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MOINEAUX SANS NID N° 1

26 Mars 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

1 - L'INNOCENCE ET L'AVARICE

 

La nuit tombait. Une bise glacée poussait au-dessus de la ville de gros nuages sombres, lourds de neige.

Une femme, habillée de noir de la tête aux pieds prit le quai de l’Aisne, à Pantin, traversa le pont qui domine le canal de l’Ourcq et, après avoir tourné dans la première ruelle à droite, s’arrêta devant un misérable taudis à la porte duquel elle frappa quelques coups.

Le battant s’ouvrit presque aussitôt, laissant voir le terrifiant visage de sorcière d’une vieille femme en haillons.

Tiens, madame Ramier ! Entrez donc.

— Bonjour, chère Madame ! Je crois que cette nuit nous sera favorable et sera une nuit de bon travail : en effet, il ne va pas tarder à neiger. Est-ce que la petite est prête ?

— Ne comptez pas sur elle ce soir, et surtout ne vous fâchez pas ! La boiteuse a dû suivre sa belle-mère, mais vous ne perdrez rien au change.

— Jamais de la vie ! J’ai l’habitude de travailler avec elle et je ne fais rien de bon avec les autres.

— Pas la peine de crier comme ça ! Vous verrez que vous ne le regretterez pas. J’ai tellement mieux pour vous !

— Voudriez-vous parler de Mireille ?

— Précisément !

— Avec elle ça rend toujours et on peut aller au bout du monde : ça marche à tous les coups !

— Quand je vous disais ! Seulement, vous paierez plus cher !

— Combien ?

— Je ne loue pas à moins de cinq cents francs ?

— Vous allez un peu fort !

— Elle les vaut, vous verrez : faites-moi confiance !

— C’est déjà dur de gagner cette somme en mendiant !

— Allons, madame Ramier, ne pleurnichez pas !

— C’est bon, c’est bon. On doit toujours se plier à votre volonté ! Où est donc cette petite ?

— Là, elle dort sur la boîte à croûtons. Vous la connaissez, il n’existe pas sa pareille, dans tout Paris, pour être aussi mignonne et attendrir le client ! Et vous savez que c’est la grande qualité pour mendier.

Cette lamentable scène se déroulait dans le coin le plus sordide que l’on pût imaginer : la resserre d’un brocanteur où s’entassaient pêle-mêle tous les rebuts d’une ville : antiques phonographes, meubles branlants, livres poussiéreux, et un tas d’objets des plus hétéroclites trouvés au hasard dans la rue ou crochetés dans les poubelles.

Mais ce métier de brocanteuse cachait un tout autre moyen d’existence, car la femme fournissait, en réalité, à tous les professionnels de la mendicité, l’attirail qui leur était nécessaire instruments de musique, béquilles et pilons, faux membres déformés, pour apitoyer le passant et même, acte criminel, jusqu’à des enfants dressés ignoblement à tendre la main.

Au milieu de ce bazar hétéroclite et disparate dont la noirceur, la laideur et aussi l’insolite avaient quelque chose d’effrayant, on pouvait apercevoir, allongée sur un pétrin branlant couvert d’une planche, une adorable petite fille d’une huitaine d’années au visage angélique. Ses magnifiques yeux bleu de ciel, brillants de larmes, fixaient une chatte, qui, couchée sur un lit de paille, léchait amoureusement sa portée.

L’enfant qui n’avait pas connu sa mère, et ignorait donc la douceur d’une caresse maternelle, se sentait émue et enviait ces petites bêtes choyées par celle qui leur avait donné le jour.

« Même les chats ont une maman et pas moi ! » pensait-elle douloureusement.

— Lève-toi, paresseuse ! cria la vieille en la secouant ; il est temps d’aller gagner son pain !

L’enfant essuya ses grands yeux si doux, tenta de se lever, mais sa ravissante tête blonde retomba sur le tas de chiffons sales qui lui servaient d’oreiller.

— Ne m’as-tu pas entendue, damnée gamine ? Veux-tu que je te corrige au fouet ?

La pauvre mignonne se souleva avec effort et s’assit sur la planche, ne parvenant pas à redresser sa tête ni à ouvrir tout à fait les yeux.

— J’ai si froid, balbutia-t-elle en frissonnant. J’ai mal… Je ne peux vraiment pas sortir aujourd’hui.

