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MOINEAUX SANS NID N° 59

16 Septembre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

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59 FACE A FACE

Pierrot était sans défense. Son arme de prédilection, c’étaient des pierres, mais il n’en avait pas à sa portée ! Que pouvait-il contre un homme à la vigueur de Jean Marigny ? Le pauvre enfant pleurait de rage, cherchant désespérément du regard quelque objet dont il pût faire un projectile.

— Tu m’avais donc suivi, petit voyou ? Questionna Marigny.

— Et pourquoi vous aurais-je suivi ?

— C’est bien toi qui étais avec Valérie quand je l’ai rencontrée ?

— Et puis après ? Défia Pierrot qui reprenait peu à peu courage.

— Tu crois que je ne t’ai pas vu courir derrière moi ? Et voilà maintenant que je te surprends à m’espionner par la fenêtre.

Le petit bonhomme fit de la tête, un geste énergique de dénégation.

— Je ne suis pas venu pour cela !

— Pour quel motif alors ?

— Cela ne vous regarde pas, mais ce n’était pas pour vous espionner.

— Toujours est-il que tu es ici !

— Mais je n’ai rien fait contre vous ! tenta de se justifier le garçon, tout en épiant les réactions de son interlocuteur avec des yeux plein de terreur.

— Parce que tu n’as pas pu ! Allons réponds à mes questions ; qu’as-tu à voir avec Valérie ? Depuis quand la connais-tu ? Pourquoi étais-tu avec elle ? Tâche de me dire la vérité si tu tiens à ta misérable existence de galvaudeux.

— C’est votre existence qui est misérable ! Rétorqua fièrement Pierrot. Moi, je n’ai tué personne ! Et si j’étais un homme, vous n’oseriez pas me parler comme vous le faites en ce moment !

Alors perdant tout contrôle de soi, Jean Marigny d’un formidable revers de mains envoya l’enfant rouler sur le sol.

— Ca t’apprendra ! Cria la brute. Maintenant, relève-toi et tâche de me répondre correctement.

— Si je veux ! répliqua Pierrot avec un incroyable courage.

— Tu veux peut-être que je t’assomme à coups de trique ? Menaça le bandit, blême de colère. (Puis il parut se calmer soudain et reprit) : Enfin, pourquoi ne veux-tu pas parler ? Il vaudrait mieux que nous soyons amis, crois-moi ; tu aurais tout à y gagner !

Pierrot hésita un instant et se décida :

— Eh bien ! J’étais avec mademoiselle Valérie parce que je la connais et parce que je croyais que Mireille était avec elle.

— Tiens ! Tiens ! s’écria le bandit avec une lueur étrange dans les yeux ; tu la connais donc, Mireille ?

— Oui, Monsieur. Je sais aussi tout ce qui est arrivé à mademoiselle Valérie et combien vous avez été méchant avec elle !

— Et c’est pour cela que tu m’as suivi ?

— Evidemment. J’ai bien vu le tour que vous lui avez joué en glissant je ne sais quoi dans son sac ...

Jean Marigny fronça les sourcils.

— Tu as vu cela ?

— Parfaitement ! Et j’ai même vu que les agents l’arrêtaient.

— Un rictus déforma les lèvres de l’assassin.

— Mon garçon, ce que tu viens de dire décide de ton sort ; désormais tru peux te résigner à ne jamais revoir la lumière du jour !

Pierrot frémit.

— Vous voulez me tuer ? demanda-t-il avec un tremblement dans la voix.

— Tu vas voir ce que je vais faire de toi !

Sur ces mots, il attrapa l’enfant par un bras et, malgré sa résistance désespérée, il le traîna jusqu’à la pièce la plus retirée de la maison. D’une bourrade, il le jeta brutalement à l’intérieur. Puis, il referma la porte à double tour et retira la clé de la serrure.

C’était une pièce qui servait de débarras et qui n’avait aucune fenêtre. Pierrot se trouvait donc plongé dans l’obscurité la plus complète. Derrière la porte, Jean Marigny lui cria en guise d’adieu :

— Tu finiras tes jours ici ! Tu auras beau crier, personne ne t’entendra ... Quand à la propriétaire, d’ici qu’elle vienne il peut se passer des mois ! Au plaisir de te revoir, mon garçon ... mais dans l’autre monde ! Cela t’apprendra à te mêler de ce qui ne te regarde pas !

