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L'AVANCEMENT

28 Janvier 2012, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

 

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<!-- @page { margin: 2cm } P { margin-bottom: 0.21cm }Depuis qu'on l'avait bâtie depuis sept ans la maison d'arrêt de Messourguières n'avait jamais tiré ses verrous que sur le sommeil du directeur Morniol et de sa femme.

C'était un mouvement clair, avenant, immense, pratique, moderne-style et comme disait le sous-préfet, à l'instar de Paris. Éclairage et ventilation, hygiène et sûreté... une prison modèle. Un condamné devait s'y trouver à merveille. Au printemps, les lilas du jardinet encensaient les cellules ; les poires de l'espalier en automne, s'offraient d'elles-mêmes entre les barreaux. Mes âmes simples qui passaient devant cette maison d'arrêt, à la voir si plaisante, rêvaient d'y terminer leurs jours. Auprès d'elle, l'hôtel de la sous-préfecture était une gargote et le palais de justice une masure. Un philanthrope local n'avait-il pas publié que la prison de Messourguières constituait une véritable invitation au délit ?

Par bonheur, la circonscription était profondément honnête. La prison depuis sept ans, n'avait pu parvenir à la corrompre.

Morniol le directeur, chantait d'ennui ans les corridors, sa femme bâillait par récréation. La prison se dressait à l'écart de la ville ; ils étaient eux-mêmes à l’écart de la société de Messourguières. On les oubliait avec quelque mépris ; ils laissaient faire.

Cependant Mme Morniol n'était pas sans inquiétude. Le directeur était un homme autoritaire, combatif, fait pour courber les résistances et discipline des rébellions. Il avait parfois de véritables accès de tyrannie et de violence. Sa colère tonnante emplissait les couloirs. La douce Mme Morniol pâlissait furieusement de cette humeur ; elle redoutait sans cesse que son mari ne l'enfermât avec un numéro d'écrou. Il fallait trouver un dérivatif à cette énergie impatiente. C'est pourquoi Mme Morniol acheta des lapins.

Le directeur se montra ravi. En trois mois toutes les cellules furent peuplées ; on vit sauter de petits derniers blancs sur la paille humide des cachots. Morniol passait des détenus à des heures réglementaires et les verrouillait rigoureusement. La nuit il faisait des rondes. Épouvantés par les feux de la lanterne, les lapins tapaient des pattes de derrière et se livraient à de folles sarabandes. Mais Morniol rentrait parfois dans sa chambre, transi par les courants d'air.

Si ça te fatigue trop, lui dit sa femme, nous pourrions bien demander un gardien.

 

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Or, voici qu'un beau matin, entre deux gendarmes un condamné parut. C'était un certain Bonnecoste fils d'un honnête laboureur du Causse-Noir.

L'ordre d'écrou était en règle ; il fallut bien recevoir le prisonnier. Contrarié, le directeur expropria une douzaine de lapins et, pestant, enferma notre homme à leur place.

On s'aperçut bientôt que ce détenu était un très brave garçon, un peu malchanceux sans doute, mais doux, serviable ayant de la lecture et une belle main. Il avait voulu devenir instituteur, mais, refusé deux fois au brevet supérieur, il s'était découragé et son père l'avait mis « derrière les boeufs » Il n'avait pas trente ans. Sa compagnie fut une bonne fortune pour les Morniol.

Un jour que le directeur s'avouait très embarrassé car il devait pour la première de sa vie fournir un rapport, faire son métier chose difficile dans la vie Bonnecoste offrit ses services. On n 'eut qu'à se louer de ce concours.

Bonnecoste devint un secrétaire, un ami ; l'occasion en fit un domestique.

Morniol un matin ne put se lever, sa femme dut rester auprès de lui.

Sans vous commander, dit-elle au prisonnier, voudriez-vous aller sur le talus par là, couper un peu d'herbe pour ces pauvres lapins ? Voici la faucille et le sac.

Il partit il entendit sans émoi sifflet les trains et les merles.

Tous les jours il sortit ainsi. Il rentrait tranquillement avec son sac rebondi, puis passait de cellule en cellule faire sa distribution. Pendant les quinze jours que le directeur garda la chambre, Bonnecoste eut la garde des lapins.

Au dehors, étant d'humeur aimable , il se fit bien vite des amis. Sa besogne finie il ne refusait pas un verre de vin au cabaret. Et comme les Morniol savaient reconnaître ses bons services, il avait toujours quelque piécette dans son gousset, ce qui lui permettait de rendre une politesse.

La convalescence du directeur fut assez longue. Bonnecoste eut soin des rapports et des lapins. Seulement il s'attardait parfois à boire et à jouer aux cartes. Mme Morniol le lui reprochait doucement mais le directeur irascible comme un homme affaibli, un soir se fâcha tout rouge et ferma lui-même la porte au nez de Bonnecoste.

On dit triste comme une porte

D'une prisonnier

Et je crois le diable m'emporte

Qu'on a raison

Le pauvre Bonnecoste se lamentait. Il avait bu un tantinet et l'alcool ajoutait à son désespoir. Il s'accusait d'ingratitude. Malgré ce repentir, il eût passé la nuit sur son sac d'herbe devant la maison d'arrêt, si Mme Morniol pendant le sommeil de son mari, ne fût venue en peignoir et les cheveux dénoués, ouvrir au malheureux prisonnier.