— Ah ! Tu es malade ! Pour manger ou pour dormir tu ne l’es jamais. Attends un peu ! Tu vas voir que je vais vite te guérir sans médecin ni médicaments !

Et, lui saisissant une oreille qu’elle tordit de ses doigts noueux, la mégère l’obligea à quitter sa planche.

L’infortunée fillette n’osait crier. Ses plaintes s’étouffaient dans sa gorge, tandis que de grosses larmes roulaient silencieusement le long de ses joues.

— Oui, oui, j’irai mendier, même au risque d’en mourir ! gémit-elle, ne pouvant plus supporter sa douleur.

— Tu vois comme j’ai bien su te guérir, fainéante ! s’exclama-t-elle en riant. Dépêche-toi à présent d’aller t’habiller pour accompagner cette dame.

Toute secouée par de silencieux sanglots, Mireille disparut dans le local contigu.

— Fait-elle partie de votre famille ? demanda la « dame ».

— Je n’ai pas de famille. Dieu merci, répondit la mégère ; cette petite m’a été remise dès sa naissance afin de la faire passer pour la fille d’une veuve ayant mis au monde un enfant mort-né.

— Je vois, il s’agissait d’une substitution.

— En effet, il était alors question d’un très gros héritage que devait toucher cette femme si le mari n’avait pas laissé de testament. Mais hélas ! les parents découvrirent le pot aux roses.

— Dommage pour la veuve et la petite !

— Et pour moi aussi, ajouta la vieille, car j’aurai palpé gros. Pour compenser cette perte, on m’a laissé la fille.

— Et les parents ?

— Qui les connaît ? Dès l’âge de trois mois, elle a commencé à gagner sa vie. Le premier qui la sortit fut ce bon à rien de « Larme à l’œil » qui raconte toujours avoir perdu sa femme et avoir été mis à la porte par son propriétaire.

— Je le connais, il sait travailler !

— Je comprends ! Il n’a pas son égal, ceci dit, sans vouloir vexer les présentes. Quand à la gosse, elle saurait faire pleurer des pierres.

Mireille revint, vêtue d’un tablier noir. Elle avait l’air d’un petit ange descendu pour souffrir sur terre.

La mendiante la prit par la main, tandis que la vieille lui criait :

— Tâche de bien te comporter et gare à toi si on se plaint.

— Ne la grondez pas, je suis sûre qu’elle sera très gentille, et qu’elle fera son devoir, la défendit la femme Ramier. N’est-ce pas, ma mignonne ? Et que tu ne me voleras pas ?

— Non, Madame, bien sûr.

— Si on te questionne, tu diras que tu es ma fille et que nous n’avons plus de maison ni même de quoi manger.

— Oui, Madame.

— Tu répètes toujours les mêmes choses : oui, non, c’est tout ce que tu sais dire ?

— J’ai mal. Je l’ai déjà dit tout à l’heure, gémit l’enfant.

— Ce n’est rien, ça passera.

Elles sortirent en cheminèrent côte à côte silencieusement. Mireille claquait des dents de froid, mais n’osait pas se plaindre.

— Nous voici arrivées, annonça madame Ramier, jetant un regard circulaire ; puis elle alla s’appuyer contre un mur très voisin de la bouche de métro.

Presque instantanément, son attitude changea : elle porta un mouchoir à ses yeux, laissant échapper une plainte capable d’attendrir le plus endurci des humains. La petite, qui, de son côté, connaissait admirablement son rôle, s’accrocha à sa jupe, en pleurant et en tremblant de froid. Mais cette nuit-là, elle ne jouait pas la comédie, car, malade et malheureuse, elle pleurait toutes les larmes de son corps, défoulant toutes les souffrances endurées au cours der ses années d’existence.

L’endroit ne pouvait être mieux choisi que cette sortie de métro pour demander l’aumône. La femme se limitait à tendre la main et tous les passants, apitoyés, s’arrêtaient pour placer leur obole, abaissant un regard d’immense compassion sur le visage sillonné de larmes et blême de froid.

Quelques-uns même, s’attardaient à caresser les cheveux d’or de la fillette et à questionner la… « mère »

En geignant et en larmoyant, elle récoltait des sommes incroyables, répétant l’histoire de son abandon et de sa misère.

