EMPLOYÉES DE BUREAU
Quand on ne peut pas faire de sport en plein air, il faut en faire chez soi ou dans son bureau. Ce n'est pas seulement votre grâce et votre souplesse qui sont intéressées au bon fonctionnement de vos muscles, c'est aussi votre santé.
Fig 1 — Premier mouvement
Fig 2 — Deuxième mouvement. Quelques mouvements très simple exécutés régulièrement et avec méthode permettent de remédier aux inconvénients souvent grave de la position assise.
Fig 3 — 3e et 4e mouvement. Vous trouverez dans cet article l'explication minutieuse des quatre mouvements indiqués par ces figures. En les répétant avec régularité, vous développerez à la fois votre énergie musculaire et votre santé morale. Et n'oubliez pas que, même modeste, le sport est toujours du sport.
Jeunes dactylographes qui pianotez assidûment ne vous croyez pas condamnées aux épaules voûtées et disgracieuses, aux crampes douloureuses dans la nuque, le dos et les bras.
Des exercices très simples et faciles peuvent vous soulager, vous guérir et rendre à vos membres toute la grâce et la souplesse qu'ils n'auraient jamais du perdre.
Le mouvement continue des mains et la position immobilisée du corps vous donnent souvent le désir d'étirer vos bras.
Dans ce cas tournez votre chaise placez vos pieds à plat sur le plancher et étendez les bras au-dessus de votre tête autant que vous le pourrez puis, penchez-vous vers le plancher, redressez-vous et inclinez-vous en arrière, toujours avec les bras étendus dans toute leur longueur.
Si vous êtes trop nombreuses ans le bureau pour vous livrer à cet exercice, le suivant vous apportera le même soulagement.
Asseyez-vous en vous tenant très droite, saisissez chaque côté de votre siège avec vos mains, soulevez-vous en l'air, puis laissez-vous lentement retomber sur votre siège. Puis replacez vos mains aussi en arrière que possible tout en conservant l'équilibre, exécutez le même mouvement.
Voici maintenant un autre exercice, non moins simple et qui exige toujours les mêmes accessoires, une chaise.
Appuyez-vous les reins au dossier de votre chaise retournée, saisissez de vos mains les barreaux de la chaise. Plus ployez le corps en arrière, avec lenteur et souplesse. Revenez ensuite à la position verticale et recommencez le mouvement un certain nombre de fois.
Un autre exercice vous permettra de varier un peu les mouvements et de mettre en action une nouvelle série de muscles.
Placez-vous parallèlement au dossier de votre chaise. Placez le corps latéralement en prenant un point d'appui sur le devant de la chaise ainsi que l'indique notre dernier dessin. Revenez à la position verticale. Pliez le corps en sens contraire. Revenez à la position verticale. Penchez-vous à nouveau dans la direction de la chaise. Et ainsi de suite.
Enfin lorsque vous sentez les crampes venir, interrompez votre travail, redressez-vous tout en restant assise, joignez les mains sur la nuque, fermez les yeux et renversez votre tête en arrière tout en résistant légèrement avec les mains. Répétez ce mouvement trois ou quatre fois et la douleur disparaîtra.
Ce sont là des conseils bien modestes et sans doute il est plus facile de faire du sport, selon ces indications, que de parcourir de grandes routes en automobile. Mais essayez, vous toutes qui souffrez des mille inconvénients qu'engendre la position assise. Et vous nous en direz des nouvelles.
D'ailleurs les mouvements que nous vous indiquons doivent simplement vous guider et vous suggérez le désir d'en imaginer d'autres. L'essentiel est de se dérouiller les articulations.
Et ne croyez pas que ces mouvements soient ennuyeux à exécuter. Au bout de quelques temps vous éprouverez un tel bien-être qu'ils vous paraîtrons indispensables.
Mais l'on se moquera de vous dans les bureaux, dites-vous ?
Les premiers jours, peut-être. Et puis, les railleurs seront toujours, croyez-le, de vieux bureaucrates ankylosés. Gardez votre souplesse, malgré eux.
Ballade du petit bébé
Il fait un gazouillis suave
Un chantonnement continu,
Sous souci du ton, de l'octave ;
Son crâne au seul frison ténu
Est si blond qu'il paraît chenu.
Dans son fauteuil, par la planchette
Qu'il frappe du poing, retenu
Le petit bébé fait risette.
Et puis il désigne, très brave
Le gros chat de son doigt menu
Et puis quand sa bonne le lave
Et lui poudre son corps charnu
De vive force maintenu
Jambes en l'air, sans chemisette
En montrant son derrière nu
Le petit bébé fait risette.
Après quoi, longuement il bave
Et comme un objet inconnu
Il contemple rêveur et grave
Son pied dans ses deux mains tenu
Et pris du désir saugrenu
De sucer son bout de chaussette
Auquel il n'est pas parvenu
Le petit bébé fait risette
envoi
Princesse au regard ingénu
Croyez-moi dans la maisonnette,
Tout rit lorsque, nouveau venu
Le petit bébé fait risette.
Edmond Rostand de
l'Académie Française
REVUE NOS
LOISIRS DU 19 JUILLET 1908