Le moulin... Béarnais... Facheuse... Aventure
Le Moulin à Vent
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Le moulin à vent
En tournant ses ailes
D'un air très savant
Dit des ritournelles.
Le meunier tout blanc
Bonnet sur la tête
S'assoit sur le banc
Le coeur tout en fête.
Car le sans-souci
Chante avec ses ailes
Du joli moulin
Quelques ritournelles.
Pierre Plessis
BEARNAIS ET GASCON
Voici une petite histoire de saison, à lie au coin d'un bon feu, tandis qu'au dehors il fait grand froid.
Au temps du bon roi Henri IV un jour qu'il gelait à pierre fondre, celui-ci passant en carrosse sur le Pont-Neuf emmitouflé dans son manteau et ses fourrures aperçut un jeune Gascon qui déambulait gaillardement, peine vêtu d'un petit pourpoint de toile, tout comme si l'on eût été en plein juillet.
— Ah ça ! Mon ami, n'as-tu donc point froid ? Lui demanda Henri.
— Non, sire.
— Comment ? Tu es gelé de froid dans l'état où tu es et moi, qui suis extrêmement vêtu, je ne puis durer !
— Ah sire ! Dit le jeune Gaston, si Votre majesté faisait comme moi elle n'aurait jamais froid.
— Et comment ?
— Si vous portiez tous vos habits sur vous, comme je porte tous les miens, soyez assuré que vous ne sentirez point le froid !
Henri IV goûta si bien cette réplique qu'il fit faire au Gascon un tel habit tout neuf.
FACHEUSE COQUILLE
A quoi tient la destinée d'une pièce !
Émile Augier, encore débutant, espérait faire jouer sa pièce la Ciguë à la Comédie Française. On remet le manuscrit à l'administrateur, M. Buloz qui jette un coup d’œil sur le titre et lit, au lieu de la ciguë, la gigue !
La gigue jouée aux Français !!!
Et sans autre formalité, le manuscrit fut retourné à son auteur.
Buloz ne comprit et ne regretta son erreur que quelques mois plus tard, quand il assista, à l'Odéon au grand succès de la Ciguë.
UNE AVENURE DE LÉON CLADEL
Alors qu'il était en vacances, le charmant écrivain Léon Chadel avait moins encore que de coutume le souci de sa tournure extérieure.
Un jour comme il se promenait dans les environs de sèvres, la barbe inculte, les cheveux embroussaillés et drapé dans une antique houppelande, un tel air minable attira l'attention d'un gros bourgeois qu'il croisait.
Celui-ci magnifiquement tire sa blouse et glisse quatre sous dans la main de Chadel qui, ahuri, resté figé sur place.
Mais bientôt il se reprend et veut rejoindre l'honnête bourgeois pour lui expliquer sa méprise.
Entendant galoper à ses trousses le bourgeois est pris d'une terreur folle « Le sacripant a vu ma bourse et veut me dévaliser » s'écria-t-il. Et il détala si bien que Chadel ne put le rejoindre
Quel fou rire quand le bon Chadel contait cette aventure !
REVUE NOS LOISIRS DU 15 DÉCEMBRE
1907