LE FROID
L E F R O I D
Chronique d'actualité par le Dr TOULOUSE
C'est le moment d'en parler, lorsque le thermomètre descend, signalant l'invasion du froid et de a neige. Ils passent, ils ont passé, ils reviendront, et il est bon de réfléchir un peu à ce problème d'hygiène individuelle que pose chaque hiver.
Le froid — quelque joli qu'il nous apparaisse — est toujours dangereux. Sous la neige des Noëls pittoresques ou dans la lumière des claires gelées, le zéro du thermomètre est également menaçant. Il réveille des maladies constitutionnelles, le rhumatisme, les névralgies. Il favorise les infections, la grippe par exemple, car la glace elle-même ne tue pas les microbes ; elle provoque toute une série de maux qui, comme l'angine, la pneumonie, la pleurésie sont de nature microbienne, mais ne se développent bien que sur les terrains qu'il a préparés.
Les journaux enregistrent régulièrement des morts subites en cette saison. Souvent les victimes ont une pneumonie latente ; ce sont encore ds cardiaques chez lesquels le brusque afflux du sang, chassé par la contraction des vaisseaux périphériques détermine une syncope mortelle. Le même mécanisme explique les congestions et les hémorragies cérébrale.
Le froid menace donc les tarés et les faibles. Il guette particulièrement les enfants et les vieillards pour des raisons différentes. Les petits ont une surface de peau — et par conséquent une surface de refroidissement — plus grande que les adultes par rapport à leur poids ; aussi sont-ils plus vulnérables que nous. Ce n'est point à tort qu'on les place dans la laine et le coton pour les garantir. La moindre exposition au froid les met en péril ; on doit à cette imprudence tant de décès de nouveaux-nés.
Les vieillards — par suite de leur affaiblissement général — résistant mal aux pneumonies. Il est remarquable que des hommes encore vigoureux, hauts en couleur, ayant une belle et mâle allure ne soient pas — à l'approche de la soixantaine — plus fermes contre le froid que des nourrissons. Il faut se méfier à tout moment et, par exemple, au cours d'une maladie légère. Un vieillard prend froid dans son lit parce que son vêtement de nuit se sera entrouvert pendant le sommeil ou qu'une fenêtre aura été mal fermée.
Le froid augmente la dépense de l'organisme. N’oublions pas que, si nous nous maintenons à 37° par n'importe quelle température extérieure, c'est grâce à une consommation continue de combustible — en l'espèce des aliments et surtout les hydrocarbones (sucre) et les graisses. Ce point de vue n'est as négligeable pour le pauvre qui doit augmenter sa ration alimentaire à mesure que le thermomètre baisse. En définitive, le froid est coûteux.
Voilà donc le bilan du froid. Il se solde par un déficit notable. Encore ai-je négligé les faux frais qu'il occasionne ; les accidents dus à l'oxyde de carbone émanés de nos appareils primitifs de chauffage et les dépenses supplémentaires en bois, charbon, vêtements.
Il est bon maintenant de chercher à lutter le plus habilement et le plus économiquement contre cet agent de maux.
La première idée qui vient à l'esprit est qu'il faut s'endurcir contre le froid. Qu'est-ce que cela veut au juste ? Si l'on entend par là ne pas porter de vêtements trop chaud, ne pas trop couvrir les parties ordinairement découvertes, le cou, la tête, ne pas trop chauffer les pièces où l'on vit, cela est sage dans une certaine mesure. Il est certain par exemple que l'on peut s'accoutumer à avoir le cou nu sans foulard et que le danger couru est peu grave — que d'autre part, si l'ont es souvent à l'air, on risque moins de pâtir des changements de température.
Encore y a-t-il là une mesure à trouver pour chacun. Un individu qui voudrait s'habituer à braver le froid, à dormir ou à faire du tub la fenêtre grande ouverte, à porter des effets d'été en plein hiver serait tout bonnement absurde. Évidemment il peut réussi mais au prix de quels risques. Le jour où il se trouvera en état de moindre résistance, par fatigue ou par quelque circonstance cachée, il contractera une pleurésie ou une pneumonie qui le rendra à moitié infirme pendant de longues années. Au contraire en se couvrant sagement, en évitant les causes de refroidissement, on a toutes chances d'échapper aux maladies de cette espèce.
Mais il est une autre face du problème. Le froid fait consommer plus d'aliments. Le plus féru d'endurcissement n'a pas la rétention — j'imagine — de s'accoutumer à dépenser peu par les grands froids tout en étant légèrement couvert. On est amené à forcer sur la nourriture — et par conséquent à imposer une fatigue, une usure à l'organisme et cela de plus est onéreux.
Donc, ne cherchons pas à nous habituer tout à fait au froid. Commandons-lui en lui obéissant d'abord. Et le premier geste à faire, c'est de se bien couvrir. Ne craignez pas de prendre un pardessus quand il fait froid, de le changer contre un plus épais si le thermomètre descend ; de revêtir la nuit, un veston de lit, en laine, souple et chaud — car pendant le sommeil on se découvre.