Soudain la neige commença à tomber et la rue devint très vite entièrement blanche.

— Je n’en peux plus ! se plaignait la petite qui ne cessait de trembler.

— Reste encore, mignonne ! C’est une grande et bonne nuit pour nous !

— Je suis gelée, j’ai mal partout ! Ayez pitié ! Et vous avez déjà ramassé pas mal.

— Eh bien ! alors, va dans la rue et cours un peu te réchauffer ; mais attention ! Si on te donne de l’argent, apporte-le-moi !

L’enfant la quitta et, longeant le trottoir passa devant des boutiques bien éclairées ; cafés et pâtisseries où elle aurait tant voulu entrer pour se réconforter ! Mais ceci était refusé et elle continua à avancer sous la neige qui transperçait son petit corps endolori.

Une voix joyeuse résonna soudain à ses oreilles :

— Mireille !

Elle tourna la tête et aperçut Pierrot, dit Cent-Sous, son grand ami et compagnon d’infortune, qui, depuis plus de huit jours, s’était enfui de chez madame Picquet, dite « l’Araignée »

C’était un gamin d’une dizaine d’années, aux yeux vifs, pétillants d’intelligence, sous une tignasse noire et bouclée. Pour l’heure, affublé d’une veste d’homme qui lui tombait jusqu’aux mollets, il vendait des journaux.

— Que fais-tu donc par ici, Mireille ? questionna-t-il étonné.

— Je demande la charité, comme d’habitude, répondit l’enfant en s’essuyant le visage du dos de sa menotte rougie par le froid.

— Par ce temps ? Et tu es seule ?

— Non, je suis avec madame Ramier.

— Ah ! La Fouine, je la connais.

— C’est elle que j’accompagne ce soir. Oh ! Pierrot, j’ai si mal ! J’ai tellement froid ! Ils sont tous si durs !

— Ne pleure pas, sans ça je vais en faire autant. Tu sais comme je t’aime bien, ma Mireille.

— Et moi, Pierrot. Mais dis-moi donc pourquoi tu es parti si brusquement ?

— Pour ne pas frapper la vieille ! Pour ma part, je memoque des coups, mais je ne pouvais la voir te brutaliser. Tu me rappelles la pierre que je lui ai lancée, le jour où elle t’avait tordu l’oreille si méchamment ? Et puis, j’en avais assez de jouer le mendiant !

— Tu as eu raison, Pierrot.

— Pourquoi ne te sauverais-tu pas, toi aussi, Mireille ?

— Me sauver, répéta l’enfant avec frayeur. Mais elle me tuerait si elle me retrouvait.

— Tu crois ça. N’aie donc pas peur et viens avec moi. En vendant des journaux on gagne de quoi vivre. Laisse tomber cette vilaine sorcière perfide et avare.

Et, sans attendre de réponse, Pierrot lui saisit la main et l’entraîna avec lui tout en continuant à crier de toutes ses forces : France-Soir, Paris-Presse ! Toute dernière ! Sensationnelles déclarations sur le crime mystérieux de la rue Lakanal !

Pleurant et reniflant, Mireille se laissait conduire. La bise pénétrante la paralysait, lui ôtant toute volonté ; cependant, elle avait une confiance aveugle en son petit compagnon, victime, comme elle de la méchanceté des hommes, et qui avait été le seul être sur terre à lui témoigner un peu de tendresse.

Pierrot eut rapidement épuisé complètement son stock de journaux. Et, quelques minutes après, ils pénétraient dans un café, à moitié morts de froid et couverts de neige. Le petit garçon commanda deux grandes tasses de café au lait et deux énormes tranches de pain beurré.

— Comme tu es riche ? Tu as gagné beaucoup d’argent, remarqua Mireille, admirative.

— Certes ! affirma-t-il en faisant sonner la monnaie dans sa grande poche de sa veste. J’ai tout vendu en un clin d’œil ce soir, grâce au crime de la rue Lakanal, et, pendant quelques jours encore, j’en vendrai tout autant. Ne te fais donc pas de bile ; je suis là, désormais !

— Que tu es bon, Pierrot !

— Et toi donc, Je ne connais pas de fille plus chic que toi !

— Pourtant, Pierrot, nous sommes deux pauvres gosses. Tous les autres enfants ont un père et une mère pour les aimer. Mais nous deux nous ne recevons que coups et injures, et souffrons du froid et de la faim. Qu’avons-nous fait pour être aussi malheureux ?

