IL FAUT A LA MANO NERA OU VOTRE BOURSE OU VOTRE VIE
Qui donc n'a pas entendu parler de la MANO NERA, qui donc n'a pas frémit en entendant conter les meurtres audacieux, les chantages terribles que les membres de la MANO NERA exécutent avec une inconcevable audace ?
La Mano Nera est une puissante association de malfaiteurs qui exerce ses ravages de l'autre côté de l'Atlantique. Comparés à ses méfaits d'une incroyable audace, les exploits des bandits du Nord, des Pollet, des Fauvart des Note, ne sont que des enfantillage inoffensifs.
Ces quatre empreintes de mains, de dimensions croissantes, vous montrent les étapes des progrès effrayants réalisé par la Mano Nera depuis l'année 1903 jusqu'à cette année.
Aux États-Unis la fortune est souvent rapide et la lutte pour la vie es intense. Si les hommes d'affaires ont là-bas l'amour du risque plus développé que leurs concurrents européens, il semble aussi que les malfaiteurs fassent preuve d'une audace et d'une initiative plus téméraires. La lutte est continue le jour à jour, minute à minute, entre la police et la Mano Nera. Mais rien n'arrête les tentatives des bandits
« De l'argent ou nous vous tuons ! »
« De l'argent ou nous enlevons vos enfants ! »
« De l'argent ou nous brûlons votre maison ! »
C'est ainsi que la Mono Nera s'adresse à eux dont elle veut de l'argent.
Il y a huit ans que cette puissante organisation de malfaiteurs fit son apparition à New-York. On évalue à plus de six millions cent cent mille francs l'argent que la Mano Nera a réalise depuis.
La Mano Nera s'adressa d'abord aux Italiens fortunés; ceux-ci commencèrent par la dénoncer à la police, mais les plus courageux ne tardèrent pas à trembler au reçu des messages de mort et à renoncer à toute résistance.
Une des plus notables victimes de la Mano Nera fut David Nesson, l'armurier milliardaire.
Il reçut tout d'abord des lettres de menaces ; il ne s'en inquiéta pas. Mais son superbe chien colley fut empoisonné, les plus beaux tableau de sa collection crevés, ses écuries brûlées. M. Nesson s'épouvante. A son indifférence succéda une terreur indicible, une angoisse de chaque minute. Et un beau matin, épuisé miné par les menaces perpétuelles, il mourut littéralement de frayeur, laissant une fortune de cent cinquante millions.
Ce fait n'est pas unique. La police de New-York à une lise de vingt personnes mortes de frayeur ; les unes se sont suicidées, les autres ont dans un accès de terreur, tué des innocents qu'elles prenaient pour les membres de la Mano Nera !
A Oyster-Bay , la Mano Nera eut l'audace de faire sauter un magasin situé à côté de la résidence du président Roosevelt.
Peu après c'est un juge de Paterson, Robert Cortese, qui reçoit un colis contenant une bombe. Il est tué et son fils grièvement blessé.
Un fermier italien établi dans l'ouest de la Pennsylvanie trouve une lettre fixée à sa porte et un cœur de veau saignant à côté. Il comprend et s'empresse de donner la somme demandée. Un autre italien reçoit une lettre roulée autour d'un doigt coupé.
Plus récemment un membre de la Mano Nera jette une bombe dans le vestibule du n° 326 East, 61e rue à New-York. Les dégâts sont purement matériels mais les 125 locataires fuient épouvantés. Joseph Cafazzi riche banquier, était l'un des propriétaires de l'immeuble. Il avait refusé la somme réclamée par la Mano Nera.
Le banquier voulut lutter. Il fit faire une enquête par la police. Mais bientôt son fils disparaissait enlevé par les bandits, en pleine rue, en plein jour et cependant... en plein mystère. Il céda et versa une formidable rançon de 400 000 francs et son fils lui fut rendu.
Actuellement la Mano Nera compte des milliers de membres et elle échappe à toutes les poursuites de la police de New-York.
Mais à la Mano Nera nul ne peut échapper. Lorsqu'une victime a été désignée par elle, elle est condamnée sans recours.
REVUE NOS LOISIRS DU 30 AOUT 1908