SOUHAITS A UN AMI
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Souhaits à un ami
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Voyez, ami, l'année à disparu là-bas,
A la fin d'un beau jour limpide et presque tendre,
J'écoute encore ; déjà je ne puis plus entendre
Le murmure lointain qui chantait sous ses pas.
Que redirons-nous d'elle et qu'elle fut son visage ?
L'un se rappellera peut-être un regard vain,
Un front indifférent ou frivole, une main
Qui s'entr'ouvrit sans rien semer sur son passage.
Celui-ci, gémissant d'un deuil irréparé,
Jurera qu'elle fut pour lui triste et sévère,
Et que, quand elle a fui dans le soir solitaire,
Ses yeux méchants riaient que le monde eût pleuré
O mon hôte, ce jour et son adieu sonore
Doivent-ils détourner les fronts laborieux ?
Pourquoi rechercherions-nous dans le vide des cieux
Ce qui n'est déjà plus, ce qui n'est pas encore ?
Vivons en apprenant à vivre chaque jour !
Des les bornes du emps ne tracent pas la voie,
Peut-être qu'il s'en va, portant en lui sa joie
Vers un plus grand bonheur par un plus grave amour !
Que demain, moins qu'hier, soit pour notre âme un maître !
— Pourtant , sur cet hier, jetons un caillou blanc
Puisqu'il nous fit, ami l'un et l'autre connaître
La maison fraternelle et le front ressemblant.
Maurice Pottecher
REVUE NOS LOISIRS DU 9 FEVRIER 1908