— C’est une question que je me pose souvent ; il est possible, vois-tu que nos parents soient morts ; autrement, ils ne nous auraient certainement pas si cruellement abandonnés.

Après avoir dévoré à belles dents leur frugal repas et s’être longuement chauffés autour du poêle du café, ils sortirent de nouveau dans la rue.

— Où va-t-on à présent ? s’inquiéta Mireille

— Chez moi, répliqua Cent-Sous d’un air important.

— Tu as une vraie maison ?

— Bien sûr, et tu vas la voir. Tiens regarde ma clé ! Et il sortit une énorme clé de la poche de son pantalon.

Ils cheminèrent péniblement, glissant à maintes reprises sur le trottoir gelé, jusqu’à la porte de Pantin. Là, ils grimpèrent dans l’autobus jusqu’à l’arrêt : « Chemin de la Courneuve » et, une fois descendus, s’engouffrèrent dans une ruelle, franchirent un petit pont, puis, après avoir tourné à gauche, se trouvèrent en pleine campagne.

Un froid terrible sévissait. La bourrasque s’acharnait sur les deux pauvres enfants qui, serrés l’un contre l’autre, avançaient aveuglés par la neige et secoués par le vent, les yeux remplis de larmes. Pierrot avait retiré une manche de sa veste afin d’attirer contre lui et de réchauffer sous le grand paletot, sa compagne grelottante qui trébuchait de fatigue.

— Je n’en peux plus, murmura-t-elle en s’arrêtant brusquement.

— Encore un tout petit effort, Mireille, nous sommes presque arrivés.

— Pierrot, supplia-t-elle en s’accrochant à son bras. Je me sens très mal.

— Essais d’être forte, Mireille, l’exhorta-t-il. Dans quelques minutes nous serons à la maison, au chaud. J’ai même un bon matelas et un édredon… Mais qu’as-tu, mon Dieu ?

Les jambes de l’enfant lui refusaient soudain tout service, et il la prit dans ses bras pour l’empêcher de tomber.

— Appuie-toi sur moi !

— Je… je… ne peux…

Cent-Sous très effrayé, enleva tout à fait sa veste et en enveloppa sa protégée pour la réchauffer sans souci pour son corps maigre et nerveux, mal protégé par sa mince chemise presque aussitôt couverte de neige. Mais il ne sentait pas le froid, tant le malaise de Mireille le bouleversait.

— J’ai trop mal, je meurs… maman… maman… Adieu, Pierrot ! Ne me quitte pas ! Tu m’aimes bien, toi, n’est-ce pas ?

— Je t’aime plus que tout au monde, affirma-t-il en pleurant et la serrant très fort contre lui pour lui communiquer un peu de chaleur.

Mais réalisant qu’elle perdait connaissance, il réunit toutes ses forces, et la souleva entre ses bras.

< Mon Dieu ! pensa-t-il, désorienté, il faut que je la mette à l’abri tout de suite. Elle ne peut rester dehors une minute de plus ! >

Il aperçut soudain une maisonnette entourée d’un minuscule jardin et s’y dirigea péniblement. Il poussa la barrière de bois et, après avoir parcouru quelques mètres, trouvant la porte de la demeure ouverte, il y entra, disposé à tout affronter pour secourir sa chère petite amie !

Il pénétra alors dans un vestibule où donnaient plusieurs portes. Un rayon de lumière passait sous l’une d’elle. Il s’approcha, l’ouvritet entra : c’était la cuisine.

Déposant son précieux fardeau sur une chaise, il se mit à frotter les mains, les jambes et le visage de la petite fille, dont les joues commencèrent à se recolorer légèrement. Un soupir lui échappa et Mireille ouvrit les yeux.

— C’est ta maison, Pierrot ?

Cette voix, à peine audible, secoua le pauvre garçon qui, fou de joie, la serra dans ses bras, couvrant le joli visage de baisers.

— Tu te sens mieux, n’est-ce pas ? Dieu merci ! Ce n’était pas grave ! s’écria-t-il en essuyant ses yeux avec la manche de sa chemise trempée.

— Qu’est-ce que c’est que cette maison ? questionna de nouveau la fillette.

