LES CONCOURS DE NOS LOISIRS
P { margin-bottom: 0.21cm; }A:link { }
LES CONCOURS DE NOS LOISIRS
A propos d'une tentative d'Escroquerie
Ainsi que nous le disions la semaine dernière, certains filous ont envoyé une circulaire à tous ceux de nos lecteurs dont ils ont pu se procurer l'adresse.
Cette circulaire proposait les solutions de nos concours et soi-disant, le moyen de se faire attribuer les prix que nous offrons chaque semaine aux gagnants.
C'est la deuxième fois que cette escroquerie est tentée contre nos lecteurs. Du reste tous les journaux qui publient des concours ont, de temps à autre, à défendre leur clientèle contre les même agissements.
La première fois Nos Loisirs à promptement fait prendre la fuite aux chevaliers d'industrie avant qu'ils n'aient pu encaisser le fruit de leurs manœuvres. Cette fois nous n'avons malheureusement pas été prévenus assez tôt.
Il paraît qu'un certain nombre d'imbéciles ont envoyé aux auteurs de cette circulaire les cent sous qu'ils réclamaient. Ces imbéciles — il faut bien le dire — sont des gens peu malhonnêtes. Ils cherchent à avoir des prix qu'ils n'ont gagné et, à en frustrer les gagnants légitimes. Pour ces gens-là nous n'avons aucune sympathie. S'ils se sont fait voler, c'est bien fait.
D'un autre côté, nous avons éprouvé le plus grand plaisir à voir que la majeure partie de nos lecteurs avaient refusé ces propositions louches avec indignation et nous avaient immédiatement signalé les faits. A tous ceux-là, encore une fois merci.
Nous pouvons les assurer qu'aucun effort n'est et ne sera négligé pour faire coffrer au plus tôt les auteurs de la circulaire en question. Maintenant beaucoup de nos lecteurs nous disent : « Nous sommes très convaincus de la loyauté du directeur et des rédacteurs de Nos Loisirs. Mais supposez que vous ayez dans votre service de concours un employé infidèle qui vende les solutions par avance, nous, les concurrents honnêtes, ne sommes-nous pas lésés ? »
Non, amis lecteurs, vous n'êtes pas lésés ; vous ne pouvez jamais être lésés dans nos concours. Et voici pourquoi :
Personne, ni le directeur de ce journal, ni le rédacteur en chef, ni la directrice des concours, ni aucun employé ne sait, on ne peut savoir, quel est le nombre de solutions justes reçu pour un concours avant que tous les autres ne le sachent aussi. Ensuite, à moins de supposer que nous nous entendions tous ici pour faire cette canaillerie — et cela vous avouerez que c'est peu probable — ce chiffre ne peu plus être changé. Or, vous savez tous que c'est l'exactitude approximative de ce chiffre qui détermine les gagnants de chaque concours.
Chaque concurrent peut donc contrôler le résultat s'il a gagné un double de sa réponse. Oui, oui, nous savons que les circulaires en question donnaient le nombre de solution justes pour « Les Trois Concours » (771) et pour le « Concours Dactylographique » (6693) et cela semblerait contredire ce que nous affirmons ci-dessus.
Mais quand vous saurez qu'à cause du tirage formidable de Nos Loisirs nous sommes obligés de commencer l'impression d'un numéro quinze ou seize jours avant la date qu'il porte, vous comprendrez de suite que c'est en apparence seulement que ces chiffres vous étaient donnés EN AVANCE.
Calculez . Les circulaires en question vous ont été envoyés le 10 août. A cette date le numéro contenant la solution du concours des « Trois coureurs » qui porte la date du 16 août, roulait sur nos presses depuis longtemps. Et depuis trois ou quatre jours on avait commencé l'impression du numéro daté du 23 août qui contenait la solution du « concours Dactylographique » Par conséquent il a suffi aux auteurs de la circulaire de voler ou de faire voler (soit à l'imprimerie, soit dans nos bureaux) un des exemplaires déjà sortis des presses, pour se donner l'air, à vos yeux de posséder un grave et important secret.
En réalité c'était le secret de polichinelle qui ne pouvait servir à aucun concurrent. En effet, chacun comprendra qu'une fois que l'impression du journal qui donne les noms des gagnants est commencée, il est trop tard pour concourir. Trop tard de plusieurs semaines même ; car remarquez que chacun de nos concurrents est fermer longtemps avant cela.
Par exemple, c'était le 11 juillet que nous admettions en dernier lieu les solutions du « Concours des Trois Coureurs » et le 23 juillet pour le « Concours Dactylographique » Donc il n'y avait rien de bien malin à envoyé ces solutions, puisque les concurrents sur lesquelles elles portaient étaient clos et jugés et que tous les prix en étaient attribués, que par conséquent ces solutions ne pouvaient plus servir à personne, ni faussée le résultat. D'ailleurs si les solutions avaient pu servir, ces filous eussent commencé par en profitez eux-mêmes.
Ceux qui pour avoir les solutions des concours « Le Drapeau » « Les Grandes villes » et « Le poulet » ont envoyé leurs cent sous vont vivement s'apercevoir qu'ils ont été dupé. Car de deux chose l'une ; ou on ne leur enverra rien du tout, ce qui est à peu près sûr où encore un coup où leur enverra les solutions après la clôture.
Nous espérons que tout ceci est suffisamment clair pour tranquilliser ceux de nos lecteurs qui avaient été inquiétés. Qu'ils continuent à concourir, rien ne saurait les empêcher d'avoir un prix s'ils le gagnent. Dans notre prochain numéro nous expliquerons à fond le système de dépouillement et de classement des réponses qui arrivent chaque jour par milliers à notre service concours, de manière à démontrer que toute erreur et toute fraude sont absolument impossible dans ce service.
REVUE NOS LOISIRS DU 6 SEPTEMBRE 1908
|
|