MOINEAUX SANS NID N° 261
L’inexplicable disparition d’Edwige ne
tourmentait pas seulement Marius qui était absolument désespéré, mais également madame Picquet à laquelle, il s’était adressé, espérant qu’elle lui apprendrait quelque chose sur son
amie.
Après la visite de Marius, « l’Araigne » avait procédé à des recherches auprès de quelques personnes et surtout auprès de celles ayant eu autrefois des rapports d’affaires avec elle.
Mais nul n’avait été capable de lui fournir le moindre renseignement pouvant la mettre sur la bonne voie.
Finalement, la vieille femme toujours aussi méfiante et d’esprit tortueux, s’imagina que d’accord avec Marius, Edwige lui jouait une comédie afin de se soustraire à l’engagement qu’elle avait signé.
« L’Araigne » finit par s’en persuader. Elle se jura de montrer à ce couple de chenapans qu’elle n’était pas femme à se laisser rouler de la sorte.
Néanmoins, le doute recommençait à la tourmenter par instants. Et si, réellement, Edwige avait disparu ? S’il lui était arrivé malheur ?
Madame Ramier s’était attiré plusieurs inimitiés à l’époque où elle mendiait au coin des rues.
En réfléchissant au passé d’Edwige, madame Picquet se demandait si elle n’avait pas été victime d’anciennes rancunes. La méchante femme tremblait, car elle songeait à la somme rondelette qu’elle perdrait si l’amie de Marius n’était pas retrouvée.
Comment sortir d’une telle incertitude, d’un tel doute ?
Ce jour-là, après son repas terminé, « l’Araigne » décida brusquement d’aller demander conseil à son vieil ami Paul Macaire.
« Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Se dit-elle en se frappant le front. Il est fort possible qu’il sache quelque chose, fouineur comme il est. En tout cas, son avis me sera certainement utile. Je vais y aller séance tenante »
Dès que Técla eut servi le café, « l’Araigne » la prévint :
— Je suis forcée de m’absenter. Si quelqu’un vient me demander vous direz que je serai de retour à cinq heures au plus tard.
Madame Picquet monta dans sa chambre et changea de toilette car depuis quelque temps, elle avait de grosses prétentions à l’élégance.
Elle sortit de chez elle et se dirigea rapidement vers la maison de Paul Macaire.
Fort heureusement, ce fut lui-même qui lui ouvrit. Il sourit, l’air très content en la reconnaissant.
— Vous chère madame Picquet ? Quel bon vent vous amène ? Je ne m’attendais pas à une si agréable visite ! S’exclama-t-il en la faisant entrer avec empressement dans on bureau poussiéreux.
— Asseyez-vous, je vous en prie. Je pense que tout doit aller fort bien pour vous si je m’en rapporte au vieux dicton « pas de nouvelles, bonnes nouvelles ! »
« L’Araigne » ne releva pas l’insinuation et se laissa tomber lourdement sur une chaise, face à Macaire qui venait de s’installer à sa table de travail couverte de vieux dossiers.
Elle attaqua aussitôt :
— Je suis venue vous demander si vous avez des nouvelles d’Edwige Ramier ?
L’usurier fronça les sourcils et regarda attentivement sa visiteuse.
— Pourquoi devrais-je avoir des nouvelles de cette femme ? Répliqua-t-il tranquillement. Depuis que vous avez pris cette affaire en mains, je me suis totalement désintéressé d’elle et de son ami.
— C’est précisément à cause d’elle que je viens vous trouver, mon cher, reprit en soupirant madame Picquet. Après avoir bien mené ma barque, voilà qu’elle est sur le point d’échouer ... Edwige Ramier a disparue !
Macaire leva sur elle des yeux étonnés.
— Disparue ? Répéta-t-il, que voulez-vous dire ?
— Il n’y a pas d’autre terme pour qualifier ce fait, qui me désole, expliqua « l’Araigne ».