Et le misérable retourna tranquillement se coucher, en se disant : « Je ne tiens pas du tout à ce que ce garnement aille témoigner contre moi ... Quand à cette vieille sorcière de mère Picquet, le diable seul sait quand elle viendra ! »

« Elle aura une drôle de surprise quand elle ouvrira ce cabinet de débarras et qu’elle y trouvera les restes de ce petit imbécile !... Il me reste encore deux ou trois heures à dormir ; ensuite, je tâcherai de me procurer quelque argent afin de pouvoir quitter la France. »

Pendant ce temps, notre ami Pierrot criait de toutes ses forces en donnant dans la porte de furieux coups de poings.

— Braille, mon bonhomme ! Ricana Jean. Cogne tant que tu voudras, tu te fatigueras avec moi.

Et le sinistre personnage se coucha et s’endormit sans souci des cris de sa petite victime ...

Il faisait encore nuit quand Jean Marigny quitta la villa qui avait été celle de Valérie Labeille. Pierrot ne criait plus ... Tout prêt de là se trouvait un café où l’on vendait des frites et des casse-croûte pour les travailleurs de nuit. Jean entra et s’installa à une table au fond de la salle.

— Un café bien chaud ! demanda-t-il au garçon, et dis à ton patron de venir me voir.

— C’est de la part de qui ?

— Jean l’astucieux.

— J’y vais tout de suite !

Le garçon s’éloigna. Il fut remplacé peu après par un homme jeune, presque élégamment vêtu, qui s’assit en face du criminel.

— Salut Jean ! Qu’y a-t-il pour ton service ?

— Il me faut de l’argent.

— Que le diable t’emporte ! Il te faut toujours de l’argent !

— Aurais-tu par hasard, l’intention de me refuser ?

— Ecoute, Jean ; ce que tu as fait ne me regarde pas ... Mais tu sais bien que je ne veux pas être mêlé à des affaires trop graves.

— L’affaire à laquelle tu penses, tu n’y es pas mêlé le moindre du monde !

— Oui, mais si je te donnais de l’argent, je pourrais en faire mon deuil, cette fois !

— Tu te trompes ; j’ai une garantie à te donner, et une sérieuse !

— Laquelle ?

— Des bijoux.

Le cafetier tressaillit.

— On ne te les a donc pas pris ?

— On ne m’en a pris que quelques uns ; la plus grosse part, je l’ai toujours, et bien cachée !

L’homme réfléchit longuement, puis il hocha la tête et déclara avec un soupir.

— Cette affaire-là ne me plait pas ! Il y a eu du sang versé ! Moi, je ne travaille qu’avec les pickpockets et les petits voleurs pas méchants.

— Réfléchis bien ! Insista Jean dont le visage s’était terriblement assombri. Sans argent pour prendre le large, je suis perdu !

— Tu sais bien que toute la police du pays est à ta recherche.

— Naturellement ! Et si je suis perdu, tout le monde est perdu !

L’autre fronça les sourcils.

— Qu’entends-tu par là, Jean ?

— Si je suis pris, c’est la guillotine qui m’attend ! Alors, tu penses bien qu’il m’est indifférent de parler !

— Tu ne feras pas cela, Jean !

— Et pourquoi pas ? répliqua l’assassin en le regardant froidement. Que m’importe votre sort, à toi et aux autres, si je n’ai plus rien à attendre de la vie ? Parlons net ; si tu persistes dans ton refus, je te promets que, le jour même de mon arrestation, ils sauront que tu es le chef d’une bande de voleurs et d’escrocs qui écument la France entière !

L’autre se mordit les lèvres mais ne répondit pas. Il réfléchissait.

— Tu es une canaille, dit-il enfin. Combien te faut-il ?

— Deux millions ; et ne crois pas que j’abuse de la situation ; ces bijoux valent plus du triple.

— Où pourrais-je les retirer ?

— Donne-moi de quoi écrire et je vais te donner une lettre pour qu’on te les remette. Mais ne fais pas de sottise d’y aller tout de suite. Il faudra que tu attendes que l’affaire soit un peu oubliée.

— D’accord.

— D’accord ! Quand tu seras en Amérique ou le diable sait où !

