PETITE OFFRANDE
PETITE OFFRANDE
Nouvelle par Paul LACOUR
Le cabinet de travail de Georges Marussol était meublé avec une austérité administrative. On y découvrait non sans peine, un coquet porte journaux brodé au point de Hongrie et dissimulé derrière une porte qui l'écrasait en s'ouvrant. Ce colifichet utile évidemment fait pour figurer sur un meuble, semblait là tout honteux et comme un supplice d'être suspendu. Tout d'abord, Marussol l'avait posé sur un guéridon à portée de sa main. C'était avant son mariage. L'objet inoffensif ne trouva pas grâce devant la charmante et nerveuse Mme Marussol. Relégué une première fois ans un bahut, il n'avait vu le jour, sur la réclamation de Georges, que masque sur le même bahut, derrière une potiche, puis au-dessus de la bibliothèque, pour échouer finalement dans l'ombre où il se trouvait encore en dépit de bon sens. Marussol n'espérait pas mieux pour lui. Il savait qu'un homme de sa trempe, d'humeur financièrement pacifique, ne saurait triompher de l'entêtement d'une femme absurdement jalouse. Il osa seulement s'étonner qu'on imposât tant de déplacements à de pauvres choses qui ne demandent qu'à rester tranquille. Ce qui lui attira de son épouse une réponse aigre, faite, il est vrai, avec beaucoup de dédain.
— Je vois que vous tenez particulièrement à cet objet.
— J'y tiens, en effet, ma chère Aline, avait répondu Georges Marussol sans se départir du flegme légèrement malicieux d'un grave garçon qui n'a rien à se reprocher.
Et, brave garçon, il l'était d'allure comme de cœur, c'est-à-dire très différent de l'idée que se fait le public d'un homme à qui incombe l'ardue et délicate mission d'inviter et au besoin de contraindre les citoyens à verser dans la caisse de l'État des sommes variables et chaque année plus élevées, dénommées contributions.
Le lecteur a deviné que M. Marussol était percepteur ; ajoutons que c'était dans une petite ville de la banlieue de Paris. La possession du bibelot nomade dont nous venons de parler se rattachait à un des multiples incidents — à peu près tous similaires — inhérents à ses fonctions.
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C'était un an avant son mariage. Ce jour-là, en rentrant dans son bureau de perception, il trouvait son fondé de pouvoir aux prises avec un contribuable récalcitrant. Le fait était en soi trop banal et trop fréquent pour qu'il y prêtât attention. Il commença l'examen de papiers jetés pèle-mêle sur une table. De l'autre côté du grillage réglementaire, la voix continuait sa plainte avec une nouvelle insistance. On eut dit que la présence de Marussol augmentait sa force implorante. C'était une voix de prière et de défi, à la fois fraîche et courroucée. L'histoire déjà contée reprenait. Le mari malade depuis trois mois, deux enfants sur les bras ; est-ce que cette malchance ne valait pas qu'on prit une demande en considération ? Trois semaines de sursis. Elle ne demandait pas autre chose. Tranquille devant sa caisse, le fondé opposait à ces plaintes la sécheresse d'arguments péremptoires, administratifs. On ne pouvait arrêter les frais au point où il en étaient. Le règlement était formel.
— Si nous n'avons pas d'argent, pourtant, monsieur.
— Vous en trouverez, comme vous avez fait pour votre loyer, comme vous faites pour votre nourriture de chaque jour.
— Nous ne pouvons pas, monsieur, nous faire jeter au pavé et vous ne voudriez pas qu'on qu'on laisse ses petits mourir de faim. Nos économies y sont passé et nous vivons à crédit.
— Tout cela, madame, ne me regarde pas. On a toujours tord de discuter avec des contribuables. Votre cotisation s'élève à 9 F 34 auxquels s'ajoutent maintenant 18 F 97 de frais.
— Dix neuf francs de frais, est-ce possible ?
— Ce n'est pas tout. Les affiches seront posées cet après-midi, coût 8 F 25. avec la vente nous arriverons facilement à 50 francs.
A ces mots de lourds sanglots emplirent la salle et la voix gémit :
— Vendu ! Notre pauvre mobilier, vendu.
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Ce second commis un jeune garçon de dix sept ans qui inscrivait avec acharnement de petits chiffres sur un gros registre, leva la tête intéressé et ému. Il avait assisté souvent à des scènes de ce genre. Celle-ci dépassait pourtant le diapason ordinaire. Et puis, la plaignante était toute jeune. De la grâce rayonnait à travers ses pleurs. Le commis regardait avec curiosité le patron qui s'était levé et qui, adossé à la cheminée, la paume des mains tournée vers un feu imaginaire, assistait muet mais non plus indifférent, à ce petit drame dont il pouvait être à son gré, le Deus ex machina. M. le percepteur se préparait en effet, à intervenir. Après le coup d’œil sur le rôle il releva la tête, glissa dans sa souple barbe une main soignée et sur un ton très doux, qui séché tout de suite, comme par enchantement les larmes de Mme Guingois.