Macaire se gratta le menton, tandis que ses petits yeux brillaient plus que de coutume.
— Vous dites que cette femme a disparu de la circulation reprit-il et que personne ne sait rien d’elle ?
— Exactement ! Affirma madame Picquet dont le visage exprimait la plus vive inquiétude.
L’usurier sourit.
— Et qu’en pensez-vous, madame Picquet ? Questionna-t-il en se penchant vers elle.
« L’Araigne » ne put réprimer un geste d’agacement.
— Je croyais que vous alliez me renseigner, déclara-t-elle déçue. Ne pardons pas notre mes en bavardages inutiles ; c’est votre opinion que je désire connaître, Macaire.
— Comment puis-je vous la donner n’étant au courant de rien ? Protesta vivement l’équivoque personnage. Il faut que vous soyez plus loquace si vous voulez que je vous dise ce que j’en pense. Pour commencer, comment avez-vous appris cette disparition.
— Par Marius lui-même, répondit madame Picquet. Figurez-vous qu’il est arrivé chez moi comme un fou, me suppliant de lui dire où se cachait Edwige.
— Il la croyait donc chez vous ?
— Je n’en sais rien, continua la vieille femme en hochant la tête, mais il était tellement hors de lui qu’il n’a même pas réalisé combien son intrusion était déplacée.
« L’Araigne » raconta avec force détails ce qui s’était passé chez elle la fameuse nuit où « le Boiteux » et Marius avaient pénétré par effraction dans son pavillon.
— Je comprends à présent ! Murmura Paul Macaire, songeur, lorsqu’elle eut achevée son récit. Ainsi, il est venu vous trouver afin que vous l’aidiez à découvrir la femme qu’il aime ?
— C’est cela même, cher ami, reconnut « l’Araigne » mais je n’arrive pas à m’expliquer la raison qui lui fait croire que je puisse être renseignée sur son amie.
— Vous pensez qu’ils sont d’accord et qu’ils vous jouent la comédie ?
— Oui, car si Edwige l’avait quitté — ce qui peut arriver à l’un comme à l’autre — je suis certaine qu’elle n’aurait pas disparu de cette façon sans laisser aucune trace, expliqua la mère Picquet. C’est cette disparition subite et totale qui me fait tiquer. Cette précipitation à venir m’en informer m’a semblé très louche !
— Vous avez bien fait signer une reconnaissance de dettes à Edwige Ramier ? Questionna Macaire.
« L’Araigne » le mit au courant de cette transaction. Au fur et à mesure qu’elle parlait le visage de l’usurier s’animait.
— Mes compliments ! S’exclama-t-il lorsqu’elle eut achevé, vous avez été très habile. Je ne sais si j’aurais conclu cette affaire en si peu de temps. Je comprends mieux vos soupçons et vos craintes à présent, mais il est encore un peu tôt pour les retenir comme valables.
— Alors vous ne croyez pas que ce couple joue la comédie ? S’enquit madame Picquet. J’avoue que je souhaite presque que vous ayez tort. Je serais très ennuyée qu’il fût arrivé malheur à Edwige Ramier, car dans un tel cas, je ne toucherais jamais la somme qu’elle a reconnu me devoir !
— N’allons pas si vite ! Fit remarquer Paul Macaire. Tout est possible. J’admets que cette femme et son ami aient pu élaborer un plan très habile pour vous tromper et leur permettre de se soustraire à leurs engagements. S’il en est ainsi, il vous faudra trouver le moyen de lui faire avouer cette fourberie.
— Je crois que ce sera très difficile soupira « l’Araigne ».
— Vous êtes venue me demander un conseil, n’est-ce pas ?
— Oui, mon ami, car vous seul en êtes capable, c’est pour cette raison que je vous ai mis au courant de l’incident. Je dois ajouter que j’ai procédé à des recherches personnelles, mais sans aucun résultat.
— Avez-vous essayé de faire parler Marius ? Pour le moment, c’est l’unique voie à suivre.
