ON CLOUE LES OS CASSÉS
ON CLOUE LES OS CASSÉS
Il n'y a pas bien longtemps quand on se
cassait le bras ou la jambe, le chirurgien plaçait le membre fracturé dans un appareil plâtré et attendait tranquillement la guérison.
Plus tard avec l'événement de l'antisepsie on fit mieux. A l'instar des « raccommodeurs de faïences et de porcelaine » le chirurgien perçait un trou dans chaque fragment de l'os cassé, y passait un fil d'argent et le tordait de façon à maintenant solidement les deux fragments l'un contre l'autre. Cela s'appelait : suturer un os.
Mais le progrès est le progrès, et comme nous l'apprend aujourd'hui un journal de médecine, on ne suture plus les os on les cloue. Et voici comment on procède à cette opération.
Mettons qu'il s'agisse d'une fracture de la cuisse. On prend alors un clou d'acier nickelé « mince, conique, pointu, de dix à dix centimètres de longueur à tête large » et tranquillement à coups de marteau on l'enfonce à travers la peau et les muscles, dans la partie inférieure du fémur du côté du genou. Il faut taper ferme et faire entrer le clou profondément dans l'os de façon que sa tête n'émerge de la peau que de deux centimètres.
Quand ce clou est bien en place, on en prend un second qu'on enfonce de la même façon de l'autre côté du genou. L'opération est pour ainsi dire terminée. Car il ne reste plus qu'à fixer aux têtes des deux clous, un fil de fer formant anse sur laquelle on suspend un poids de dix kilos destiné à réalisé « l'extension continue » nécessaire pour amener dans les meilleurs conditions, la guérison de la fracture.
On cloue encore les fractures quand pour une raison ou pour une autre, elles ne guérissent pas, ne se « consolident » pas quel qu'ait été le traitement employé. Un coup d’œil sur l'image radiographique ci-contre vous montre que ce que je vous dis est l'exacte vérité.
Cette radiographie a été prise chez une femme qui s'était fracturé la hanche. Dix huit mois après l'accident, la fracture n'était pas encore guérie et la malade ne pouvait marcher qu'avec des béquilles.
Que fit alors le chirurgien, M. Wilson (de Philadelphie) Il incisa la peau et les muscles de la hanche et arrivé au fémur, enfonça à travers la tête et le col un long clou dans l'os du bassin. Quinze jours plus tard la femme malade mettait au rancart ses béquilles et trottait... comme vous et moi.
LA MER ÉCLAIRERA LES VILLES
Voici une nouvelle qui si elle était confirmée serait de nature à révolutionner la face du monde ; un officier italien le capitaine Pirandello aurait inventé un appareil permettant d'utiliser les mouvements de vagues de la mer pour produire de la force motrice. Cet appareil très simple serait capable de fournir une force minime de soixante chevaux et fonctionnerait même par une mer parfaitement calme. Le capitaine Pirandello offre d'éclairer toute la ville de Rimini à l'aide de l'énergie électrique obtenue par son appareil afin d'en prouver le caractère pratique. Il serait bon, toutefois, de ne pas nous réjouir trop vite car Alphonse Allais lui aussi, avait un jour, fait une découverte du même ordre.
DES RIDEAUX CONTRE LE FEU
Pour arrêter les progrès du feu on emploi depuis quelques temps en Amérique, des stores-rideaux en fer établis de telle façon qu'ils ferment automatiquement les baies des bâtiments et empêchent l'incendie de se propager aux pièces ou bâtiments voisins. Ces stores sont fait entièrement en forte tôle galvanisée de fer ou d'acier et sont constitués par des plaques jointes à recouvrement, semblables à celles de tabliers de cheminée, coulissant l'une devant l'autre. Pour rendre automatique le fonctionnement de ces stores, ceux-ci sont maintenus relevés par des chevilles métalliques fusibles dont la fusion provoque la chute du rideau aussitôt que la température atteint 68°. Lorsque l'incendie éclate dans une salle dont toutes les baies sont pourvues de ces stores, ceux-ci tombent et le feu se trouve automatiquement localisé sans pouvoir même faute d'air, prendre une intensité trop grande. C'est fort bien. Mais voyez-vous la situation de quelqu'un surpris par le feu est enfermé dans cette espèce de souricière ?
REVUE NOS LOISIRS DU 6 SEPTEMBRE 1908
