QUAND LES PLACES SONT CHÈRES
QUAND LES ROIS SONT DANS LA SALLE
LES PLACES SONT CHÈRES AU SPECTACLE
Lorsque M. Fallières assiste à la représentation de gala donnée à son honneur à Covent Garden à Londres, le prix des loges s'élevait à 900 et 950 francs. Ces prix qui paraissent fort honorables, sont cependant plus bas que ceux qui furent demandés dans le même théâtre à l'occasion du voyage à Londres de l'ex-président Loubet. Les fauteuils coûtaient alors 315 francs et les loges 1 575 francs soit 7 francs par minute de spectacle.
La salle était du reste, ornée d'une façon admirable. Une décoration Watteau, en roses de tous les tons, avait coûté la bagatelle de 100 000 francs.
Lors du gala donné par le couronnement d'Édouard VII, les principales loges furent louées 2 625 francs et les fauteuils d'orchestre 525 francs. Il est vrai que le gala n'eut pas lieu. Le roi était malade et il fallut rembourser 500 000 francs aux personnes qui avaient pris les places.
En 1903 quand le souverain anglais visita à Lisbonne le roi Caslos, le prix des loges le jour du gala était de 1 875 francs. Enfin lorsqu'il se rendit à Rome on paya 500 francs pour pouvoir du haut d'un balcon de la Via Nazionale contempler ses augustes traits.
Mais c'est surtout à Paris qu'il en coûte cher pour vouloir assister à une de ces représentations exceptionnelles. En effet lors du passage des souverains italiens parmi nous, on demandait 5 000 francs pour une première loge au beau de location de l'Opéra.
QUI DE VOUS VEUT VENDRE SA PEAU ?
Qui a de la peau à vendre ? Non pas de la peau de daim, de chamois ou de gant —ni même de la peau d'Espagne, mais de la peau humaine de la peau vivante. C'est une milliardaire américaine qui en demande. Mme Ruxeff atrocement brûlée, cet été par un poêle à alcool, était condamnée par les médecins. Vint un chirurgien plus adroit, ou plus audacieux que ses confrères, qui se mit en demeure de refaire à la dame sa peau brûlée. Et l'on commença à emprunter de-ci de-là de petits carrés de peau qui furent greffés sur les membres de la pauvre femme. Mais la peau des parents et amis n'est pas inépuisable et l'on a recours désormais au dévouement intéressé de personnes prêtes à vendre leur épiderme.
DOIT-ON DONNER AUX DAMES
LE BRAS DROIT OU LE BRAS GAUCHE
La question a été très souvent soulevée et à fait l'objet de nombreuses discussions mondaines. Jadis le code de la civilité, d'accord avec les grands maîtres de maintien enseignait qu'il fallait ouvrir le bras droit aux dames pour les raisons suivantes.
D'abord, on place toujours à sa droite la personne que l'on veut honorer, et la galanterie française veut qu'on honore le beau sexe. S'il s'agit d'un bal et que vous invitez une dame à danser, il faut que vous lui présentiez le bras droit, et si vous la promenez ensuite dans les salons vous n'allez pas pour cela changer de bras.
Dans un cortège de mariage il importe pour le coup d’œil qu'il y ait de l'uniformité dans l'attitude des couples qui se suivent ; or comme en pareil cas, il y a souvent des militaires et que ceux-ci ne peuvent jamais donner le bras gauche à une came à cause de l'épée, il faut bien pour obtenir cette uniformité désirable pour l'aspect d'ensemble que tous les hommes donnent le bras droit.
Il n'y avait autrefois qu'une exception à cette règle : c'était lorsque le mari et la femme se donnaient le bras. Dans ce cas le mari donnait à sa femme le bras gauche comme signe de la domination sur la femme. En toute autre circonstance l'homme devait toujours offrir le bras droit.
A tous ces arguments en faveur du bras droit les partisans du bras gauche objectent ceci : Dans la foule, dans la rue et même dans une réunion nombreuse, il vaut mieux donner le bras gauche à une dame afin d'avoir le bras libre et ses mouvements et pouvoir au besoin, protéger ou défendre sa compagne. En vérité l'usage d'offrir le bras gauche a dominé et sans doute il persistera longtemps encore.
REVUE NOS LOISIRS DU 23 AOUT 1908