— Vous vous êtes placés, madame, vous et votre mari j'entends dans une situation bien fâcheuse.
— Ce n'est pas notre faute, monsieur.
— Oh ! Permettez-moi de n'être pas tout à fait de votre avis. Vous reçûtes successivement à intervalles inégaux, des papiers de couleurs variées dont vous ne tintes aucun compte.
— En avons-nous reçu tant que cela, monsieur, je ne sais ?
— Je vais vous les énumérer : blanc, officieux ; vert comminatoire ; sommation sans frais ; jaune avec frais ; bleu pour commandement ; gris, pour vous prévenir de la saisie, et paille de la vente. Vous ne vous êtes émue qu'après la visite de l'huissier.
— Mon mari était malade, monsieur le percepteur. Il reprend son travail demain. Donnez-nous du temps encore. Vous ne ferez pas vendre chez nous, dites ? Vous n'aurez pas cette cruauté ?
Il répliqua :
— Ce n'est pas pour mon compte particulier, madame.
M. le percepteur était très ému et nullement barbare. Mme Guinobois avait de beaux yeux limpides et tristes. Et quand ses yeux de vingt ans versent des larmes !... Elle avait aussi des cheveux clairs qui moussaient autour de son front, sur ses oreilles rouges d'émoi, sur le cou que ne cachait pas tout à fait le fichu de laine jeté en hâte aux épaules pour sortir. Le sourire douloureux de la bouche laissait aussi entrevoir des dents brillantes et sa façon de prendre la tête sur l'épaule pour employer, la trouvait très distinguée.
Le percepteur dit avec une évidente sympathie :
— Que fait votre mari, madame ? Est-ce un ouvrier, un employé ?
— Un employé, oui, monsieur. Il tient les écritures dans une maison de cycles de la Porte-Maillot, mais il ne gagne guère plus qu'un ouvrier, cent vingt francs par mois.
— C'est peu, en effet. Vous avez dit tantôt, je crois, que vous avez des enfants ?
— Deux, monsieur, l'un à trois ans, l'autre de huit mois.
— Oh ! Trois ans !
Elle rougit un peu puis :
— Je me suis marié à seize ans.
M. le percepteur sourit :
— Un mariage d'amour, naturellement.
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Mme Guinobois baissa les yeux sans répondre. Quelques secondes de silence passèrent, que troublait le seul grincement des plumes sur le papier. Les deux employés poursuivaient leur besogne. Georges Marussol regardait par la fenêtre le petit jardin où le printemps commençait à chanter. Les bourgeons des marronniers brillaient comme de l'or brun dans le soleil. Une nuée de moineaux s'était abattue sur la pelouse récemment ensemencée de graines de gazon. M. le percepteur voyait cela et ne voyait rien. Il y avait dans l'allée un bébé tout petit marchand à peine, c'était un enfant à lui, son fils. Absurde son imagination l'égarait. M. le percepteur n'était pas marié. Il n'avait donc pas d'enfant et bien qu'il commençât de prendre un vif intérêt à sa jeune contribuable, il ne songeait pas à adopter ses enfants pour lui faciliter le paiement de ses impôts. Une légère toux ramena le comptable à la réalité. Mais où la conversation en était-elle donc ? Il avait perdu le fil. Ah ! Oui ! c'était au sujet du mariage. M. le percepteur fut gêné. Il se reprocha ce qu'il y avait d'un peu libre dans sa réflexion. Que Mme Guinobois eut été ou non épousée par amour et réciproquement en quoi cela regardait-il un comptable ? Mais la jeune femme ne lui en voulait nullement d'une question aussi déplacée. Elle espérait même le salut d'un excès d'intérêt. Ses yeux humbles, ceux du chien qui attend une caresse, le regardaient. Georges Marussol n'en était pas autrement intimidé. Il se savait de tournure agréable, bien pris dans sa petite taille, et sa barbe s'éventaillait avec élégance. Ce qu'il savait aussi en cet instant, ce qu'il sentait, c'était qu'il était allé trop loin ans on interrogatoire pour se retrancher catégoriquement désormais derrière les exigences de la loi. Il cherchait un biais avec zèle et, en attendant se mit à morigéner paternellement, sans trop savoir s'il n'allait pas se fourvoyer dans quelque impasse.
