Pour alimenter la conversation
POUR ALIMENTER LA CONVERSATION
Dans une petite ville de Lancashire en Angleterre, plusieurs demoiselles se sont concertées pour organiser un concours... d'éternuement. Le premier prix — une livre sterling et un mouchoir en soie — fut gagné par la concurrente qui, à grands renforts de tabac à priser, de bois de Panama pulvérisé et d'autres ingrédients semblables avait mis sa pituite dans un état si déplorable qu'elle n'avait pas cessé d'éternuer pendant une heure et trente sept minutes, mettant sa proéminence nasale en vibration désordonnées, à raison e quatre secousses par minutes.
Sauf au moment où ils naissent, les Chinois n'absorbent jamais une goutte de lait. Ils n'admettent d'ailleurs que celui de leur mère ou de leur nourrice, et on horreur du lait de vache. Ils craindraient en en buvant de s'introduire un « principe bovin » dans le corps. En revanche ils sont les plus friands d’œufs pourris, verdis, que le sciure de bois à conservés des mois et mêmes des années ; et chez eux les nids d'hirondelles sont un régal des plus appréciés.
Le goût de la lecture fait quelquefois d'un modeste artisan un grand écrivain.
John Mackintost d'Aberdeen est un des hommes les plus remarquables que l'Écosse ait produit au siècle dernier. Fils d'un maraîcher ; il eut peu l'occasion de s'instruire. A l'âge de dix ans il gardait les troupeaux. C'est a ce moment que le goût des lectures lui vint. Plus tard il se fit cordonnier et exerça ce métier pendant quatorze ans. Mais tourmenté du désir de savoir, il se mit à lire tout ce qu'il pouvait trouver. Fatigué du métier de cordonnier, il se fit policeman e finalement ouvrit une petite boutique de contentieux a Aberdeen. Là dans ses moments de loisirs, il écrivit un grand ouvrage : L'Histoire de la civilisation en Écosse. Au dire des gens compétents, c'est la plus brillante histoire d'Écosse qui ait jamais écrite. Il mit écrire cet ouvrage dix neuf ans et l'on peut dire que jamais livre de valeur ne fut composé dans de pareilles circonstances.
Lors d'un séjour en Italie, la célèbre cantatrice Patti sollicité par un inconnu, consentit à le recevoir. Elle vit entrer dans son salon un vieillard petit et laid, rouge et muet par suite de l'émotion que lui produisait cette faveur. Tout à coup Mme Patti aperçut une épaisse fumée sortir du paletot du vieux.
Sans mot dire, elle saisit un verre d'eau et en lança le contenu sur les habits enflammés. Le feu provenait du mégot que le vieux dans son émotion avait mis dans sa poche au moment où on l'introduisait
— Monsieur dit alors la célèbre chanteuse, j'ai eu beaucoup d'admirateurs mais je n'en ai jamais rencontré un qui allât jusqu'à prendre feu. Éteignez-vous, monsieur, éteignez-vous et ne vous faites incinérer qu'après la mort.
REVUE NOS LOISIRS DU 15 DÉCEMBRE 1907