MOINEAUX SANS NID N° 269
En voyant Edwige Ramier tomber sans connaissance dans les bras de René Tonnerre après la piqûre qu’il venait de lui faire, le docteur Mollet sourit, très satisfait.
— Parfait ! S’écria-t-il, maintenant elle ne pourra plus nous attirer d’ennuis. Posez-là sur ce divan.
— Vous êtes sûr qu’il ne lui arrivera aucun mal ? Murmura son ami d’une voix mal assurée, effrayé par l’intense pâleur du visage de l’infortunée Edwige.
— Ne dites pas de telles sottises, rené, et dépêchez-vous, répondit le médecin. Je lui ai seulement injecté un puissant somnifère, de façon à ce qu’elle nous laisse en paix pendant quelques heures pour que nous puissions la transporter facilement ailleurs.
René tonnerre déposa avec précaution son précieux fardeau sur le divan, puis se tourna vers le médecin.
— Ne croyez-vous pas que vous auriez pu laisser repartir cette malheureuse ? Dit-il hésitant.
— Décidément, vous ne comprenez rien à rien ! S’exclama le médecin avec mépris. J’ai besoin de cette femme pour une autre expérience et je suis certain que si je lui rendais la liberté, elle irait me dénoncer à la police.
Son ami baissa la tête à cette réponse. Il faillit protester, mais se domina, réalisant qu’il était, lui aussi, à la merci de cet homme redoutable.
En effet, le docteur Mollet n’ignorait rien de sa vie passée et il l’avait même sérieusement aidé autrefois. Il ne pouvait le payer par de l’ingratitude.
Certes, il ne se prêterait à aucun acte répréhensible, mais il se demandait jusqu’où son ami était capable d’aller en ce qui concernait l’infortunée Edwige.
En tout cas, il se jurait d’intervenir au cas où elle serait en danger de mort.
Sans se rendre bien compte du sentiment qui l’envahissait, il se sentait irrésistiblement attiré par cette femme et il désirait ardemment la protéger.
La voix impérieuse du docteur Mollet l’arracha brusquement à ses réflexions.
— Que voulez-vous ? Demanda-t-il.
— Approchez René ! Répondit tranquillement le médecin qui tenait dans sa main droite une seringue beaucoup plus grosse que la précédente.
René tonnerre sursauta et de petites gouttes de sueur perlèrent à son front.
Lentement, il se dirigea vers son démoniaque ami et le fixa d’un regard interrogateur.
— Avant que nous procédions au transport de cette femme, il faut que je lui fasse une nouvelle injection de mon sérum.
L’autre soupira de soulagement.
— vous désirez, sans doute, que je vous aide ? Lui demanda-t-il.
— Non ! Mon ami, je vous demande de me permettre de vous faire une petite prise de sang, répondit le plus naturellement du monde, le docteur Mollet. Retirez votre veste et remontez la manche droite de votre chemise.
Une seconde, René tonnerre ressentit une furieuse envie de demander des explications à ce curieux médecin, mais il parvint à se dominer. Après tout, ce qu’il exigeait n’était pas tellement grave et il était préférable qu’il se soumette !
Alors, il dénuda son bras.
Le docteur Mollet sut agir avec rapidité et précision.
— Ca y est ! S’exclama-t-il. Vous n’avez pas bronché, mon ami, mes compliments !
En proie à une grande angoisse, René tonnerre s’approcha du divan sur lequel reposait la malheureuse Edwige.
Bien que, toujours inerte et d’une pâleur mortelle, la jeune femme respirait faiblement, témoignant ainsi que la vie continuait en elle.
« Oui, Mollet doit être réellement fou ! Se disait en frissonnant René tonnerre. Si je m’étais imaginé une chose pareille, j’aurais évité de venir et de me trouver dans une situation aussi terrible !
« Mais alors cette malheureuse serait complètement à la merci de ce monstre !
Lorsque le docteur Mollet revint dans la pièce, il semblait très satisfait et presque joyeux.