— Tout cela est bien ennuyeux, madame, et je le répète de votre faute. Votre mari malade, oui, je sais bien ; mais il y a trois mois, quatre mois même, en décembre 1901, vous avez reçu une sommation, vous n'y avez pas pris garde. Vous n'aviez pas encore versé un centime ! Insouciance, négligence, sans doute, mais la maladie vous a surpris.
— Si vous saviez comme c'est peu, quatre francs par jour et il faut encore compter avec le chômage. J'ai beau faire des objets de fantaisie pour les magasins.
— Ah ! Vous travaillez de votre côté !
— Tant que je peux monsieur, mais c'est si peu payé ces petits travaux !
— Je vois que vous avez du mérite, oui et vous êtes à la veille d'être vendus ; qu'allons-vous devenir ?
— Oh ! Monsieur, on ne fera pas cela.
M. le percepteur grossit la voix :
— Mais si, madame, on, c'est moi et je vous affirme que rien n'est plus sérieux. Le Préfet a signé l'autorisation et l'ordre et donné à l'huissier d'instrumenter.
Mme Guinobois s'affaissa sur une chaise en un accablement silencieux que Marussol observa pendant quelques instants, tandis que, machinalement, ses doigts peignaient sa barbe blonde, puis :
— Et alors, madame, que décidez-vous ?
Elle parut en proie à un rêve affreux et répondit les yeux hagards :
— Je décide... que la Seine n'est pas loin... pour moi et les petits.
Là-dessus M. le percepteur prit peur et se fâcha :
— Je déteste ces phrases de mélodrame, dit-il.
— Que voulez-vous que nous fassions sans meubles, puisqu'on les vendra et bientôt sans gîte ?
Elle se leva pour sortir et un tel air de découragement courbait ses jeunes épaules que Marussol, saisi de pitié, s'écria :
— C'est bien, nous ajournerons tout cela à la semaine prochaine. Revenez lundi ou mardi. D'ici là allez à la mairie. On peut vous aider à la mairie...
— D'ici là, monsieur, nous n'avons rien à craindre ? Balbutia Mme Guinobois dans un reste d’inquiétude.
— Rien.
— L'huissier ?
— Je vais le prévenir.
— Oh ! Monsieur, je vous remercie mille fois, vous êtes bon.
Mais le percepteur que cette gratitude gênait la congédia du geste en disant :
— Allez, allez.
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Depuis plus de sept ans qu'il était en fonction, Georges Marussol ne pouvait jouir, sans se laisser entamer, ce que son fondé, M. Thomasse en son scepticisme professionnel dénommait des jérémiades et presque toujours, il accordait les délais qu'on sollicitait. Témoin de ces faiblesses, M. Thomasse avait coutume de balancer la tête en passant son mouchoir sur les verres de son lorgnon, mimique dont M. le percepteur percevait le sens.
Il n'y manqua point.
— Vous ne m'approuvez pas, Thomasse ?
— Vous êtes le maître, répondit le fondé en levant sur Marussol des yeux sans regard, des yeux de myope que soulignait une ligne rouge, creusée par l'usage constant du lorgnon.
— Oui, je connais vos principes ; vendre sans retard le mauvais contribuable, parce que c'est le meilleur moyen de s'en débarrasser.
— Dame !
— Pour un peu, vous nous démontreriez que c'est leur rendre service. Moi, je suis d'une autre école, j'entends apporter dans l'exercice de mon pouvoir un sentiment d'humanité.
Mais le fondé trouvait les atermoiements absurdes et tous les contribuables indignes d'intérêt. Vingt ans de pratique avaient cuirassé sa pitié.
Le lundi suivant, M. le percepteur était tout rêveur. Sa protégée était étrangère à sa mélancolie. Il avait passé le dimanche à Paris, sans plus se soucier des contribuables que de sa première sommation avec ou sans frais.
Assis devant sa large fenêtre, il expédiait mollement son travail administratif. Il songeai encore aux joies de la veille. De bons amis chez lesquels il dînait l'avaient placé à côté d'une enfant absolument exquise, vingt ans, un air pur, des yeux de violette, une bouche grosse comme une fraise et un sourire tout à fait aimable. Elle possédait aussi toutes les qualités que dans son enthousiasme, il lui accordait.
La soirée lui avait paru ridiculement courte et à elle aussi sans doute. Il ne se reprochait pas d'avoir serré un peu trop,fort qu'il ne seyait la petite main qu'on lui avait tendue au départ. La petite main ne s'en était pas offusquée et les yeux de violette s'étaient fermés dans une souffrance heureuse... Ah ! La délicieuse soirée.