— Mais ... protesta « l’Araigne » en hochant la tête, si d’accord avec Edwige, il continue à me jouer la comédie, vous pensez bien qu’il continuera à mentir effrontément.
— A mon avis, je pense qu’en le questionnant avec insistance et habileté et en épluchant toutes ses réponses, il finira pas se trahir et à laisser entrevoir la vérité ! Déclara avec autorité Paul Macaire. Vous n’oublierez pas de lui préciser que, même se cachant longtemps encore Edwige ne parviendra jamais à se soustraire aux engagements qu’elle a contactés vis-à-vis de vous !
— Expliquez-lui tout cela très clairement, c’est j’en suis certain le seul moyen d’arriver au résultat que vous cherchez. Souvent les malfaiteurs les plus rusés ont des lacunes inimaginables et sont d’une naïveté déconcertante.
« L’Araigne » réfléchit intensément à ces paroles. Son visage s’éclaira et elle approuva l’usurier d’un signe de tête.
— Vous avez raison, Macaire ! S’écria-t-elle, je me sens à présent plus rassurée. Je suivrai votre conseil et si je découvre que ces deux fripons ont cherché à me rouler, ils me le payeront très cher !
— Alors, ne perdez plus une minute, chère madame Picquet, conclut-il et tenez-moi au courant du résultat de vos démarches. Nous verrons ensuite comment il faudra agir.
Après avoir échangé une solide poignée de mains, les deux complices se séparèrent.
Macaire regagna son antre poussiéreux e, se frottant les mains.
« C’est une chance que la mère Picquet ait été contrainte à me demander conseil ! Ah ! Ah ! Maintenant, je la tiens ! Je ne sais comment se terminera cette histoire, mais il faut que j’en tire un solide bénéfice ! »
En quittant la maison de Paul Macaire, « l’Araigne » prit un taxi pour arriver plus vite à la pension de madame Bonnet.
Quelques minutes plus tard, elle sonnait à a porte de cette dernière qui lui ouvrit et poussa une exclamation de joie en la reconnaissant.
— Madame Picquet ! Que je suis heureuse de vous voir ! C’est si gentil à vous de ...
— Je ne viens pas ici en visiteuse ! Dit sèchement la vieille femme, mais pour parler à monsieur Marius que je vous demande d’aller prévenir tout de suite.
— Marius ? Répéta « la Grosse », suffoquée de la dureté de ces paroles. Le pauvre ! Il est bien souffrant depuis que son amie à disparu si mystérieusement et sa peine fait mal à voir. De plus sa fracture le fait beaucoup souffrir.
— Sa fracture ? S’étonna madame Picquet, que voulez-vous dire ?
Madame Bonnet pâlit se reprochant d’avoir sans doute trop parlé et s’empressa alors de ne pas donner trop d’importance à la chose.
— Oui, figurez-vous que ce pauvre garçon a été victime d’un accident stupide ... il est tombé malencontreusement ...
« L’Araigne » ne désirant pas perdre son temps en bavardages inutiles interrompit « la Grosse » en s’écriant :
— Bon ! Cela me fait supposer qu’il est chez lui. Allez lui dire que je tiens à lui parler !
Madame Bonnet la fixa avec surprise, puis s’éloigna rapidement, la laissant seule dans la salle à manger.
La mère Picquet n’attendit pas longtemps. La propriétaire de la pension revint presque tout de suite, le sourire aux lèvres.
— Venez vite, monsieur Marius vous prie de monter.
Elle la conduisit jusqu’à la chambre de son pensionnaire et elle allait ouvrir la porte, lorsque « l’Araigne » lui saisit le poignet, l’arrêtant en disant d’une voix menaçante :
— Pas de curiosité déplacée surtout et n’écoutez pas à la porte ! ce serait d’ailleurs inutile !
— Oh ! S’indigna « la Grosse » ahurie, je ...
