LA MAISON DES VEUFS * LA NIAISE
LA MAISON DES VEUFS
Rien n'est triste comme la destinée des veufs, des hommes habitué à l'intimité de la vie conjugale et que la mort sépare brusquement de leurs femmes.
Mais il y a quelque chose de plus triste encore, c'est le sort des enfants privés des soins maternels et dont le père, obligé de travailler au dehors est contrait de se séparer. En Allemagne et en Angleterre on a tenté de corriger ces deux infortunes.
Il existe en effet à Glascow et à Francfort-sur-le-Mein une maison pour les veufs avec ou sans enfants. La plupart petits employés ou ouvriers y trouvent une sorte de famille. La gérante cherche à leur rendre le confortable qu'ils avaient autrefois dans leur propre home.
De plus ils y trouvent pour leurs enfants en bas âges c'est-à-dire jusqu'à l'apprentissage, les soins et la surveillance nécessaires, et peuvent être absolument tranquilles sur l'éducation donné à leur petite famille.
LA NIAISE
Je voudrais, lorsque de l'émoi
Me vient par ta chère présence
Et la nuit du silence
Me mettre à genoux contre toi.
Car c'est à genoux qu'on supplie,
Qu'on souffre et regrette le mieux
On s'agenouille pour les Dieux ;
C'est à genoux quon s'humilie.
Un pauvre cœur si bas planté,
Comme d'autres voudraient l'atteindre !
Voudrais-tu quelque jour, me plaindre,
Descendre de ta vanité ?
Ne parle pas ; laisse-moi croire …
Ou mieux, non, parle, sois obscur
Sois le même qu'hier, un mur
Te taire serait illusoire.
Donne-moi simplement le bras
Je m'y ferai toute petite
Une misère qui palpite
A l'ombre de tes yeux ingrats.
Oui, je sais, ton esprit m'ignore ;
Tu m'éloigne ; tu vas rêvant ;
Mais rien ne m'est plus décevant
Je reste douce, je t'adore.
Que tu cherches à me navrer
que j'agonise et que je pleure
Tu ne réduiras point mon leurre,
Ma fatigue de t'espérer.
Nicolette Hennique

REVUE NOS LOISIRS DU 30 AOUT 1908