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NOS LOISIRS

27 Mars 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

 

FABRIQUE DE MONSTRES

 

 

La Chine est un pays charmant

dit la chanson. Certes les pays des oeufs pourris , des nids d'hirondelles, des aillerons de requin blanc, des rats salés et séchés, ne peut être banal. Et comment soupçonner de la moindre méchanceté des gens d'une politesse raffinée qui attachent une importance énorme à des détails d'étiquettes d'apparence puérile, toujours prêt à courber leur échine en saluts obséquieux et à mettre leur leur infirme personne à la disposition d'un visiteur qui devient sur leurs lèvres « le plus précieux ornement de leur pauvre maison ».

Par malheur, les Fils du Ciel ont un goût vraiment exagéré pour les déformations humaines. Que leur type de beauté féminine ne soit as le même que celui des vulgaires Occidentaux, il n'est rien de bien étonnant à cela. Des yeux longs et brûlés, peu ouverts; découpés en coup de pinceau, les sourcils rasés, une figure peinte de blanc et de rose crus, avec un petit trait vertical amenuisant la bouche et par-dessus tout des petits pieds, minuscules, voilà qui fait tressaillir de volupté l'âme d'un Chinois. Mais c'est là du moins une passion sans danger. Il n'en est, hélas ! Pas de même pour toutes leurs manies dont quelques-unes affectent des formes horriblement criminelles.

Il n'est pas rare que des proclamations officielles mettent le public en garde contre les vols d'enfants. Jusque-là rien de bien extraordinaire et nous avons connu dans notre vieille Europe, des séries de raps douloureux sur lesquels se sont édifié de multiples mélodrames larmoyants. Mais en Chine les auteurs de ces enlèvements ne songent pas seulement conne chez nous, à éduquer d'habiles et souples saltimbanques ; ils veulent fabriquer des monstres. Non pas d'ailleurs pour le plaisir de faire souffrir un corps enfantin — ce sont de trop bonnes âmes — mais uniquement pour la joie de réaliser des déformations monstrueuses.

C'est ainsi que pour obtenir un homme-ours ou un homme-chien ils enlèvent la peau de toute la surface du corps de l'enfant par petites tranches et, sur la place saignante, ils appliqueront une portion vive de peau d'ours ou de chien. L'opération est longue et des plus aléatoires à cause des risques de l'inflammation ; il y faut un tour de main spécial.

L'homme-animal obtenu, on arrive par des procédés précis de réclusion et quelques mutilations savamment choisies, à abolir chez le monstre la parole articulé. Un journal chinois, le Huypao, contait un jour, qu'un misérable être de ce genre ayant été exhibé chez un mandarin ce dernier l'interrogea : « Es-tu un homme » Un signe de tête répondit affirmativement et l'homme-chien , incapable d'émettre un son de voix, traça sur le sol cinq caractères représentant son nom et son pays.

Par un second procédé, dont l'honneur ne le cède en rien au premier, ces tératologistes raffinés greffent un enfant sur un homme, poitrine contre poitrine, en obtenant en quelque sorte l'échange de la circulation entre les vaisseaux sanguins des êtres accolés. Nos bateleurs connaissent bien le principe de l'opération, qu'ils pratiquent facétieusement pour produire des poules à pattes de canard ou des canards à crêtes de coq.

Enfin des spéculateurs du fanatisme religieux ont pu mettre au jour un être de chair blafarde, muet, aux yeux clignotants, dans la posture bien connue de Bouddha. Il avait suffi de maintenir un enfant, de longues années durant dans l'immobilité hiératique et dans une obscurité absolue sans lui adresser jamais la parole. A Shangaï il y a quelques années, on exhibait un véritable magot à la tête énorme, avec de longues moustaches et un corps à peine développé, comme celui d'un enfant de deux ou trois ans ce résultat avait été obtenu en maintenant le corps de l'enfant dans une jarre d'où la tête seule émergeait.

Sans conteste, la Chine est un pays charmant.

 

 

CURIEUX EMPLOI DU ROUET

 

 

Le rouet du bon vieux temps fut introduit récemment en Angleterre dans un asile d'aliénés, dans le but de distraire et d'amuser les malades. Ceux-ci prirent goût à cette besogne nouvelle, et peu à peu s'attachèrent si bien à remplir leur tâche que leur agitation nerveuse se calma. On leur persuada que leur travail était bon et utile et servait à payer leur pension. Leur état s'améliora à tel point que cette nouvelle méthode de traitement va être essayée dans d'autres asiles.

REVUE NOS LOISIRS DU 17 NOVEMBRE 1907

 

 

Le Château Segonzac

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Mûri sur des coteaux que le soleil inonde

De ses rayons remplis d'ardeurs et de clartés

Des crus les plus fameux de l'antique Gironde

Le Château Segonzac est un des plus vantés.

 

Le pur jus du raison dans la cuve ruisselle

Comme un rubis liquide aux reflets chatoyants

Et des gais vignerons la chanson éternelle

S'élève sur le soir et de joyeux accents

 

Ami, prends les flacons et prépare la cuve !

C'est un sonnet charmant que e bordeaux suave :

Sa poésie es douce et son rythme berceur.

 

Il réchauffe mon sang, il exalte mon âme,

Et créant en mes yeux une riante flamme

Il emporte mon rêve en un monde enchanteur.

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