LE TAMBOUR DE SOLFERINO
LE TAMBOUR DE SOLFERINO
Là-bas, à Grenelle, dans l'étroite petite chambre pauvre, mais proprette, d'un rez-de-chaussée, humide mal éclairé par une fenêtre basse sur une cour étroite, je viens de voir un vieux brave, oublié, qui eût son temps de célébrité, Frédéric Hiest que ses compagnons d'armes surnommèrent « Le tambour de Solférino » pour avoir battu treize heures de suite la charge dans cette bataille mémorable et être monté le premier à la fameuse tour, à la tête de son régiment, le 74e de ligne.
Il y a trois ou quatre ans, on parla de nouveau de lui à la suite du don qu'il avait fait, au musée de l'Armée, de ses baguettes désormais historiques car la caisse les fédérés la lui « confisquèrent » pendant la commune et il ne put jamais la retrouver. Puis le silence se fit de nouveau autour de son nom.
Depuis plusieurs années, les douleurs l'empêchent de travailler. Il vit avec le salaire de sa femme, une vaillante qui, malgré son âge, fat toute la semaine le dur métier de couseuse de tapis, et à l'aide de quelques rares secours recueillis ça et là.
Dans des cadres autour de la petite chambre sont les attestations des campagnes de jadis ; la médaille de Crimée, la médaille d'Italie ; car il fut au siège de Sébastopol, ce petit homme sec, aux yeux bleus très vifs qui ne porte pas ses soixante treize ans.
Mais le vieillard ne se plaint pas de sa pauvreté. Son ambition est plus désintéressée et plus noble ; il voudrait avant de mourir, être décoré de la Légion d'Honneur ; son rêve est d'être accompagné à sa dernière demeure par cette infanterie qu'il entrainait jadis à l'assaut, par le roulement qui battaient la charge dans les guerres d'autrefois.
Avec une naïve sincérité, il m'a raconté lui-même ses espoirs et ses démarches :
— J'ai fait les campagnes de Crimée et d'Italie ; j'ai été blessé à Solférino. Je suis parti en 1870 comme engagé volontaire à trente six ans ; j'ai toute la campagne aux environs de Paris. Je crois avoir bien gagné la croix.
Le 13 juillet dernier à l'inauguration de la statue de Garibaldi j'avais été convoqué par l'Union des anciens défenseurs de la patrie pour figurer avec les Garibaldiens dans la haie d'honneur qui état au premier rang devant le monument du square Lowendal.
J'avais rédigé un placet pour demander la croix ; je voulais le remettre moi-même au général Picquart.
Hiest ne put joindre le ministre. Pris pour un anarchiste porteur de bombe, il faillit même d'être arrêté, dans l'impétuosité avec laquelle suivant son expression, il « fonça » sur le général en écartant les gardes municipaux qui voulaient l'éloigner.
On se précipite sur lui.
— Qui êtes-vous ? Que voulez-vous ?
— Je suis le tambour de Solférino, répondit-il fièrement. Je veux remettre une lettre au ministre de la guerre lui-même.
Il consent cependant à donner le placet à une personne de sa suite, qui lui promit de le transmettre au général Picquart. Quelques après, n'ayant pas reçu de réponse, il adresse au ministre, avec une tranquille audace une lettre touchante et naïve, dont j'ai copié soigneusement le brouillon, écrit au crayon sur les feuilles déchirées d'un carnet :
« Monsieur le général Picquart
ministre de la guerre,
J'ai bien regretté de ne pas vous voir à l'inauguration de Garibaldi voulant faire voir aux Garibaldiens qu'il y avait des Français pour leur souhaiter la bienvenue de leur serrer la man d'amitié depuis le 20 juin 1859 à Brescia. C'est pour cela que je voulais que vous ayez l'honneur d'avoir vu devant vous les combattants d'Italie. Donc j'ai remis ma lettre à un monsieur qui m'a promis de bien vouloir vous la remettre. Depuis je n'ai rien reçu espérant toujours un petit mot. Car j'ai mis dans ma lettre mon certificat de la médaille militaire et mon certificat de mariage. Donc vous jugerez par vous-même si je mérite la croix. Si vous me l'accordiez , vous me rendriez un grand service. Si vous pouvez m'accorder quelques minutes d'entretien, je suis sûr que ça vous ferait plaisir, mon général, ainsi qu'à votre état-major ; dites-moi le jour et la date et l'heure et la minute, car je serai exact. Le président des combattants m'a engagé de remettre ma lettre à votre ministre ; comme il était dit : M. le général Picquart ministre de la guerre sera présent ainsi que M. le Président de la République — Je voudrais vous la remettre moi-même, mon général »
La lettre fut transmise à la chancellerie puisque ces deniers jours, Hiest recevait un accusé de réception par lequel on lui déclarait que sa demande serait instruite et qu'on examinerait ses titres et ses états de service.
