CONCEPTION... LA SOIE... MARIAGE...
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CONCEPTION LA CHERCHEUSE D'OR
Il y a quelques années, le mexicain Juan Ojeda après avoir vainement enté la fortune au Klondyke dut revenir, ruiné, sans une piastre à la Verra-Cruz, sa ville natale.
Il y trouva sa femme. Conception qui gérait pendant son absence , un petit fonds de commerce .
Juan Ojeda ayant goûté à la vie aventureuse se pliait mal à sa nouvelle existence. Il était hanté par le souvenir des champs d'or jadis entrevus.
Sur ces entrefaites, un vieillard dont l'existence était toujours demeurée assez mystérieuse aux yeux de ses compatriotes, confia à Juan qu'il avait jadis découvert dans le massif de la Sierra Madre, des filons aurifères d'une prodigieuse richesse. Il ajouta les indications permettant de retrouver ces trésors.
Sans hésiter, Juan réalisa les derniers débris de son patrimoine et prépara son voyage. Conception résolut de partir avec son mari. Grisée par l'espérance d'une rapide fortune, elle se sentait prête à affronter tous les périls.
Après quelques semaine de marche pénible les chercheurs d'or touchaient leur but, l'homme tomba malade. Une fièvre pernicieuse l'avait terrassé. Il expira au bout de quelques jours, désespéré à la pensée d'abandonner sa femme dans cette affreuse solitude.
Conception ensevelit son mari et courageusement continua son voyage. Elle parvint aux champs d'or. Favorisée par une chance inouïe, elle découvrit une quantité de belles pépites. Mais elle serait probablement morte de fatigue et de privation dans son voyage de retour si un hasard favorable ne lui avait fait rencontrer une mission militaire mexicaine chargée de relevés topographiques.
Entrée aujourd'hui à la Verra-Cruz la jeune veuve est considérée comme un des plus riches partis de la ville.

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LA SOIE D'ARAIGNÉE DE MADAGASCAR
A Madagascar existent des araignées de grande taille que l'on désigne sous le nom d'Halabes. Les indigènes les ont parait-il en grande estime, car ils les mangent après les avoir fait frire dans la graisse. Mais elles paraissent susceptibles d'une utilisation plus intéressante et plus appétissante. Il y a quelques années, le Père Camboué a en effet, montré que l'on peut recueillir leur soie et l'employer aux mêmes usages pour celle du ver à soie du mûrier. D'après ses indications, on a créé un certain nombre filatures spéciale qui, grâce à la sollicitude de l'ancien gouverneur, le général Galliéni, commencent à se répandre et à donner des résultats.
La domestication des Halabes est beaucoup moins facile que celle des vers à soie pour deux raisons principales.
1° Elles sont carnivores et ne peuvent par suite être nourries de végétaux, bien plus faciles à récoler que des bestioles.
2° Elles sont comme toutes les autres araignées, d'un caractère déplorable, elles ne peuvent supporter, à côté d'elles, une de leurs compagnes sans se précipiter dessus avec furie et sans la dévorer. D'autre part, le fil ne peut être retiré du cocon, très irrégulier de l'animal ; il faut l'extraire de l'araignée d'elle-même — de même que l'on trait de lait de la vache.
On arrive cependant à bout de toutes ces difficultés en plaçant les araignées séparément dans de petites cases, mises côte à côte, mais où les barrières infranchissables ne permettent pas aux Halabes d'exercer leur tempérament fratricide.
Chaque cage est carrée et contient une sorte de guillotine en miniature ; c'est une petite demi-lune faite en bois, qui tient solidement l'araignée à la « taille » c'est-à-dire à l'endroit exact ou l'abdomen se réunit au céphalotothorax. On ramène un peu toutes les huit pattes en avant. De cette façon, l'abdomen se trouve ans une cavité tout à fait séparée. Pour toutes les bestioles dans cette position, qui, on le comprend, n'est pas de leur goût, il faut prendre de grands soins. On doit en effet, non seulement éviter de se faire piquer mais aussi de les blesser, ce qui leur ferait mourir rapidement.