Madame Picquet ne l’écouta pas davantage, poussa le battant de la porte et pénétra dans la chambre.
Elle vit tout de suite Marius assis sur le lit et qui la regardait avec des yeux remplis d’anxiété et d’espoir.
— Avez-vous réussi à avoir des nouvelles d’Edwige, madame Picquet ? S’écria-t-il. Vite, parlez ! Je ne tiens plus en place !
« L’Araigne » songea que si cet homme jouait la comédie, il était un acteur incomparable. Elle s’approcha du lit, ne répondit pas et s’installa confortablement à son chevet.
— Alors ? Insista Marius avec impatience.
— Prenez garde, monsieur Marius, répondit madame Picquet d’une voix glaciale, je vous conseille vivement d’abandonner une telle attitude car elle vous coûtera très cher à tous les deux ! Sachez que la reconnaissance de dette signée par Edwige ne perdra rien de sa valeur, même dans des années.
— Que ... que voulez-vous dire ? Bredouilla Marius ahuri. Vous n’êtes pas venue me donner des nouvelles d’Edwige ?
— Je suis ici pour vous prévenir que vos manœuvres ne m’impressionnent guerre, répliqua « l’Araigne » avec mépris, et qu’il vaut mieux que votre amie réapparaisse le plus vite possible, car si elle n’effectue pas les versements convenus entre nous, je n’hésiterai pas à vous réclamer les intérêts !
Marius la dévisageait de plus en plus stupéfait.
Croyant qu’il continuait à jouer la comédie « l’Araigne » se leva furieuse.
— Vous voilà prévenu ! Ne cherchez donc pas à aggraver les choses. Vous me connaissez et vous savez que je ne suis pas femme à me laisser berner longtemps !
— Mais je ... essaya de protester marius.
— Taisez-vous ! Répliqua-t-elle menaçante, et sachez qu’au moment voulu, je saurai faire valoir mes droits et cela sans avoir besoin de recourir à la justice ... Cessez, une fois pour toute de vous moquer de moi, si vous ne voulez pas me forcer à agir !
Marius frissonna, commençant à comprendre la signification de ces menaces. Il savait que cette terrible femme pouvait contacter de louches individus capables de tout.
— Madame Picquet, s’empressa-t-il de s’écrier d’une voix mal assurée, je vous jure que vous vous trompez et que ma pauvre Edwige à vraiment disparue. Regardez-moi bien et comprenez que je ne dissimule pas ma pensée. Je suis désespéré et je ne sais que penser, acheva-t-il tandis que de grosses larmes roulaient sur ses joues creusées par la souffrance et l’angoisse.
« L’Araigne » fut stupéfaite.
Durant quelques secondes, ils se dévisagèrent en silence. La vieille femme était encore méfiante et Marius malgré tous ses efforts, n’arrivait plus à retenir ses sanglots.
La mère Picquet haussa les épaules, consternée qu’un homme de cette trempe soit tombé dans un tel état de prostration et de faiblesse ... Non, il ne lui jouait pas la comédie ! Sa douleur était trop évidente ! Maintenant, « l’Araigne » admettait que Marius disait la vérité et que son amie avait réellement disparue ! Cela, d’ailleurs, allait étrangement compliquer la situation. Si Edwige était morte, il lui faudrait dire un adieu définitif aux grands projets qu’elle formait à son sujet et renoncer aux six cent mille francs qu’elle devait lui payer.
Brusquement angoissée et très énervée, elle questionna Marius en le dévisageant avec la plus grande attention.
— En admettant que je donne foi à vos paroles, que pensez-vous qu’il soit arrivé à Edwige ?
L’infortuné Marius hocha tristement la tête.
— Je n’en sais rien, madame Picquet et je ne parviens même pas à l’imaginer, répondit-il avec un accent de sincérité tel que la vieille femme fut convaincue de sa franchise. Vous ne pouvez savoir combien de fois je me pose cette même question ! Je suis si désespéré que je n’ai même plus la force de quitter mon lit. Dès que je pose un pied à terre, je suis pris de vertige !
