LEZS ABEILLES RÉFLÉCHISSENT
LES ABEILLES REFLECHISSENT
LE VIOLON
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LES ABEILLES REFLECHISSENT
L'activité merveilleuse des abeilles revèle-t-elle exclusivement de l'instinct ou bien ces insectes font-ils preuve, dans certaines circonstances d'une véritable intelligence. Voici pour être versée au débat, une expérience très curieuse de M. Bonnier (de l'institut) qui prouve que les abeilles sont capables de réfléchir.
Le soir M. Bonnier plaça des morceaux de sucre assez loin du rucher. Le lendemain matin les ouvrières chercheuses comme il en existe dans toutes les ruches les ont découverts et signalés. Tout de suite un va-et-vient de butineuses s'établir entre les ruches et le sucre. Mais comment faire pour enlever ce sucre solide?les abeilles n'en n'ont jamais vu et pourtant elles ont reconnu que c'était du sucre.
Les butineuses ont bien essayé de le mordiller, mais elles ne tardèrent pas à s'apercevoirt que leurs mandibules étaient impuissantes. Alors s'organisa un double courant d'ouvrières au vol ; elles allèrent à la ruche au bassin plein d'eau, récoltèrent de l'eau dans leur jabot, revinrent aux morceaux de sucre sur lesquels elles déposèrent l'eau et aspirèrent ensuite le sirop formé qu'elles reportèrent à la ruche.
LE VIOLON
Quand vous serez, ma sœur, en longue robe blanche
Dans le jardin où traîne un crépuscule blond
Celle dont le visage oblique et doux se penche
Sur l'oreiller doré d'un tiède violon,
Moi qui souffre adorablement de la musique
Qui pleure, saigne et pantèle de tout mon corps
Au mal délicieux que me font les accords
Tordant ma chair que noue une douleur physique,
Moi qui sur l'océan des cuivres de Wagner,
Tire et veux rompre ainsi qu'un nouveau Prométhée
toutes ces chaînes d'or qui me tordent les nerfs
Et meurtrissent ma chair souffrante et tourmentée,
Ne vous étonnez pas si, pâle torturé
Que la musique prend, triture, écorche, avive
Ne vous étonnez pas si dans la nuit plaintive
Vous m'entendrez pleurer lorsque vous chanterez
Edmond GOJON
REVUE NOS LOISIRS DU 18 OCTOBRE 1908