— Je n’en sais rien. Je suis entré dans la première que j’ai trouvée.

— Et si on nous découvrait ?

— J’ai l’impression qu’il n’y a personne. Evitons quand même de faire du bruit. On ne sait jamais.

La tiédeur de la pièce revivifiait la pauvre Mireille !

— Comme on est bien ici ! Pour les gens riches, la faim et le froid n’existent pas, remarqua Pierrot en soupirant de soulagement.

Toutefois, ils commençaient à craindre d’être découverts par les habitants de cette maison et chassés comme cela arrivait immanquablement en raison de leur aspect si misérable.

Ce n’était que deux gamins, deux pauvres gamins du pavé !

Habitués à être rudement traités, ils ne pouvaient réaliser que quelqu’un pût s’apitoyer sur eux et ne les jetât pas à la rue par une telle nuit.

- J’entends du monde ! murmura la petite en tressaillant.

On percevait, en effet, venant du jardin,n la neige crisser sous des pas.

— Filons, décida Cent-Sous en lui prenant la main. Et ils se dirigèrent vers la porte par laquelle ils étaient entrés. Trop tard ! Un homme, un prêtre atteignait le perron, accompagné par une femme.

— Suis-moi, dit tout bas Pierrot, revenant sur ses pas.

La cuisine, par une seconde porte, s’ouvrait sans doute sur le derrière du jardin… Mais contrairement à ce qu’ils prévoyaient, ils se trouvèrent dans une véranda vitrée, une sorte de serre, pleine de vases fleuris et de plantes, les deux enfants se dissimulèrent derrière un grand caoutchouc, le cœur battant à coups précipités.

— Nous attendrons qu’ils aient quitté la cuisine pour nous en aller, souffla Pierrot à sa compagne.

Par une fenêtre donnant sur la véranda, ils voyaient l’intérieur d’un salon faiblement éclairé. Une femme, jeune et très belle, pleurait assise dans une grande bergère.

Une porte, au fond, s’ouvrit devant le prêtre qui pénétra dans la pièce. A sa vue, la jeune femme se leva et se précipita vers lui, les deux tendues, en s’écriant :

— Comme je vous remercie d’être venu, Monsieur le curé, malgré ce temps épouvantable !

- Je n’ai fait rien de plus que mon devoir, déclara doucement le brave homme. Mais de quoi s’agit-il, mademoiselle Valérie ?

— Je suis désespérée ! s’exclama celle qu’il venait d’appeler Valérie et il se pourrait que vous me voyiez ce soir pour la dernière fois !

Sans le vouloir, les deux enfants ne perdaient pas un mot de l’entretien.

— Pouvez-vous me donner quelques explications, mon enfants ? reprit le prêtre. Je suis ici pour vous aider et apaiser vos angoisses ! Ne dites pas de telles paroles qui sont un véritable blasphème !...

— Je désire tout d’abord, mon Père, me confesser, et, ensuite vous demander conseil, murmura la pauvre femme d’une vois entrecoupée de larmes.

Le prêtre s’assit sur une chaise, sortit son chapelet de la poche de sa soutane, récita une prière et se pencha, pour l’entendre, vers sa pénitente agenouillée devant lui. 

— J’ai commis un immense péché, mon Père, et il ne peut exister sur terre de pardon pour moi. 

— A tout péché, miséricorde, si le repentir est sincère, ma fille ! Je vous écoute, au nom du Seigneur ; il n’y a pas de douleur qui ne puisse être soulagée, ni de pêché qui ne puisse être remis, murmura le prêtre avec bonté et douceur.

— Voici ce dont il s’agit, mon Père. Autrefois, ma famille était très riche ; ma mère mourut alors que j’étais encore toute petite, et mon père, qui était banquier, fut ruiné à la suite de spéculations malheureuses ; cependant pour l’honneur de notre nom, il tint à rembourser tous ses créanciers et nous connûmes ainsi la plus grande misère. Alors, il décida de partir pour l’Amérique afin de tenter de se refaire une situation.

 Il me quitta donc il y a dix ans, me laissant entre les mains d’une servante très dévouée à notre famille. C’est alors que je commis ma faute !... Je fis la connaissance d’un homme qui prétendait appartenir à une famille noble et estimée. J’en tombai éperdument amoureuse, ne cessant de penser à lui nuit et jour. >

 J’avais en lui une confiance aveugle et l’aimais tant, que je finis, un jour, par céder à ses prières et le laissai pénétrer dans ma demeure. >

 Hélas, le moment vint où je m’aperçus avec effroi que j’allais être mère ! 