— Non. Pour l’instant, je compte rester à Pantin.

— Hum ! Tu me mets à sec ... La somme est grosse ... Enfin, viens avec moi et tu vas écrire cette lettre.

Les deux hommes montèrent dans une des salles au premier étage. Il y avait là, six ou sept individus qui jouaient aux cartes en silence.

— Bonsoir, Messieurs, dit Jean Marigny.

Tous le regardèrent, mais personne ne répondit à son salut.

— J’ai dit « bonsoir » répéta-t-il d’un ton hautain.

— Nous avons entendu, fit une voix.

— Et pourquoi n’avez-vous pas répondu ?

— Ici, on ne veut pas de gens comme toi ! Grogna quelqu’un.

Comprenant que ce n’était pas le moment d’engager une querelle, Jean haussa les épaules. Son compagnon l’entraîna dans un petit bureau où l’assassin rédigea une lettre par laquelle il ordonnait à son amie de remettre les bijoux « Au porteur de la présente »

— Voilà qui est fait, dit-il. Si par hasard, la personne refusait, tu n’auras qu’à soulever un carreau dans le coin gauche de la chambre ; c’est là que tu trouveras les bijoux. Tu n’oublieras pas de donner quelque chose à la dame pour qu’elle se taise. Et maintenant ... l’argent !

— Je te le donne immédiatement ! Plus tôt tu seras hors d’ici, mieux cela vaudra !

Le cafetier ouvrit un petit coffre-fort encastré dans la muraille et en sortir la somme convenue.

— Tiens, voilà des deux millions et souviens-toi de moi ! Quant à ta lettre, voilà ce que j’en fais ! (Et il déchira la lettre en mille morceaux en ajoutant) : J’aime mieux perdre cet argent qu’être mêlé à un crime. Et maintenant, file !

Peu après, Jean Marigny se retrouvait dans la rue. Il était maintenant plus tranquille. Il s’agit à présent de sortir de Paris ! se dit-il. Jusqu’ici tout a bien marché. Demain, je franchirai la frontière ; alors, seulement, je pourrai chanter victoire ! Dans un pays étranger, personne ne viendra me chercher ...

Ayant pris un taxi, il s’était fait conduire en une lointaine banlieue, mais n’avait pas trouvé l’ami qu’il voulait voir ! Celui-ci ne devait rentrer que dans l’après-midi. Alors, Marigny s’était mis à errer à travers la campagne, de l’allure d’un paisible bourgeois en promenade. Comme la matinée était fort avancée, il était entré dans l’auberge où nous l’avons trouvé.

Et maintenant, les deux rivaux étaient face à face ...

Devant la noble et sympathique figure de Robert Montpellier, Jean Marigny se sentait profondément humilié. Il comprenait, maintenant, que cet homme ait pu inspirer une véritable passion à Valérie. Il comprenait aussi comment, s’étant interposé entre eux deux, il avait pu rompre les liens qui la tenaient enchaînés à lui.

Apparemment, Robert n’était pas l’homme dont on pouvait avoir peur, et le traître, pensant qu’il avait affaire à un intellectuel peu entraîné aux exercices physiques, se sentait sûr de lui et de sa force. Il continua donc à le fixer. Robert, sans toutefois savoir pourquoi, tressaillit. Cet homme ne lui était pas inconnu ; il l’avait certainement déjà vu quelque part. Aussi, il questionna :

— Puis-je me permettre de vous demander si j’ai l’honneur d’être connu de vous ? Quant à moi, il me semble vous avoir déjà rencontré.

Jean haussa les épaules.

— Peut-être, marmonna-t-il. Je sais que vous vous appelez Robert Montpellier et que vous avez déposé plainte contre le marquis d’Evreux ...

— Tout cela est exact, Monsieur. Et vous, quel est votre nom ? Il me semble que votre mine ne correspond pas à vos manières ni à votre façon de vous exprimer.

— Et cela, vous vous trompez, assura Jean, non sans ironie. Je ne suis qu’un ouvrier, pauvre, certes, mais honnête.

— Mais où et quand nous sommes-nous déjà rencontrés ? insista l’artiste, très intrigué.

Marigny haussa les épaules.

— Je ne m’en souviens pas. Il est possible que nous nous soyons déjà vus quelque part ... Je m’appelle Michel Granet, pour vous servir.