Bonnecoste entra dans une coulée de lune avec son sac plein de vertes senteurs. Il remercie Mme Morniol et la trouva jolie. Mais elle s'éloigna dans le corridor qui battaient ses sandales et quand elle passait près l'une croisée, elle était habillé d'un peignoir de lumière à grands carreaux bleus.

 

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Sur le conseil du médecin, un vieux bonhomme qui ne se dérangeait qu'à regret, Morniol demanda un poste dans le Midi ; il avait besoin, pour ses poumons d'aller respirer du soleil ; un certificat très pessimiste appuyait sa requête.

Le directeur devenait haïssable et criard. Un mal sournois ravageait son visage, y creusait des rides et des trous. Au-dessus des pommettes décharnées et rougies, les yeux brillaient étrangement.

Mme Morniol confiait sa tristesse à Bonnecoste.

Je n'ai jamais été heureuse avec lui, disait-elle.

Bonnecoste soupirait dans sa barbe fauve . Mme Morniol avait trente ans trente ans rebondis, savoureux et dorés... Oui sans doute, un malheur lui était arrivé. C'est que les lois ne comprennent pas grand-chose.

Jamais Bonnecoste n’avait voulu raconter son histoire. Voilà : c'était à cause d'une voisine qui avait démoli son rival, à cause d'une belle femme comme Mme Morniol. Mais il avait enterré ce souvenir avec bien d'autres. Que restait-il de ce passé d'hier ? Il restait Bonnecoste, laboureur qui avait « appris pour être maître d'école » et n'avait rien perdu de son cœur franc.

Si Morniol venait à mourir !...

Morniol mourut. Il avait voulu se lever par un matin glacial et il s'était affaissé devant la chambre de Bonnecoste.

Vite, portons-le sur votre lit, cria Mme Morniol. Et elle courut chercher des remèdes. Bonnecoste la rappela.

C'est fini, dit-il.

Alors elle considéra le jeune homme.

Bonjour Patrick,

 

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C'est avec un grand plaisir que je regarde votre émission le samedi qui me comble de joie avec tous vos numéros de cirque, je redeviens enfant.

Si je vous écris c'est qu'à une de vos émissions vous avez évoquer les olympiades omnisports qui se déroulent après les olympiades classiques et malheureusement on ne vois jamais de reportages sur ces épreuves et ce qui serais très intéressants. Vous avez parlé de faire des reportages d'une heure et demi chaque jour. Est-ce que ce projet prendra forme pour ceux de Londres dans quelques mois car si c'est le cas je serai le premier à les regarder avec plus d'attention car ces alctétes valent aussi bien que les valides.

J'espère qu'un jour on verra tous les reportages sur ces olympiades omnisports ou éventuellement des maths nationaux, c'est vraiment dommage que l'on ne fasse rien pour les handicapés car lorsque qu'on les connais ils nous donnent des leçons de courage.

Je vous remercie de m'avoir lu et j'espère qu'on verra des reportages à la télé.

Je vous remercie beaucoup et dans l'attente de vous voir à l'antenne, recevez, Cher Patrick, toute mon affection.

Qu'allons-nous devenir ?

Il lui prit les mains. Elle devenait très pâle et ses yeux étaient pareils à deux fleurs mouillées.

Je ne vous abandonnerai pas, déclara Bonnecoste.

Jamais ? Demanda-t-elle avec naïveté.

Jamais.

A ce moment on frappa.

Il faut bien aller ouvrir, dit-elle.

J'y vais, fit Bonnecoste. Je gage que c'est le remplaçant. Oui... hier un courrier du soir … vous étiez couchée... j'ai reçu la nomination. Un bon poste vraiment et bien au soleil. C'est un certain Rémah qui vous succède. Peut-être...

Un coup de heurtoir impératif lui coupa la parole.

La porte ouverte, deux messieurs se présentèrent.

Monsieur Morniol, déclara le premier, je suis M. l'inspecteur. J'ai l'honneur de vous présenter M. Rémah nommé, comme vous savez, directeur de la maison d'arrêt et de correction de Messourguières.

Bonnecoste reçu la poignée de main du nouveau venu.

Je dois ajouter, poursuivit M. l'inspecteur qu'il importe que vous preniez votre service demain, si c'est possible. Dans une heure vous avez un express. Vingt cinq détenus vous attendent. Vous serez très bien là-bas, monsieur Morniol. Vous y ferez comme ici je l'espère, d'excellents rapports et vous y trouverez , je le souhaite, la santé.

Il avait posé avec bonhomie sa main sur l'épaule de Bonnecoste.

Maintenant, conclut-il, nous allons procéder à la transmission du service. Vous avez un prisonnier je crois ?

I... il est mort ! Intervint Mme Morniol.

Madame, salua M. l'inspecteur, il s’est amendé... Quand à vous Morniol, je puis vous dire que j'ai pris soin, moi-même, de votre changement. Je vous demande en échange de faire diligence. L'administration à besoin de vous.

Bonnecoste fit un signe qui voulait dire : « Je suis là ! »

Fort bien ! Approuva M. l'inspecteur. Dans une heure l'express, M. Rémah votre successeur se chargera volontiers de vous faire d'ici, les envois nécessaires, à moins que madame ne préfère demeurer quelques jours.

Monsieur l'inspecteur, dit Mme Morniol je suivrai mon mari.

 

                                                                                                                     REVUE NOS LOISIRS DU 8 MARS 1908

 

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