— Ma pauvre enfant ! s’exclama le prêtre en hochant tristement la tête.

— Ce fut justement alors que je reçus une lettre de mon père, me prévenant d’une visite qui durerait quelques semaines. Affolée, je suppliai celui que j’aimais de m’épouser avant l’arrivée de mon père. Le misérable se jeta à mes pieds, m’avouant qu’il était déjà marié, me priant de le pardonner, et il me raconta une histoire pitoyable au point d’émouvoir un roc :

 Sa femme un être indigne, l’avait quitté. Il avait terriblement souffert jusqu’au jour où il m’avait rencontrée, apportant dans sa vie si triste un merveilleux rayon de soleil. Ensuite, sa passion pour moi était devenue telle, qu’il n’osa plus m’avouer la vérité, de crainte de me perdre… Je me serais plutôt fait sauter la cervelle, me confia-t-il avec un sanglot. >

 Naïvement, je crus tous ses mensonges et pardonnai en pleurant. Je mis au monde une petite fille, peu de jours avant l’arrivée de mon père, et nous décidâmes, à mon grand chagrin, de mettre ce cher petit être en nourrice, à la campagne. >

J’en souffris horriblement, car l’amour d’une mère est le plus fort de tous ceux qui existent sur terre. J’aurais voulu, à ce moment, m’enfuir avec ma petite fille, avant le retour de mon père, mais celui en qui je croyais encore, s’y opposa, accumulant des raisons qui finirent pas me convaincre. >

 Il emporta donc notre enfant et mon père arriva deux jours après.

 Craignant qu’il ne découvrit ma faute, je lui proposai d’aller passer ces quelques jours de repos au bord de la mer, en Bretagne, et c’est ce que nous fîmes. Durant tout ce temps, je ne pus donc rien savoir de l’homme que j’aimais, ni de mon bébé.

 Mon père me quitta, me laissant suffisamment d’argent pour vivre très largement tant que durerait sa nouvelle absence. Ce fut presque avec joie que je le vis repartir, car j’allais enfin pouvoir retrouver mon enfant et l’homme que j’aimais.

 Celui-ci me rejoignit le jour même du départ de mon père, mais porteur d’une épouvantable nouvelle : notre petite fille était morte d’une scarlatine ! Je faillis, à mon tour, en mourir de chagrin. Une autre catastrophe s’ajouta à ma douleur : cet homme m’offrir d’administrer le petit capital laissé par mon père et j’y consentis, toujours aussi sottement confiante. >

 Il eut vite fait de le dissiper et cessa de me voir. Je sus ensuite, qu’il n’était qu’un débauché et un escroc >.

 J’ai reçu, aujourd’hui, une dépêche de mon père ! Il vient de débarquer et il est impatient de me rejoindre. Dans quelques heures, il sera à Paris. Que dois-je faire ? M’enfuir ? Lui avouer la vérité ? Je m’en sans incapable, mon Père ! >

— Que cette épreuve vous serve de pénitence, ma file, car le repentir et la douleur vous rachèteront. Votre père est un homme de bien et il saura vous pardonner.

— Jamais il ne me pardonnera d’avoir Sali son nom ! s’écria la malheureuse femme en éclatant en sanglots.

Pierrot et Mireille avaient tout entendu. La petite fille pleurait. Sa tendre âme d’enfant était bouleversée par cette immense peine, bien qu’elle ne pût comprendre cette tragédie.

— Pauvre dame ! murmura-t-elle à Pierrot, elle a l’air bonne !

— J’ai encore quelque chose à vous révéler, mon Père, reprit Valérie après un moment de silence. Quelque chose de terrible ! Je soupçonne cet homme d’un crime affreux : l’assassinat de la rue Lakanal car…

— Doux Jésus ! s’exclama le prêtre, l’interrompant. Pensez à ce que vous dites, mon enfant. Sur quoi fondez-vous de tels soupçons ?

— Il y a trois jours, le misérable est venu ici : il était livide… et les poignets de sa chemise maculés de sang !