Il s’approcha de René tonnerre et lui donna une petite tape amicale sur l’épaule en murmurant :
— Allons, mon cher, ne faites pas une tête pareille ! Que diable ! Nous n’allons pas à un enterrement, c’est « le Boiteux » qui dort profondément enfermé dans cette malle !
René Tonnerre fut stupéfait de la soudaine bonne humeur de l’inquiétant personnage. Il le fixa attentivement, puis il demanda :
— vous êtes certain que tout se passera comme vous le prétendez ?
— Comment ? Vous en doutez ? S’écria l’autre en haussant les épaules, agacé. (Brusquement, son visage s’assombrit, il fronça les sourcils, semblant réfléchir intensément et ajouta) : J’ai essayé de tout prévoir, mais évidemment, il faut faire la part des impondérables ... et un seul instant de distraction peut être fatal !
René Tonnerre frémit et se mordit les lèvres, essayant de dominer son inquiétude.
— Mais, bredouilla-t-il, ne m’avez pas dit que cet homme vivait ?
— C’est la vérité ! Affirma le médecin mais si, durant son transport, quelqu’un nous arrêtait et nous forçait à ouvrir la malle, il le croirait mort. Seul un médecin expérimenté se rendrait compte de son état de léthargie.
Il s’interrompit brusquement, le visage crispé, eut un ricanement sinistre et ajouta :
— Maintenant cessons de nous tourmenter, mon cher. Dans un instant, nous quitterons cette maison, nous chargerons la malle sur la voiture et nous partirons enfin pour Melun. Là, nous y serons tout à fait en sûreté et je pourrai poursuivre paisiblement mes expériences !
René tonnerre frissonna et l’angoisse de nouveau, lui serra la gorge, malgré tous ses efforts pour essayer de se dominer.
— Et quand comptez-vous relâcher votre prisonnière ? Demanda-t-il.
Son ami le dévisagea, étonné.
— Ma prisonnière ? Répéta-t-il. Ah ! Vous voulez parler de madame Ramier ? Allons ! Mon vieux, pourquoi employez-vous de si ridicules paroles ? Cette femme n’est pas du tout « ma prisonnière » bien que je sois forcé de la garder chez moi. Arrivé à Melun, elle pourra circuler librement dans la maison et dans le parc qui l’entoure.
— Et vous prétendez qu’elle n’est pas votre prisonnière ? S’exclama-t-il.
L’autre ne releva pas l’observation. Peut-être ne l’avait-il pas entendue il semblait de nouveau plongé dans de profondes réflexions.
— Il est presque trois heures. Dans un instant, la voiture sera ici, ajouta-t-il en ouvrant la fenêtre pour se pencher sur la rue. (Mais ne l’apercevant pas, il la referma sans bruit en murmurant furieux) : L’imbécile ! Pourtant je lui avais recommandé d’arriver à l’heure !
René Tonnerre s’était approché de lui.
— Vous voulez parler du chauffeur, n’est-ce pas ? Demanda-t-il.
— Oui, j’ai loué une voiture qui doit nous conduire à Melun, ayant bien recommandé qu’elle soit devant ma porte à trois heures du matin très exactement !
Son ami consulta l’heure à sa montre.
— Mais il n’est que trois heures moins dix ! Lui fait-il observer.
— Je le sais ! Cela n’empêche pas qu’il n’aurait rien perdu, au contraire, en venant à l’avance, répliqua le médecin avec brusquerie.
René Tonnerre réalisa que le docteur Mollet ne pouvait plus dominer l’extrême nervosité qui l’agitait et que le calme dont il avait fait preuve n’était qu’apparent.
« Décidément, cet homme est bel et bien fou ! » se dit-il.
— Allons nous assurer que tout se passe normalement ! S’écria soudain son ami, trépignant d’impatience.
— Voyons, calmez-vous, lui dit avec douceur René tonnerre. Ne venez-vous pas de me confier, il y a un instant, que votre patient ainsi que cette femme dormaient profondément et ne pourraient donc nous attirer aucun ennui ?