Il est bon de savoir que dans l'habillement la matière qui, en principe conduit le moins e température et qui est, par conséquent, le plus efficace isolant c'est l'air. Comptez les couches l'air comme les meilleurs habits et mettez-les beaucoup autour de votre corps. Comme il faut deux couches de vêtements pour faire une couche d'air intermédiaire, il s'ensuit qu'il vaut mieux avoir plusieurs vêtements légers que peu d'habits en étoffe épaisse. L'idéal serait de s'envelopper en hiver d'une multiple enceinte de pelures. Pour les motifs que je viens d'exposer on ne les serrera pas les uns sur les autres pour ne pas expulser l'air protecteur.
On a fait des essais de vêtements en papier ; et il semble que cette substance qui fait chiffon redevient sur nous une bonne étoffe.
Beaucoup de personnes souffrent tout l'hiver du froid aux pieds qui réveille souvent des angines. Elles ont tout essayé, les chaussures le plus fourrées et les plus épaisses. Qu'elles traitent leurs pieds comme le reste et qu'elles mettent deux bas à chaque pied.
Pour les parties découvertes, rien de préserve mieux l'épiderme que l'huile de vaseline. Elle empêche le froid de gercer les mains et les lèvres, d'enflammer les oreilles et le nez des enfants sensibles et même les orteils se trouvent bien de ce corps gras plus propre et tout aussi efficace que les saindoux et les cold-creams de nos pères qui pratiquaient déjà la méthode.
Ne respirez pas un air froid par la bouche qui n'est pas faite pour cette besogne. Elle doit servir à parler et à manger, le nez au contraire à respirer. Là, le courant d'air suit un chemin contourné, bordé de fossés et de buissons pileux, où il s'échauffe avant d'atteindre la trachée et les bronches. Si vous êtes sensible ou convalescent, parlez la main sur la bouche. L'haleine n'est d'ailleurs jamais douce à autrui.
Enfin manger des aliments qui vous donnent par leur combustion interne, beaucoup de chaleur sous un petit volume. Ce sont les hydrocarbones, les légumes secs, les pâtes, le sucre surtout, les graisses. Beaucoup plus que la viande et à meilleur compte, ils vous apporteront le charbon dont vous avez besoin. Le sucre principalement est l'aliment thermogène le plus commode. Consultez le matin le thermomètre et quand le mercure descend vers zéro, faites provision de sucre. Méfiez-vous de l'alcool, qui es certainement un charbon, mais un charbon suspect pour plus d'une bonne raison. L'huile de phoque que boivent les Esquimaux serait certainement un meilleur combustible.
Au dehors ne rester pas inerte . Il faut presser le as et ne pas stationner dans les carrefours. Et si par malchance vous étiez frappé par le froid, souhaitez que des maladroits ne vous achèvent pas en vous portant tout de suite auprès d'un feu ardent qui vous congestionnerait.
Voilà quelques notions que le père devrait apprendre à ses enfants quand le froid se lève dans le ciel inclément. Ne dites pas qu'il est de beaux froids quand ils sont secs et ensoleillés ; tous sont traitres et se méfier d'eux c'est le commencement de l'hygiène. Dès qu'ils se montrent, prenez le temps de rigueur — maintes pelures autour du corps, de la vaseline sur la peau nue, du sucre dans l'estomac — et moquez-vous ensuite si cela vous plait, des médecins qui vous l'ont conseillé
GALANTE RÉPARTIE
Victor Hugo savait quand il le voulait être de la galanterie la plus exquise.
Un jour qu'il était en tramway une charmante jeune femme par suite d'un brusque arrêt, tombe presque assise sur les genoux du poète.
— Je vous demande pardon, monsieur, balbutia-t-elle toute confuse.
— Et moi, répond Victor Hugo, je vous remercie.
LE NEZ ET LE CARACTÈRE
D'après un savant observateur, la forme du nez serait un indice du caractère. Jugez plutôt.
Le nez aquilin, un bec d'aigle, dénote la façon et le courage. Le nez évasé et plissé du bout signifie l'ironie et l'hilarité.
Le nez mince, sec, difforme, la peur et la lâcheté.
La narine étroite , nacrée, diaphanie dénonce la volupté ; et large, elle indique l'énergie et l'amour du travail.
Quand le nez s'attache au front par une ligne nettement courbe, son propriétaire est presque toujours un excentrique et quelque peu prédisposée à la folie.
Enfin celui qui voit son appendice nasal orné d'excroissances a un caractère irritable.
Voilà plus qu'il en faut, n'est-il pas vrai pour que les demoiselles étudient le profil de leur fiancé avant d'avoir à mener par le nez leur mari.
REVUE NOS LOISIRS DU 22 DÉCEMBRE 1907
UNE BONNE
PRÉCAUTION
― TU SAIS , J'EN AI ASSEZ DE LA VIE DE FAMILLE AVEC TA MÈRE ! JE VAIS ME FLANQUER A L'EAU
― ALORS P'PA, POURQUOI QU'T'OTES TES BOTTINES ?
― ELLES M'EMPÊCHERAIT DE NAGER