— Oh ! c’est… c’est affreux ! bégaya l’ecclésiastique, épouvanté.

— Je le vis pénétrer dans la remise où l’on range les outils de jardinage, et en ressortir quelques instants après. Une idée effroyable me traversa l’esprit. Je me rendis peu après dans la remise et je découvris qu’il avait creusé la terre et caché un lot de bijoux. Je n’osai y toucher, prise d’une terreur folle. Et, ce matin, j’ai lu le crime dans le journal… La police le soupçonne car on dit l’avoir vu en compagnie de cette infortunée victime. Je suis perdue, mon Père, perdue !

— Voyons, calmez-vous, ma fille. Vous êtes en dehors de tout ceci.

— La police va faire des enquêtes, naturellement, et découvrira qu’il me fréquentait, qu’il venait ici… Peut-être même, à cause des bijoux, serai-je soupçonnée ? Et mon père qui doit arriver d’un moment à l’autre ! La police, d’ailleurs, ne saurait tarder non plus… Ils se rencontreront ! Ah ! Je voudrais mourir avant de subir toutes ces nouvelles épreuves.

Mireille pleurait, incapable de retenir ses sanglots, et oublieuse de leur situation actuelle, dans un élan généreux de son cœur, elle s’élança dans la pièce pour consoler la pauvre dame ; à ce même moment, la maison fut éclairée par les phares d’une auto. La jeune femme poussa alors un cri strident :

— La police, mon Père !

Sans même remarquer la présente de la petite fille, ni laisser au religieux le temps d’intervenir, elle s’enfuit en courant dans la pièce, traversa la véranda, en ouvrit la porte et s’élança dehors, dans le vent et la neige alors que, de la grille, une voix d’homme se faisait entendre.

— Valérie ! Valérie, ma fille chérie !

— Vite ! Suivons-là ! s’écria Pierrot, en voyant la malheureuse disparaître comme une folle dans la nuit. Elle est capable d’aller se jeter dans le canal !

Il se mit à courir derrière Valérie, tandis que la fillette s’élançait sur ses pas en appelant désespérément :

— Pierrot ! Pierrot ! sans plus se soucier du froid ni de l’obscurité de cette terrible nuit.

Soudain, les phares d’une seconde voiture éclairèrent violemment la maison de Valérie…

                                                                                  (A SUIVRE)

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C
je me nomme corine âgée de 32 ans j'habite dans le 59139 wattignies . J'étais en relation avec mon homme il y a de cela 4 ans et tout allait bien entre nous deux puis à cause d'une autre femme il s'est séparé de moi depuis plus de 5 mois . J'avais pris par tout les moyens pour essayer de le récupéré mais hélas ! je n'ai fais que gaspiller mes sous.Mais par la grâce de dieu l'une de mes amies avait eut ce genre de problème et dont elle a eut satisfaction par le biais d'un ... nommé ishaou au premier abord lorsqu'elle m'avait parlé de ce puissant je croyais que c’était encore rien que des gaspillages et pour cela j'avais des doutes et ne savais m'engager ou pas. Mais au fur des jours vu ma situation elle insiste a ce que j'aille faire au moins la connaissance de ce puissant en question et c'est comme cela que je suis heureuse aujourd'hui en vous parlant.c'est à dire mon homme en question était revenu en une durée de 7jours tout en s'excusant et jusqu'à aujourd'hui et me suggéré a ce qu'on se marie le plus tot possible.je ne me plein même pas et nous nous aimons plus d'avantage. La bonne nouvelle est que actuellement je suis même enceinte de 2 mois. Sincèrement je n'arrive pas a y Croire a mes yeux qu'il existe encore des personnes aussi terrible , sérieux et honnête dans ce monde, et il me la ramené, c'est un miracle. Je ne sais pas de quelle magie il est doté mais tout s'est fait en moins d'une semaines.(pour tous vos petit problème de rupture amoureuses ou de divorce ,maladie ,la chance , les problèmes liés a votre personnes d'une manière, les maux de ventre, problème d'enfants, problème de blocage, attirance clientèle, problème du travail ou d'une autres) Vous pouvez le contacter sur: son adresse émail : maitreishaou@hotmail.com ou appelé le directement sur whatsapp numéro téléphone 00229 97 03 76 69 son site internet: www.grand-maitre-ishaou-13.webself.net
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