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Là-bas au bout de la rue que l'on domine en toute sa longueur, une silhouette chemine, silhouette chétive, souffreteuse. Elle s'avance grandit, se précise. M. le percepteur la reconnaît. C'est la pauvre jeune femme de la semaine précédente. Il se précipite dans l'escalier, jette sous les yeux ahurit autant que myope de M. Thomasse, deux louis en disant :
— Voilà pour la femme de l'autre jour, vous savez, Mme Guinobois !
Et sans autre explication il remonte chez lui.
Mme Guinobois a, en effet, sonné car le bureau est fermé en dehors des jours de recettes. Elle a des yeux de fièvre, et son visage paraît prématurément fané par les privations et les larmes.
— Vous venez payer ? Demanda l'imperturbable M. Thomasse.
— Hélas, monsieur, la mairie refuse tout secours parce que, dit-elle, mon mari n'est pas un indigent. Pourtant...
Et le bourru hausse les épaules en grommelant des mots que ne comprend pas Mme Guinobois, tandis que sa plume alerte court sur le papier, trace des lettres, inscrit des chiffres. La jeune femme considère avec stupeur cette agilité et aussi avec effroi. Que va-t-il en sortir pour elle ? Le fondé éponge son écriture puis, d'un geste brusque, tend un papier rectangulaire et mince.
— Voilà votre quittance, prenez donc.
— C'est que... je n'ai pas d'argent.
— Vous ne l'avez déjà dit... mais puisqu'on paie pour vous.
— Pour nous ! On paie ! Qui donc ? Monsieur.
— Le patron, parbleu ! Vous l'avez attendri avec vos pleurnicheries.
— Ah ! Monsieur le percepteur est bien honnête !
— Vous appelez cela de l'honnêteté, vous !
Le fondé se dispense de préciser son appréciation personnelle. Le geste, le ton, une certaine manière de balancer sa tête comme un encensoir sont assez significatifs.
— Alors, les frais aussi ? Interroge Mme Guinobois que l'habitude du malheur rend incrédule aux bonnes nouvelles.
— Les frais comme le reste. Il n'y a pas de milieu. Vous ou lui. Mais si les percepteurs se mettent sur ce pied-la, les contribuables seront bien bêtes de se gêner. Le patron est jeune.
Puis, comme Mme Guinobois serrait son reçu dans son porte-monnaie vide, il ajouta facétieux.
— Je ne vous demande pas si vous versez un acompte sur l'année courante :
elle répond gravement :
— Je ferai tout mon possible bientôt, monsieur, mon mari a pu retourner à son bureau aujourd'hui.
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La voilà partit et dans son trouble, elle a omis de faire remercier M. le percepteur. Elle y songe maintenant et s'y prépare à sa manière. Un peu de joie est revenue au foyer. Les affiches maudites n'ont pas été posées. Les Guinobois ne seront pas venus. Le crédit est rendu avec la confiance. Louise est aimée dans son quartier. Elle ne dédaigne pas de se mêler aux femmes d'ouvriers pour laver son linge au lavoir communal, bien que, dans ses courses, un chapeau sur la tête, elle ait tout à fait l'air d'une dame. Seul Alexandre Guinobois demeure interloqué et soucieux. Il ne s'explique pas comment il a pu s'attirer la faveur soudaine d'un fonctionnaire si rigoureux tout d'abord. Son front se barre d'une ride lorsqu'il se penche sur ce problème, mais sa philosophie ne tarde pas à prendre le dessus. Sa Louise est une honnête femme.
Elle dissimule pourtant. Elle trompe même son mari lorsque à deux heures du matin, entre deux sommes il lui demande l'heure et qu'elle répond, minuit. Elle a repris ses menus travaux d'aiguille pour un magasin de la rue Rivoli et, entre temps à l'insu de l'époux ombrageux dont les questions la pourraient troubler, elle a fait sortir de ses mains maigres et adroites, un petit porte-journaux qui a fort bonne tournure sous son vêtement de broderie au point de Hongrie. Et un soir, avant de dîner, elle l'a enveloppé avec soin dans du papier de soie, couché dans un carton et remis entre les mains de la bonne du percepteur.
Cette modeste offrande c'est l'objet auquel Mme Marussol fait la vie si dure, sans trop savoir pourquoi, si ce n'est que c'est un ouvrage de dame évidemment. Cela lui semble un vestige suspect de la vie de son mari, celle d'avant, mystérieuse et secrètement haïe des épouses. Il y a un peu de sa faute à lui aussi. Pourquoi lorsqu'elle lui demande d'où lui venait cette fanfreluche, avoir pris l'air embarrassé d'un coupable et répondu qu'il ne sait pas, quant à la vérité, il s'en doute bien un peu, M. le percepteur.
REVUE NOS LOISIRS DU 25 OCTOBRE 1908