Le général Picquart a-t-il lu la requête familière du vieux combattant, qui lui parle comme jadis les « grognards » au « petit caporal » ? il ne saurait manquer d'en être touché.
LES POISSONS PARLENT !...
Un grand nombre de poissons ont un langage comme les autres animaux ; les harengs crient comme des souris, les rougets font entendre des grognements comme les porcs, les tanches coassent comme les grenouilles et les huitres gémissent doucement en exhalant des sons mélodieux.
Ces faits étant établis scientifiquement, il faudra trouver pour désigner les gens discrets, une autre expression que « être muet comme un poisson »
REVUE NOS LOISIRS DU 22 DÉCEMBRE 1907
G A G S A G O G O

Au tribunal le président interroge un inculpé.
— Pourquoi avez-vous bourré ce malheureux de coups de poings.
— Monsieur le Président, cela faisait trois mois qu'il élevait des volailles en cachette dans son appartement sur le même palier que le mien.
— Ce n'est pas une raison !
— Comment pas une raison. Cela fait aussi rois mois que je me fais soigner par un psychiatre parce que j'entendais un coq chanter tous les matins !
C'est un ouvrier de Gaz de France qui creuse des tranchées.
— Quelle vie de chien, dit-il à son copain. Enfin ! Demain c'est dimanche je vais pouvoir bêcher mon jardin.
D'un asile de fou, un client téléphone à la poste :
— Dites, mademoiselle, le fil est trop long ici, vous pourriez tirer un peu de votre côté ?
Les mauvaises langues racontent que Bernard Buffet constatant que des cambrioleurs lui avaient volé des tableaux et du whisky, déclara :
— Le plus ennuyeux, c'est le whisky... Les tableaux je pourrai toujours en refaire !
Un monsieur téléphone chez des voisins :
— Est-ce que mon fils est chez vous !
— Non.
— Eh bien, si jamais vous le voyez, soyez assez gentil pour me l'envoyer, j'ai besoin de lui immédiatement pour m'aider à faire ses devoirs.
Un Anglais et un Américain se baignent ensemble. Soudain ils sont attaqués par un requin. Aussitôt l'Américain sort son couteau de chasse sous-marine. Alors l'Anglais
— Oh no, dear... jamais le poisson avec un couteau !
Un professeur distrait s'adresse la jour de la rentrée à un de ses élèves du premier rang.
— Comme c'est étrange, dit-il. Il y avait l'année dernière un élève qui vous ressemblait énormément. Avez-vous un frère ?
— Non, monsieur, mais à vrai dire le redouble ma classe.
— Curieux, continua e professeur, de ma vie je n'ai vu une ressemblance aussi frappante !
Un civil demande à un jeune parachutiste :
— Dites-moi, jeune homme, combien faut-il réussir de parachutage pour être breveté ?
— Tous ! Répond brièvement le garçon.
— Qui est Vauban ?demande le professeur de classe.
— Un fortifiant, monsieur.
Un client s'assied dans une auberge du village et commande à déjeuner.
— Et, dites-moi garçon. Ce petit vin blanc que j'ai bu la semaine dernière vous en avez toujours ?
— Oui, monsieur.
— Bon, dans ce cas, donnez-moi une bière !
Dans l'autobus une dame tient un chien sur ses genoux. Une autre dame assise à côté, ne cesse de regarder méchamment le petit chien. Soudain elle dit :
— Madame, je vous demanderai de mettre votre chien par terre, je sens une puce qui me grimpe le long du corps.
Sans sourciller la dame dit à son chien :
— Surtout ne bouge pas, Yuki, la dame pourrait te donner des puces.
Au volant de sa nouvelle voiture, Ouin-Ouin roule à toute allure, il roule tellement vite qu'un agent le siffle. Avec beaucoup de difficulté il s'arrête.
— Alors ? C'est comme ça qu'on fait de la grande vitesse ? Fait l'agent.
— Que voulez-vous, répond Ouin-Ouin, je venais de m'apercevoir que mes freins ne fonctionnaient plus, alors je me dépêchas de rentrer avant qu'il m'arrive un accident.