— Je vous en supplie, aidez-moi, madame Picquet, ajouta-t-il en levant sur elle des yeux remplis de larmes. Je sais que vous êtes puissante et que vous connaissez des gens capables de vous fournir certains renseignements ... Faites rechercher ma pauvre Edwige ! Je suis à bout ! à bout !
Le désespoir du pauvre homme ne toucha nullement le cœur de pierre de « l’Araigne », mais elle y vit la confirmation de la disparition de son amie.
— Calmez-vous, répondit-elle, et cessez de vous énerver ainsi puisque vous êtes incapable d’efforts pour le moment. De mon côté, je vais voir comment agir pour savoir où se trouve Edwige.
— Cependant, ne vous illusionnez pas trop, mes recherches me prendront beaucoup de temps. A mon avis, il n’existe que deux hypothèses possibles ; ou elle est morte, ou elle est séquestrée et alors elle sera libérée un de ces quatre matins !
— Non ! Non ! Edwige ne peut pas être morte ! Hurla Marius en posant un regard épouvanté sur madame Picquet.
— Pensez ce que vous voudrez, répliqua-t-elle avec indifférence. Je m’en vais pour commencer mon enquête. Quant à vous, soignez-vous. Vous en avez besoin aussi bien physiquement que moralement !
Elle quitta la chambre laissant le pauvre Marius en proie au plus grand découragement.
« L’Araigne » prit la direction de sa maison.
« Mes soupçons étaient faux, songeait-elle en marchant, et Marius disait la vérité. Edwige a disparue soudainement. J’ai beau me creuser la tête, je n’en peux comprendre la raison. Jamais je n’aurais supposé qu’elle ait des ennemis la haïssant au point de la faire disparaître.
« S’agit-il d’une vengeance ? Est-elle séquestrée ?
« Mais par qui et pourquoi ?
« Je crains bien que nous ne puissions le savoir avant longtemps. Au moment de cette disparition, elle se rendait chez moi et il faisait grand jour !... A moins qu’elle n’ait trouvé ce prétexte pour quitter son amant !
« J’en ai mal à la tête. Il faut que je cesse d’y penser ! Et puis qui sait, Edwige peut réapparaître d’un instant à l’autre.
« Si cela ne se produit pas, je trouverai bien quelqu’un qui se chargera de faire des recherches. Il me faudra dépenser de l’argent, car on n’a rien pour rien, mais je tiens surtout à ne pas perdre mes six cent mille francs !
Cette dernière conclusion finit par la calmer. Peu après, une autre préoccupation se présenta à son esprit :
« Mireille ! Oui, Mireille qui s’était sauvée de l’hôpital et se jouait d’elle une fois de plus !
Cette pensée l’exaspérait !
« Maudite gamine ! S’écria-t-elle en poussant la grille de son pavillon, je finirai bien par te dénicher et je te jure que je saurai te faire passer l’envie de recommencer tes fugues ! Mais ... attention ! Le juge m’a interdit de la maltraiter ... Je verrai comment m’y prendre. En tout cas, je ne la laisserai plus seule une seconde. Et gare aussi à cet infernal Pierrot !
« Je commence à en avoir assez d’être la risée de ces deux enfants et il faut que je leur donne une bonne leçon !
En pénétrant chez elle, « l’Araigne » demanda à Técla accourue à sa rencontre, si quelqu’un était venu la demander durant son absence.
— Non ! Madame, répondit la domestique.
— Bon ! Murmura « l’Araigne » je vais en profiter pour mettre mes comptes à jour.
Assise devant le joli secrétaire ayant appartenu à Valérie Labeille, la vieille femme vérifia de longues colonnes de chiffres inscrits sur de gros registres noirs.
Malgré tous ses soucis, madame Picquet ne négligeait pas ses affaires.
( A SUIVRE LE 18 MAI )
