plus souvent inerte employé comme talisman.
C'est un fait remarquable que des races différentes vivant dans des contrées fort éloignées les uns des autres et sans avoir eu l'occasion de communiquer entre elles, s'accordent d'une façon frappante dans leur conception de l'origine des maladies et donc la manière dont il faut procéder pour guérir.
Pour le Cafre de l'Afrique du Sud, pour le Zoulou pour le Herero, pour l'indigène des îles Salomon, les maladies sont des victimes de la persécution d'un mauvais esprit ou se sont attirés la colère des dieux en violant leurs lois, en marquant à la foi jurée par exemple.
Le premier devoir du médecin est de s'infirmer de la cause de la maladie.
Pour cela il commence par offrir en sacrifice quelque objet de valeur appartenant au malade ; il consulte les présages pour savoir si son patient retrouvera la santé. Il récite des prières puis s'endort pour se rendre en songe aux pays des Esprits où il apprendra, la cause du mal et le remède qu'il convient de prescrire.
Les maladies qui viennent assaillir le corps humain ne sont qu'une apparence prise par les démons et les mauvais esprits. Il faut que le médecin emploie ses talismans les plus puissants pour en débarrasser son patient.
Les chants les danses, les coups de tam-tam dont des moyens les plus réputés. Lorsque l'Esprit ne peut plus résister, il quitte le malade pour se loger dans la ceinture du docteur, à laquelle les amulettes sont suspendues. La poudre de défense d'éléphants est un remède contre le saignement du nez. Si le patient a été piqué par un serpent, le sang d'une poule noire est un remède excellent.
A côté de ses pratiques enfantines, les médecins sauvages font preuve d'une habileté chirurgicale tout à fait remarquable. iSans antiseptique ni anesthésique avec des couteaux grossiers parfois rouillés, ils réussissent des opérations qui exigeaient tout le talent de nos meilleurs chirurgiens. Mais cela peut être dû à l'excellente santé des patients.
Le docteur Felkin a fait un dramatique récit de l'amputation du bras de son fils pratiquée à l'aide d'instruments des plus primitifs par le médecin de la tribu des Nangoro.
Les femmes comme leurs sœurs d'Europe pratiquent souvent le métier de docteur. Il n'est pas rare de voir l'une d'elle, après avoir exorcisé les démons qui volent autour du malade, masser le membre atteint avec une science et une dextérité qui feraient honneur aux masseurs les plus expertes de la capitale.
LES DANDYS DÉPENSENT A LEUR TOILETTE
AUTANT D'ARGENT QUE LES ÉLÉGANTES
Les modes masculines qui jusqu'à présent étaient en somme très abordables, deviennent presque aussi coûteuses que les modes féminines.
En Amérique le goût de la parure est une véritable maladie. C'est ainsi qu'un jeune homme appartenant à l'aristocratie de l'argent (la seule qu'ils aient de 'l'autre côté de l'Océan) doit dépenser pour le moins 50 000 francs s'il veut renouveler sa garde-robe au moment de son mariage.
Ce chiffre ne paraîtra pas excessif lorsqu'on saura qu'un pyjama de soie est compris dans ce total pour 375 francs, un veston du main (pour se raser) pour un peignoir de bain 250, et une paie de chaussettes pour 40 francs.
En Angleterre c'est surtout le chapitre des cannes qui est intéressant à consulter. On y voit couramment ces accessoires atteindre 750 à 1 800 francs. Certains sont enrichis de diamants, de perles et de rubis précieux. La plus célèbre est sans contredit, celle dont, pendant tout un hiver, un jeune lord se montra glorieux. La pomme en était à ce point constellée de pierres qu'il était impossible de voir le métal dans lequel elles étaient enchâssées. Au centre on trouvait une mignonne montre qui se déplaçait au moyen d'un ressort secret pour montrer au jeune lord la dame de ses pensées dont un des plus grands peintres français avait fixé les traits dans une minuscule miniature.
DES HOTELS POUR CHIENS
On raconte que pendant sa dernière tournée en Amérique, Mme Emma Calvé avait emmené une demi douzaine de chiens. Dans les hôtels fastueux ou elle se présenta il lui fut répondu que les chiens n'étaient pas admis et pour ne point abandonner ses compagnons fidèles, Mme Calvé dut descendre dans des maisons de second ordre.
L'Amérique comprit alors qu'il y avait encore dans notre civilisation une grave lacune. Elle fonda des hôtels pour chiens. Dans ces hôtels installés avec un luxe et un confort parfaits, les chiens en déplacement trouvent, en plus des chambres, des bains, un restaurant un pododrome pour prendre de l'exercice, un salon de shampoing, une infirmerie avec des gardes malades et des vétérinaires.
Des femmes de chambre et des garçons de meilleur style se tiennent à la disposition des voyageurs qui n'ont point emmené leur personnel, car les chiens milliardaires ont le plus souvent leurs domestiques spéciaux. Il leur prodiguent les soins, ne leur quittent point de l’œil et préviennent leurs désirs.
Ils viellent notamment à ce que les voyageurs n'éprouvent aucun changement dans leurs habitudes. Le chien, où sa suite, n'a qu'a dire, en entrant s'il préfère le beafsteack saignants ou bien cuit, le pain avec ou sans beurre et, pour le dessert, des gâteaux ou du sucre.
Il doit également indiquer le savon dont il se plaît à parfumer son bain. Le prix de la journée est de cinq dollars tout compris. S'il l'on ne fait que manger au dining-room, le repas coûte cinq francs.
La municipalité de Dresde a décidé la création d'un établissement de bains pour chiens, avec salle de coiffure où les baigneurs de quatre pattes pourront être tondus, frisés, parfumés par des artistes spécialisés.
EN RUSSIE LES LOCOMOTIVES SERVENT A FAIRE DU THÉ
Comme tous leurs compatriotes, les mécaniciens russes qui dirigent les locomotives sur les lignes de chemin de fer, sont de grands amateurs de thé.
La plupart des machines sur les grandes lignes sont munies d'une petite cannelle par laquelle arrive un jet de vapeur. Les mécaniciens buveurs de thé, possèdent des bouilloires du fond lesquelles s'élève un serpentin. Adaptant l'ouverture inférieur du serpentin au bout du relevé de la cannelle, ils ouvrent le robinet. La vapeur se précipite dans le serpentin et a tôt fait de chauffer à ébullition l'eau du récipient pour la préparation du thé.
Voilà comment les mécaniciens russes trouvent moyen de goûter les délices du samovar tandis que leur machine les emporte au fil des rails, à travers les plaines glacées.
REVUE NOS LOISIRS DU 23 AOUT 1908