— Je vous l’ai dit, en effet, mais vous parlez sans beaucoup réfléchir, mon cher. Si je suis anxieux, c’est que je veux quitter cette maison sans être vu des locataires de l’immeuble. Je vous ai également confié, n’est-ce pas, que madame Ramier a ici son ami qui est un des pensionnaires de madame Bonnet !
— Songez un instant à ce qui se passerait si quelqu’un nous apercevait la transportant sans connaissance dans nos bras, alors qu’on l’a cherche vainement partout !
René tonnerre sursauta à ces paroles.
René tonnerre ne put cacher sa stupéfaction.
— Ainsi, madame Ramier est séquestrée chez vous depuis quelques jours ? S’exclama-t-il alarmé.
— Oui, reconnut la docteur Mollet avec indifférence, elle est ici depuis une bonne semaine, je crois. D’ailleurs, ça n’a aucune importance, ce qui compte, c’est que nul ne la voie sortir lorsque nous la descendrons.
Il se précipita de nouveau à la fenêtre et arracha le double rideau.
— Là ! S’exclama-t-il avec un large sourire de satisfaction, cette étoffe nous servira à la dissimuler entièrement, c’est absolument indispensable !
— Mais, protesta René, que pensera le chauffeur de la voiture, car même entièrement enveloppée dans ce rideau, il verra bien que nous transportons un être humain et ...
— Cessez de compliquer les choses, René ! Répliqua le médecin furieux. J’ai eu soin de choisir quelqu’un de sûr et de discret. Comment pouvez-vous continuer à poser ces stupides questions ? Et puis je l’ai payé très cher pour qu’il se taise.
— Toutefois ... insista encore son ami, inquiet.
— Ca suffit ! Hurla l’autre en se plantant devant lui, dardant sur lui ses diaboliques et transparentes prunelles. Que signifient toutes ces remarques que vous me faites sciemment ? Est-ce ainsi que vous voulez m’aider ? D’ailleurs, si ce chauffeur me faisait la moindre objection, je saurais lui répondre !
— Après tout, cette femme est vivante ! Maintenant, cessons ces bavardages inutiles. Quelle heure est-il ?
— Trois heures cinq, répondit René tonnerre, la gorge sèche, ayant la sensation étrange de vivre hors de la réalité.
— Et ce crétin qui n’est pas encore là ! Bougonna le docteur Mollet en se précipitant à la fenêtre qu’il ouvrit, scrutant l’obscurité de la rue et poussa, soudain, une exclamation joyeuse : le voilà ! Il arrive ! La voiture vient de stopper devant le porche de la maison.
René Tonnerre essaya, une fois de plus, de se dominer luttant contre une envie folle de se jeter sur ce monstre et de le basculer par la fenêtre. Mais lorsque le médecin se tourna vers lui, il s’était ressaisi et lui souriait l’air désinvolte.
— Alors, en route ! S’écria-t-il, désirant que tout fut achevé le plus vite possible, impatient de rouler en direction de Melun.
Le docteur Mollet sembla hésiter, comme si une inquiétude subite l’envahissait ; le visage crispé, les sourcils froncés, les yeux baissés, il semblait réfléchir intensément. Puis son visage s’éclaira. Il sortit une clé de la poche de sa veste et la tendit à son ami.
— Tenez, René, murmura-t-il, allez ouvrir la porte. Ainsi nous n’aurons pas besoin de sonner la concierge. Surtout ne faites pas de bruit afin de ne réveiller personne.
René tonnerre saisit la clé et fixa le médecin perplexe.
— Et une fois en bas, me faudra-t-il vous attendre ? Demanda-t-il étourdiment.
— Ne recommencez pas à dire des idioties ! Bougonna le docteur Mollet avec colère. Au contraire, il vous faudra vous dépêcher de me rejoindre avec le chauffeur. Il vous aidera à descendre la malle contenant « le Boiteux ». Pendant ce temps, je surveillerai Edwige au cas où elle se réveillerait.
— Mais ... ne m’avez-vous pas dit que vous lui avez injecté une forte dose de somnifère et que ...