Le peintre secoua la tête.

— Ce nom ne me rappelle rien.

— C’est étrange !... Si vous voulez, nous pourrions faire quelques pas dehors. Le temps est si beau qu’il serait malheureux de ne pas en profiter.

— Bien volontiers ! Acquiesça le peintre.

Ils sortirent donc de l’auberge et se dirigèrent vers les champs qui s’étendaient à leur droite. Robert était perplexe ; le regard de cet homme avait quelque chose d’inquiétant et, en dépit de tous ses efforts pour savoir où il avait bien pu le rencontrer, il ne parvenait pas à s’en souvenir.

— Il me semble que vous vous intéressez beaucoup à la maîtresse de Jean, fit l’assassin à brûle-pourpoint.

— Ce garçon qui a parlé tout à l’heure ne sait pas ce qu’il dit, et il mériterait une leçon !

— Si vous persistez dans cette opinion, je crains fort que vous ne soyez obligé de donner quarante à cinquante leçons par jour ! affirma Marigny.

Le peintre s’arrêta et le regarda, douloureusement surpris.

— Vous croyez donc que tout le monde est de cet avis ?

— C’est je crois, l’opinion générale. Ce ne sont plus des soupçons qu’il y a contre elle, maintenant, ce sont de véritables preuves. Il faut être de parti pris pour ne pas l’admettre !

— Mais non ! Ce ne sont toujours que des soupçons !

— Excusez-moi de vous dire les choses brutalement ; je comprends qu’elle vous plaise beaucoup ; évidemment c’est une belle fille !

— Il ne s’agit pas de cela ! Tout ce que je sais, c’est qu’il n’y a pas plus honnête qu’elle !

Marigny fit un geste qui marquait le doute.

— La connaîtriez-vous donc ? demanda Montpellier, irrité de la hargne de son compagnon occasionnel.

— Depuis fort longtemps, Monsieur. Et maintenant mieux que vous !

Le peintre le regarda, surpris et gêné tout à la fois. L’autre continua.

— Je l’ai connue au temps où elle vivait avec son père, avant que toutes ces histoires n’arrivent. Ensuite, quand monsieur Labeille est par parti pour l’Amérique, j’ai continué à la considérer comme une amie, pendant un certain temps. Mais plus tard, j’ai dû mettre fin à cette amitié.

— Et pourquoi ? demanda le peintre sans rien soupçonner.

— Que voulez-vous ? C’était une fille dangereuse, très dangereuse ... Si vous vous intéressez à elle, je vous conseille d’être prudent ... Remarquez bien qu’en ce moment, vous n’avez rien à craindre ; elle ne peut nuire, puisqu’elle est en prison !

— Quelle injustice ! Je réponds de l’honnêteté de cette femme ! Quant à vous, je vous interdis de la juger.

— Je me rends compte que vous êtes encore plus aveugle que je ne le pensais !

— Vous prétendez la connaître et vous osez la condamner ! Ce n’est pas possible ! Si cela était vrai, vous n’en parleriez pas ainsi !

— Voulez-vous insinuer que je mens ! grogna Jean.

— Oui, Monsieur ! Répondit Robert qui, très énervé, ne savait plus trop ce qu’il disait.

— Je ne peux tolérer ces paroles !

— Et moi, je ne peux tolérer que l’on offense ainsi cette malheureuse. Si, comme vous le dites, vous connaissez son histoire, vous devez savoir qu’elle a été victime d’un misérable qui, usant d’un pouvoir hypnotique annihilait sa volonté.

A ces paroles, Jean se mit à rire. Puis, se tournant vers le peintre, il rétorqua :

— Mensonges que tout cela ! Rien n’est vrai dans cette fable !

Le misérable s’attendait à une réaction violente de la part de Robert. Il était prêt à bondir sur lui et à le frapper avec le couteau qu’il tenait en main, cette main enfouie dans sa poche ... Quelle ne fut pas sa surprise de recevoir un coup magistral qui lui fit perdre l’équilibre avant qu’il put bouger !

Il se releva aussitôt et, jetant une imprécation vulgaire il menaça le peintre de son couteau. Alors, enfin, Robert reconnut l’homme qu’il avait vu entrer dans la maison de Valérie, le matin où il avait fait sa connaissance. En d’autres termes, il avait reconnut Jean Marigny !

