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LA MOITIE DES COMMUNES EN FRANCE.....

16 Mai 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

LA MOITIE DES COMMUNES DE FRANCE

POURRAIENT BRULER SANS ETRE DÉFENDUES

 

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Si l'on en excepte Paris, la France est peut-être un des grands pays du monde où la lutte contre l'incendie est le moindre bien organisée.

Plus des trois quarts de nos communes ignorent à peu près ce qu'est un service de pompe et ne possèdent pas de corps de pompiers. Il est vrai que les frais de cette organisation incombent aux communes qui doivent s'engager pour une période de cinq ans et à subvenir ; mais ne trouvent-elles pas des concours généreux autour d'elles ? Une pompe est d'ordinaire un petit cadeau électoral et lorsque l'on possède cet accessoire indispensable de tout service d'incendie, on a vite fait de grimper autour de lui les bras qu'il faut pour la manœuvrer.

Il est vrai qu'il ne suffit pas d'avoir une pompe et même des pompiers pour se défendre utilement contre le feu qui est un des grands fléaux des campagne aussi bien que des villes. Pour qu'une pompe serve il faut de l'eau.

Combien de municipalités ne se soucient pas de pour de s'endetter, d'amener dans les centres habités de leur territoire l'eau en abondance ?

Chaque jour les faits divers des journaux nous apprennent qu'une ferme ou même un hameau entier à été détruit complètement par le feu, parce que les secours n'ont pu être organisés faute d'eau en suffisance. Le rôle des pompiers se borne, alors à isoler à la hache les maisons voisines du foyer de l'incendie que celui-ci met en danger.

Nos paysans chaque année, perdent de ce chef bon nombre de récoltes et de bâtiments d'exploitations, dont la valeur n'est pas toujours garantie par une assurance.

Ainsi avant tout, il faut de l'eau partout, et si nous ne parlions pas, uniquement, de la question du feu, nous pourrions énumérer tous les énormes avantages que l'eau apporte avec elle dans un village.

N'est-il pas risible de voir des pompes inutiles sortir pour la seule revue du 14 juillet, parce que la commune qui les possède n'a que des citernes où de rares puits pour les alimenter. Récoltes, bestiaux et même les propriétaires de ceux-ci peuvent griller consciencieusement dans leurs fermes s'ils attendent le salut de ce côté.

Ne serions-nous donc pas plus avancés qu'il y a deux siècles ? Alors les fonctionnaires de toutes espèces étaient tenus, sous peine de fortes amendes 50 livres à tenir à la disposition des sauveteurs, des seaux, des crocs, des cordes et des échelles. Les maçons les couvreurs, les charpentiers au son du tocsin étaient tenus d'accourir sur le lieu du sinistre pour se mettre aux ordres des magistrats municipaux ou de la police. S'ils n'obéissaient pas à la réquisition de ceux-ci, ils étaient frappés d'une amende de 300 livres et leur maîtrise leur était retirée.

On voit quelles mesures étaient prises jadis contre le feu.

Au XXe siècle que faisons-nous ?

Peu de chose dans les grandes villes. Rien du tout dans les petits pays.

Combien de communes pourraient cependant s'offrir eau, pompe et pompiers !

Une pompe à bras, petit modèle, coûte un millier de francs. Quant à l'uniforme des sapeurs-pompiers volontaires, il se réduit, dans les centres de moins de 5000 habitants au casque et à la tunique. La pompe nous l'avons dit, est bien souvent un cadeau de quelque généreux particulier ou candidat à la députation, pour le reste, il suffit d'un peu de dévouement et cela ne manque pas parmi les braves gens de nos campagnes. Ils ont seulement besoin d'être stimulés, organisés, soutenus. Là est le rôle de la municipalité.

Paris possède certainement une organisation modèle en ce qui regarde les services d'incendie. Nous ne dirons rien aujourd'hui de l'entraînement et du courage de son admirable corps de sapeurs-pompiers ; nous parlerons seulement du matériel adopté.

Ce matériel a subi depuis trente ans de constantes transformations.

Lorsqu'en 1882 on utilisa les premières pompes à vapeur à traction animale, on réalisait déjà, semblait-il un véritable progrès l'Amérique et l'Angleterre s'en servaient déjà depuis plus de vingt ans déjà.

Mais à l'industrie automobile était réservé l'honneur de transformer le matériel des pompiers parisien d'une façon tout à fait inattendue.

En 1890 on construisit les premières pompes à traction électrique qui figurèrent à l'Exposition de 1900. Puis cinq ans plus tard, un modèle de pompe à vapeur, automobile par la vapeur, et portant tout le personnel et le matériel nécessaire à l'attaque du feu, fut mis en service. Cette pompe d'une force de 35 chevaux, parcourt 30 kilomètres à l'heure, débite 1800 litres à la minute et porte 12 hommes. Elle est utilisé pour les feux importants. Un seul inconvénient est malgré l'entretien constant de l'eau de la chaudière à une température élevée de demander quatre minutes pour la mise sous pression nécessaire au départ.

La dernière création du service technique parisien semble avoir réalisé le maximum de progrès. Elle date de 1906. c'est un fourgon d'une puissance de 50-60 chevaux, capable de gravir des pentes les plus escarpées. Il est actionné par un moteur à essence, qui sert également à faire mouvoir la pompe qu'il porte. Ce fourgon-pompe transporte 15 hommes et 720 mètres de tuyaux, trois petites échelles et tout le matériel indispensable ; il pèse 6200 kilos environ. Sa vitesse, en palier, dépasse 50 kilomètres à l'heure ; des rampes 13 à 14 % sont encore gravies à plus de 12 kilomètres à l'heure. La pompe est capable de fournir un débit de 1800 à 2000 litres à la minute.

Si nous insistons ainsi sur ce service automobile perfectionné c'est qu'il comporte une notable économie sur la traction animale et la traction à vapeur et permet la rapidité le plus grande au secours.

Ce sont de semblables fourgons que devraient posséder toutes les villes un peu importantes. Cela leur permettrait non seulement de maîtriser les feux urbains avec une très grande diligence, mais en outre de porter en quelques minutes une aide précieuse aux bonnes volontés de leurs environs. Et les populations des campagnes, ainsi aidées et protégées, mettraient un zèle plus vif se défendre contre le fléau.

A l'étranger on n'a pas attendu les dernières inventions pour organiser partout, avec soin des services d'incendie. En Amérique où les feux prennent souvent des proportions effrayantes, les pompiers possèdent un matériel extraordinaire. New-York dépense plus de douze millions par an pour l'entretien de celui-ci ; Chicago huit millions. Les Américains invente la « tour à eau » sorte de tube gigantesque a qui se pointe comme un canon contre les maisons en flammes et abat des murs entiers par la trombe d'eau qu'il vomit à plus de cent mètres.

L'Angleterre apporte également tous ses soins à cette question du feu, instruite par l'expérience de l'intérêt qu'il y a à prévenir le fléau.

Parmi les villes allemandes, enfin on peut citer Hambourg comme modèle pour la perfection de son matériel d'incendie et l'instruction pratique de ses pompiers.

Nous en saurions, nous Français, demeurer en arrière et paraître ignorer que nous possédons les moyens pratiques de protéger la propriété et de sauver tant de vies humaines, en montrant quelque prévoyance et aussi, et surtout, de l'initiative et de la persévérance dans l'action.

 

   

REVUE NOS LOISIRS DU 13 SEPTEMBRE 1908

 

 

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