— Oui ! Oui ! Fit le docteur Mollet avec agacement, mais il existe des réactions imprévisibles et certaines personnes résistent anormalement aux narcotiques. Cette probabilité est sûrement inexistante, mais je ne dois pas la négliger. Si je laissais cette femme seule, même quelques secondes, elle pourrait en profiter si elle se réveillait pour hurler de toutes ses forces et demander du secours.
— Maintenant René, dépêchez-vous ! Vous pouvez constater que j’ai tout prévu car je ne puis me permettre d’être surpris par un événement imprévisible. Evidemment, si le sort m’est contraire, il me faudra bien me résigner, mais je n’aurai aucune négligence à me reprocher !
Il ricana si étrangement que son ami frissonna.
— Allez vite ! Répéta le docteur Mollet.
Son ami se ressaisit et se dirigea vivement vers la porte de l’appartement qu’il ouvrit et descendit silencieusement l’escalier.
Un instant après, il glissait une clé dans la serrure du porche et poussait le lourd battant. Tout de suite, il aperçut le chauffeur assis au volant de la voiture.
Il lui fit signe.
— Vous avez besoin de moi ?
René tonnerre lui expliqua ce qu’il attendait de lui.
Ce dernier l’accompagna jusqu’à l’appartement du médecin où se dernier les guettait sur le seuil de la porte.
— Vite ! Dit-il à voix basse, commencez à descendre cette malle avec de grandes précautions, car elle contient des objets très fragiles.
Ces paroles s’adressaient surtout au chauffeur.
L’homme prit une des poignées et murmura à rené qui avait saisi celle opposée :
— Diable ! Que contient-elle ? Des pierres ?
— Non, des instruments de chirurgie !
Les deux hommes transportèrent la malle sur la palier et commencèrent à descendre péniblement l’escalier.
René tonnerre tremblait de frayeur, et se contenait difficilement pour ne pas adresser des remarques désobligeantes au chauffeur qui heurtait la malle avec rudesse contre les marches.
Il sentait une sueur glacée lui mouiller le dos en se représentant ce qui arriverait si ce lourd fardeau leur échappait et s’ouvrait.
Lorsqu’ils atteignirent le premier étage, alors que le docteur Mollet surveillait cette opération penché à la rampe, le chauffeur s’arrêta et s’assit sur le coffre, essuyant la sueur qui lui baignait le visage.
— Sacrebleu ! Ce qu’elle est lourde ! S’exclama-t-il.
— dépêchons-nous ! Lui dit nerveusement rené, encore un petit effort !
— Je crains que cette sacrée malle ne soit trop lourde pour les ressorts de ma voiture, observa soudain le chauffeur. Le docteur Mollet m’avait bien parlé d’une malle, mais ne m’avait pas indiqué son poids !
Le médecin inquiet de cette halte, était descendu. Il entendit ces paroles. Il posa une main nerveuse sur le bras du chauffeur et lui disant à voix basse :
— Cessez de faire des réflexions, et dépêchez-vous. Quelqu’un pourrait passer et nous voir !
L’autre le dévisagea stupéfait.
— Et qu’est-ce que ça peut faire si quelqu’un nous voyait ? Répliqua-t-il. D’ailleurs, je ne pense pas que ce coffre puisse entrer dans ma voiture, et ...
Un petit rire sarcastique du docteur Mollet lui coupa la parole.
— Mon ami, fit ce dernier sur un ton n’admettant aucune réplique mais d’une voix étrangement douce et persuasive, je ne pense pas que vous ayez oublié la somme assez conséquence, que je vous ai versée pour ce transport, n’est-ce pas ?
— Non ! Non ! Docteur, s’empressa de répondre le chauffeur mais je ...
— Ca suffit ! Trancha le médecin (Puis se tournant vers son ami il ajouta) : Faites vite, René, je suis très pressé d’arriver à Melun.
Il les quitta en adressant un sourire glacial au chauffeur.
— Vite ! Souffla René en se baissant pour soulever la malle.
Le chauffeur obéit sans protester. Ensemble, ils descendirent le dernier étage et atteignirent le porche de la maison.
Là, une autre complication les attendait ; la malle ne passait pas. Il fallait ouvrir les deux battants de la porte.
