CONSEILS PRATIQUES DE MODE
CONSEILS PRATIQUES DE MODE
Comme je vous le disais il y a quelques temps déjà la toque est devenue la reine du jour. Qui n'a pas sa toque ? Notre gentille figurine vous donne le modèle exact de cette favorite. Regardez-là bien. Oui... parfaitement c'est ce simple turban de fourrure que relève une aigrette « colonel »ou « grenadier »(l'aigrette grenadier l'emporte, je crois sur la « colonel ») qui a emballé toutes nos élégantes.
Ah ! Que nous sommes donc « brebis de Panurge »car vous ne trouverez chez les modistes aucun autre modèle que ce ruban et cette aigrette. Si vous osez prétendre que cette forme vous sied peu et qu'il vous serait agréable de voir autre chose on vous répondra : « Madame on ne fait que cela en différentes fourrures : skungs, loutre, renard, zibeline, cygne, hermine, mais toujours et invariablement cette forme et surtout cette aigrette »
Aussi mes chères lectrices possédez une toque, je vous le conseille, mais n'allez pas chez la modiste pour l'acquérir.
Je vous crois toutes assez habiles pour la chiffonner vous-mêmes.
Voici du reste la marche à suivre. Achetez une forme toque en laiton puis a fourrure qui vous plait le mieux ; je vous engage à choisir de la loutre d'Hudson , si jolie sur les cheveux et se drapant si bien. Vous assemblez vos peaux (il en faut trois pour une toque ; à 1.95 F la peau) puis après posant sa forme sur votre tête, à l'aide de grandes épingles , vous drapez et donner à la toque la forme qui vous sied le mieux. Votre travail, ainsi ébauché, il ne vous reste plus qu'on convenir de la garniture. Cherchons quelques idées plus nouvelles que l'éternelle et coûteuse aigrette. Ne croyez-vous pas, par exemple, que, posé de côté un bouquet de violettes , retenant une branche de mimosa, mélangé à du capillaire, donnerait à votre coiffure une allure plus personnelle ?
Voici un aperçu des prix :toque en laiton 0.95 F ; 3 peaux à 1.95 F = 5.85 F ; bouquet de violettes 0.95 F jusqu'à 10 francs ; soyons raisonnable et choisissons un intermédiaire 1.45 F ; branche de mimosa, 1.75 F ; capillaire 1.95 = 11.75 F.
Quoi qu'on en dise et malgré la jupe à taille, la chemisette n'a pas perdue un pouce de son empire. Celle que nous donnons aujourd'hui et recommandé par une simplicité pleine d'élégance. La manche est taillée d'un seul morceau avec le corsage, un petit côté est rajouté sous chaque bras et un autre sous chaque manche. Un galon brodé garni de ganses, ou simplement piqué, entoure l'empiècement, descend devant et semble former le corsage. Il orne aussi le dessus de la manche et se termine en poignet. L'empiècement carré le col et le deuxième poignet sont en dentelle en lingerie, ainsi que le plissé du devant.
La robe de chambre ici présente est en velours côtelé au prix de 1.25 f le mètre (il faut compter 12 mètres) Le haut est à plis plats, il se croise devant et dans le dos, la jupe semble continuer le mouvement du corsage. La taille est courte et serrée par un ruban. Un large bais de satin dans le ton entoure le mouvement croisé du corsage, forme une grande emmanchure de laquelle sort une première manche en velours, qui se continue par une autre manche en satin froncé, un large poignet formé par un biais de satin se termine. Ce même biais se retrouve longeant la fermeture de la robe de chambre.
Nous disions donc qu'il faut pour l'établir douze mètres de velours à 1.25 F le mètre soit 15 francs. Quatre mètre de doublure flanelle de coton à 0.55 F le mètre = 2.20 F ; trois mètres de satin ruban pour la ceinture à 0.75 F le mètre = 2.25 F ; deux mètres de satin pour faire les biais à 2.90 f le mètre = 5.80 F. Nous arrivons à un total de 25.25 F. Résultat très modeste pour une robe de chambre très pratique.
REVUE NOS LOISIRS DU 22 DÉCEMBRE 1907