Les jeunes filles malgaches ont le doigté délicat qui convient à ce genre d'exercice et elles installent dans leurs « box » les araignées sans que celle-ci s'en aperçoivent ou, du moins, ans qu'elles soient soumises à aucun mauvais traitement.
Les jeunes filles malgaches ont le doigté délicat qui convient à ce genre d'exercice et elles installent dans leurs « box » les araignées sans que celles-ci s'en aperçoivent ou, du moins sans qu'elles soient soumises à aucun mauvais traitement.
Lorsque les araignées sont ainsi mises hors d’état de prendre la clef des champs, on touche du doigt l'extrémité de leur abdomen et on en retire un fil que l'on enroule sur une bobine. On tourne cette bobine et au fut et à mesure le fil sort du corps de l'animal, se dévide et s'enroule sur elle. Tantôt en enroule seulement le fil d'une seule araignée, tantôt on réunit d'abord plusieurs fils en un seul et, en enroulant le tout, on a une bobine de soie beaucoup plus solide.
La quantité de soie que peuvent produire les araignées de Madagascar est énorme ; en un mois au cours de quatre ou cinq opérations, une seule à pu en donner jusqu'à 12 500 mètres de fil — mais c'est là un chiffre extrême.
L'extraction de la soie, d'ailleurs, ne peut se faire qu'à certaines époques de l'année ; la meilleure est celle qui correspond au moment où les araignées se proposent de pondre et de faire leur cocon. Passé ce temps, l'Halabe ne donnerait presque plus rien.
Lorsque le fil de l'Halabe se casse, on en conclut que celle-ci a donné tout ce qu'elle a pu et il faut songer à la réconforter. Pour cela on sort les épuisées de leur camisole de force et on les envoie dans une sorte de parc de convalescence ; c'est une simple plantation de bambous, où les pieds sont nombreux et très voisins les uns des autres. Dans ce paradis que Mahomet n'avait pas prévu, les Halabes se remettent de leurs émotions, elles capturent des insectes et les mangent pour se sustenter, ce qui, comme conséquence indirecte, régénérer leur soie à l'intérieur de leurs corps. Malheureusement pour elle cette félicité dure peu. Quand elles sont bien au point, les jeunes Malgaches les saisissent et les réintègrent dans leur prison, où on les dévide à nouveau. Et ceci à cinq ou six reprises successives jusqu'à ce que les araignées meurent d'épuisement. On les remplace alors par d'autres Halabes récoltées dans les buissons d'alentours.
La soie de l'Halabe est d'une couleur d'or merveilleuse et sa qualité est supérieure à la meilleure des soies du ver à soie. Un fil mesure sept millièmes de millimètres d'épaisseur, tandis que celle du ver du mûrier dépasse onze millièmes de millimètres ; leur soie est beaucoup plus fine par conséquent. La première résiste à la traction d'un poids de 4 grammes et s'allonge de 22 %. la seconde supporte un poids de 3.76 grs et s'allonge de 13 %. on fait toutes sortes de tissus remarquables avec la soie d'araignée ; ils sont d'une solidité et d'un moelleux extraordinaire. Singulière industrie tout de même...
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MARIAGE BIEN AMÉRICAIN
Pas banal du tout le mariage célébré récemment dans le Wyoming à Cody-Ville, entre un cow-boy John Dodge et la veuve Hanzin.
Nous connaissons déjà un grand nombre d'unions contractées de bizarres façons ; mariage en bateau, mariage en automobile etc mais c'est la première fois, croyons-nous qu'un mariage a été célébré de la façon étrange que voici :
Les deux fiancés, montés sur de rapides poneys s'élancèrent à toute bride à travers la prairie. A la hauteur du grand stand sur le champ de courses de Cody, Dodge attrape mistress Hanzin, l'enleva au cheval qu'elle montait et la mit sur le sien. C'est alors que le pasteur bénit leur mariage. Une musique d'instrument à cuivre jouet pendant ce temps des morceaux entrainants.
REVUE NOS LOISIRS DU 12 JANVIER 1908