Le docteur Mollet les rejoignit précipitamment et jura en constatant cette nouvelle difficulté. Il commença à tirer doucement les deux lourds battants avec précaution pour ne pas les faire grincer et y réussissait à merveille, mais sa nervosité le trahit, car voulant aller plus vite, il tira trop fort, ce qui occasionna un bruit qui leur parut terrible dans le silence de la nuit.
— Damnation ! Grogna le médecin. Maintenant, je suis sûr que la concierge nous a entendus et ne vas pas tarder à arriver !
En effet, alors qu’ils transportaient la malle sur le trottoir, la porte vitrée de la loge s’entr’ouvrit, et le visage effrayé de la concierge apparut.
— Que se passe-t-il ? S’écria-t-elle, en apercevant les trois hommes.
Le docteur Mollet courut vers elle, souriant.
— Ne vous tracassez pas, Madame, expliqua-t-il avec un calme extraordinaire, c’est moi ! Je sortais mes bagages et j’ai voulu éviter de vous déranger à une heure pareille, mais comme malheureusement, je n’y ai pas réussi, veuillez accepter ceci, acheva-t-il en lui glissant un billet de cent francs dans la main.
La concierge en fut tellement abasourdie qu’elle ne put tout d’abord prononcer un seul mot. Se dominant, elle s’empressa de dire :
— Merci beaucoup, docteur. Vous êtes trop bon. Ne vous occupez pas de la porte, je la fermerai lorsque vous aurez terminé.
Le docteur Mollet ne lui répondit même pas et aida les deux hommes à transporter la malle jusqu’à la voiture.
Unissant leurs efforts, ils réussirent à la placer sur le toit surmonté d’une solide galerie de fer. Des grosses cordes l’amarrèrent pour l’empêcher de basculer.
— Ca y est ! Soupira avec soulagement le chauffeur.
— Vous voyez bien que tout a bien marché ! Fit observer le docteur Mollet, l’air satisfait. Maintenant, remontons pour aller chercher une dame.
— Une dame ? Répéta le chauffeur étonné.
— Oui ! Il n’y a rien d’étonnant à cela ? Je vous avis prévenu que je ne serais pas seul.
Le médecin tourna brusquement le dos et commença à monter l’escalier.
Les deux autres l’imitèrent silencieusement, tandis que la concierge les suivait des yeux, se disant que vraiment le médecin était un très brave homme.
Naturellement, elle n’avait pas entendu les derniers mots qu’il avait prononcés. Elle attendit que les hommes eussent achevé le transport de leurs bagages pour refermer la porte.
Tout en grimpant les étages, le docteur Mollet réfléchissait très contrarié. Il se tourna vers son ami.
— quel ennui que cette bavarde de concierge se soit réveillée ! Glissa-t-il à son oreille. Voilà l’un des impondérables dont je vous avais parlé. Il nous sera difficile d’escamoter Edwige en passant devant sa loge !
— Mais ne vouliez-vous pas l’envelopper dans le rideau ?
— Le chauffeur verra bien, malgré cela qu’il s’agit d’un être humain, réfuta le docteur, inquiet, c’est trop risqué !
Ils pénétrèrent à l’intérieur de l’appartement. L’homme resta dans l’entrée, tandis que les deux autres passaient dans la chambre où Edwige dormait toujours profondément.
René Tonnerre la fixa, apitoyé.
— Quel contretemps ! Grogna le docteur Mollet. Je me demande quelle décision prendre !
Son ami intervint.
— Vous n’allez tout de même pas l’abandonner ici ?
— Ce ne serait pas une mauvaise idée, déclara lentement le curieux personnage. Si elle ne m’était pas si utile, je n’hésiterais pas à la sacrifier.
René Tonnerre soupira de soulagement.
Il n’avait pas à se tourmenter. Tant que son redoutable ami aurait besoin d’elle, Edwige ne serait exposée à aucun danger.
Mais après ? Oui, que se passerait-il après ?
Il se posa cette question en frissonnant.
( A SUIVRE LE 11 JUIN )