LES JOCKEYS D'OBSTACLES
Il n'est pas de sport qui n'ait ses dangers et qui n'ait fait des victimes. Mais il n'est pas d'accident plus émotionnant, plus dramatique que la chute d'un jockey dans une course d'obstacle.
La chute est d'ailleurs un fait prévu, et il existe pour les jockeys, un « art de tomber » qui a ses règles et ses lois.
Si le cheval a mal sauté ou a mal pris l'obstacle le jockey essaye avant tout de vider les étriers. Si le cheval fléchit sur les jambes de devant, il peut essayer de le relever et le tentera. Si le cheval verse à droite ou à gauche, il n'y a rien à faire, si ce n'est essayer de se préserver.
Une fois la chute accomplie, les jockeys n'essayent jamais de se relever. Ils se pelotonnent sur un côté et, s'ils ont le temps, se jettent à plat ventre.
De toutes façons, ils placent les mains sur la tête et le crâne. Car leur cheval en se relevant pourrait leur envoyer un coup de sabot et il vaut mieux avoir une main écrasée que le crâne enfoncé. Le même danger est craindre des chevaux qui suivent.
Quand le peloton a passé, le jockey se tâte, fait travailler les muscles, remue une jambe puis l'autre mais il ne se relève pas.
Il attend qu'on vienne à son secours.
Il est sous l'effet d'une commotion qui, même lorsqu'il n'a pas été désarçonné et a pu accompagner le cheval dans la chute, est telle qu'il ne pourrait pas se tenir sur ses jambes.
La chute la plus terrible et qui frappe le plus l'imagination du public, se présente lorsqu'un cheval se relève et s'échappe avant que le cavalier ait pu sortir le pied à l'étrier. Alors, le corps est ballotté, cahoté, traîné, sanglant et pantelant sur plusieurs centaines de mètres dans un galop effréné.
Quand un cheval à fait panache, ce qui arrive surtout aux obstacles en hauteur et rigide, il est bien rare que la civière ne serve pas.
Le cavalier est écrasé sous le cheval et lorsqu'il a été désarçonné et projeté au loin, il ne risque plus l'écrasement, il se brise le crâne ou la colonne vertébrale. Et s'il échappe à ces accidents, on peut redouter la commotion effrayante qu'il reçoit.
En somme un jockey doit avant tout se dégager de l'étrier, éviter d'être pris sous son cheval et se mettre, une fois à terre, dans une position qui rende le moins dangereux possible les coups de pied du cheval qu'il est exposé à recevoir.
IL EN CUISIT AU MÉDECIN DE VOULOIR
ETRE PAYÉ D'AVANCE
Une aventure vraiment piquante est arrivée dernièrement à un médecin de Braïla (Roumanie)
Appelé en toute hâte auprès d'une femme souffrant d'un anthrax, le médecin déclara qu'une petite opération étant nécessaire ; mais avant d'y procéder, il exigea qu'on lui remit au préalable ses honoraires, soit quarante francs.
La famille extrêmement pauvre se trouvait dans l'impossibilité de s'exécuter devant l'ultimatum. On parlementa mais l'homme de science ne se laissa pas fléchir. Enfin on lui compte les quarante francs et l'opération a lieu avec succès. Le docteur sort, mais il ne trouve plus dans l'antichambre la riche pelisse qu'il y avait laissée en entrant. Que s'était-il passé ?
Pendant qu'on parlementait avec le médecin, un membre de la famille de la malade, en présence du danger que courait la pauvre femme et de l'insistance du docteur à être payé d'avance, avait pris la pelisse et était allé la mettre en gage chez un voisin pour quarante francs. Le docteur dut, pour la revoir, débourser cinquante francs, car le préteur exigea dix francs d'intérêt pour quarante francs prêtés pendant une heure.
LA PETITE REINE WILHELMINE ADORE
LA CRÈME AU CHOCOLAT
La reine Wilhelmine de Hollande ne fait pas un repas où ne figurant un ou plusieurs plats au chocolat. Elle a à son service un chef chocolatier. Son fonction est d'inventer et de confectionner de bons plats au chocolat aussi bien à Amsterdam qu'à La Haye. En dehors des préparations au chocolat la reine a un penchant marqué pour tous les laitages, plats au lait et à la crème. Mais son plat de prédilection est encore la simple crème au chocolat. La reine l'aime tout autant que lorsqu'elle était enfant. Et l'on dit à la cour —mais que ne dit-on pas ? —qu'un jour la reine ayant achevé un plat de crème au chocolat particulièrement réussi, elle fit comme les bébés ; elle lécha le gond du plat.
REVUE NOS LOISIRS DU 7 JUIN 1908