Celui-ci s’élança l’arme au poing. Mais Robert l’attendait sans bouger et, devançant le coup, il lui attrapa le poignet et le tordit si bien que la lame tomba à terre. A peine dépouillé de son arme, Jean reçut un autre coup en pleine figure. Il vacilla. Pourtant, se reprenant immédiatement, il repartit à l’attaque, ainsi d’une rage nouvelle.

Une lutte brève s’ensuivit ... Robert réussit à prendre le dessus sur son adversaire et lui asséna un formidable coup de poing qui, cette fois, le mit définitivement hors de combat. Jean Marigny tombé à terre, le peintre l’immobilisa rapidement.

— Je t’ai reconnu, assassin ! Et, maintenant, tu vas payer tes crimes !

Jean le regarda, les yeux exorbités ; il comprenait qu’il était vaincu.

— Oui, je te connais, reprit Robert. Tu n’es autre que Jean Marigny, l’assassin de la danseuse. Je vais, de ce pas, te livrer à la police !

Tout en parlant, Robert avait enlevé sa ceinture avec laquelle il avait lié les poignets de Jean. Ainsi « ficelé » le criminel était inoffensif. Robert dut même l’aider à se relever.

— Allons, marche, ordonna le peintre.

— Vous faites erreur ! Tenta de bredouiller le prisonnier. Je ne suis pas celui dont vous venez de parler !

— Alors, tant mieux pour toi ! Tu n’as rien à craindre !

— C’est ma perte que vous voulez ?

— Ton arrestation signifie la liberté pour Valérie ! Cela suffit pour que tu comprennes !

Soudain, Robert s’arrêta ; une idée lumineuse venait de traverser son esprit.

— Tu as un moyen de te sortir de là, déclara-t-il.

— Lequel ? demanda l’autre, méfiant.

— Ecrire une lettre au juge et te déclarer coupable.

— Ce n’est pas une solution !

— Une lettre te déclarant coupable, non seulement de l’assassinat mais aussi d’avoir hypnotisé Valérie, de l’avoir soumise à sa volonté.

— Valérie m’aime ! Ce que vous dites n’est pas vrai ! tenta de protester le fourbe.

— Une femme pareille ne peut avoir aimé librement un être comme toi ! Ecris cette lettre et n’oublie pas de dire qu’elle est innocente au sujet des bijoux ... Une fois écrits, je mettrai cette déclaration à la poste et je te rendrai la liberté.

— Je ne ferai jamais cela !

— Dans ce cas je te livre aux premiers gendarmes que nous rencontrerons.

— Mais vous, qu’avez-vous à voir avec Valérie ? demanda Jean.

— Cela ne te regarde pas ! Je connais toute votre histoire et je sais de quel moyen tu t’es servi pour la déshonorer, pour lui dérober ce qu’elle possédait ... Je veux te faire payer le mal immense que tu lui as fait !

— Si vous me livrer aux policiers, je la perdrai en l’accusant ! menaça l’assassin, décidé à tenir tête à Robert.

— Non, car tu vas écrire la lettre.

— Vous ne parlez pas sérieusement ?

— En échange, je t’offre la liberté, c’est-à-dire que je suis disposé à te laisser filer, sans dire à personne que je t’ai vu ... Ensuite, à toi de te débrouiller pour échapper à la police.

Jean se rendit compte que toute résistance était inutile.

— C’est d’accord ... Je vais écrire la lettre !

Mais en lui-même il pensait : « Pour me permettre d’écrire il faudra bien qu’il me délie et alors, là, gare à lui ! »

Robert le poussait devant lui en direction de l’auberge. Peu de temps après, les deux hommes étaient en vue du bâtiment. Robert délia alors son prisonnier et lui recommanda :

— Fais bien attention à tes gestes ! Au moindre mouvement louche, gare à toi !

— Soyez tranquille ! Qu’est-ce que je peux faire contre vous, maintenant ?

Ils entrèrent et s’installèrent à une table.

— Qu’est-ce que ces messieurs prendront ? demanda le garçon.

— Apportez-nous du vin et de quoi écrire …

 

( A SUIVRE LE 19 SEPTEMBRE )

 

 

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