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UN ZOULOU * LE CULTE DU PASSÉ

2 Novembre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

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UN ZOULOU D'AUJOURD'HUI

On sait qu'il y a vingt cinq ans, l'Angleterre dut soutenir une lutte acharnée contre les Cafres pour assurer la sécurité de ses colonies Sud-Africaines.

L'âme de la révolte contre les blancs fut le chef des Zoulous Cetywayo. Ces tribus du Zululand absolument sauvages, n'avaient d'autres moyens d'attaquer que leurs zagaies et d'autres défenses que leurs boucliers.

C'est pendant l'expédition contre Cetywayo que fut tué le prince impérial, fils de Napoléon III.

Le vingtième fils du chef zoulou né dans un état de pure sauvagerie, est aujourd'hui un gentilhomme dans toute l'acception du mot, il s'habille à l'européenne, parle très correctement l'anglais, joue passionnément au piano et fat ses délices du gramophone.

Dinizulu habite un charmant cottage où il accueille ces hôtes d'une façon vraiment princière. Rien dans ses manières ne laisse soupçonner le sauvage qu'il eût été si son pays se fût développer conformément à ses destinées.

 

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LE CULTE DU PASSÉ

On connait le cas de cet ancien houzard de l'Empire qui après 1815, rentré ans son village, couturé de cicatrices, balafré, défiguré et toujours fanatique de l'Empereur, revêtait de temps en temps son vieil uniforme déchiré, sellait un cheval, et sabre au clair, courait à travers la campagne, comme s'il eût encore chargé l'ennemi, au premier rang de son escadron. Sa bête éreintée il revenait au village et demeurait calmé pour quelques jours.

La mélancolie figure que nous reproduisons est celle d'une jeune femme atteinte d'une douce folie.

Elle crois vivre aux Tuileries à l'époque du Premier Empire. Sa vieille mère qui l'adore et qui ne désespère pas de la voir revenir à la raison, e la contrarie point . Sa vie s'écoule dans un pavillon enclos de hauts murs, parmi de vieux arbres.

Tout y est à la mode de l'Empire, rideaux jaunes à couronnes d'or, canapés, fauteuils aux bras en forme de cols de cygne, psychés , consoles, etc.

la jeune femme est, ainsi qu'on peut en juger toujours vêtue d'une robe décolletée comme si elle allait paraître devant l'Empereur, inclinée et pinçant sa longue jupe dans une révérence de la cour.

Et lorsque les soirs d'été ou d'automne elle erre dans le jardin fermé de sa maison, dont les fenêtres ouvertes laissent apercevoir un mobilier suranné, on croirait voir passer entre les fûts des arbres une dame de jadis dont le mari serait à la Grande Armée, une mélancolique jeune femme d'autrefois qui rêve en laissant son écharpe de mousseline flotter entre les troncs verts de mousses.

REVUE NOS LOISIRS DU 26 JANVIER 1908

 

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