COMMENT REUSSIR DANS LA VIE
COMMENT REUSSIR DANS LA VIE
Les situations en Algérie et en Tunisie
Aujourd'hui nous allons voir quels débouchés l'Algérie et la Tunisie peuvent offrir au point de vue administratif ; bien entendu nous nous occuperons que des situations moyennes, car il est évident que ceux qui peuvent légitiment penser à être plus tard gouverneurs généraux ou résidents généraux, n'ont pas besoin et nos renseignements.
D'autre part le sujet que nous traitons aujourd'hui étant très vaste, nous chercherons surtout à donner des indications générales, les points de détails étant impossibles à aborder dans un article qui doit, avant tout, donner une vue d'ensemble.
Le gouvernement général de l'Algérie comprend, comme employés subalternes, des expéditionnaires et des rédacteurs. Pour les expéditionnaires les cinq sixièmes des places sont réservés aux sous-officiers de dix ans de service. Du reste rappelons-le une fois pour toutes, cette réserve des cinq sixièmes a lieu au profit des sous-officiers dans la plupart des services de l'Algérie, en ce qui concerne les situations de commis et d'expéditionnaires. Le dernier sixième des places d'expéditionnaires au gouvernement général de l'Algérie, se donne au concours entre civils. Traitement : 1 600 (stagiaires) à 2 800 F.
Les rédacteurs sont recrutés pour les trois quarts au concours et, pour le dernier quart, parmi les fonctionnaires d'autres Administrations. Le concours est difficile et a lieu à Alger, ce qui élimine on s'en doute, pas mal de candidats. Traitement 1 800 (stagiaires) à 3 000 F.
Un nouveau concours est nécessaire pour être nommé rédacteur principal. Dans les préfectures, le traitement des expéditionnaires oscille entre 1 000 et 3 000 F. et celui des rédacteurs entre 1 800 et 3 600 F. Pour les expéditionnaires même remarque que ci-dessus. Pour les rédacteurs : concours ; le baccalauréat n'est pas exigé, mais donne une majoration de dix points. Le personnel des bureaux des sous-préfectures algériennes a été supprimé ; les sous-préfets ont comme collaborateurs des administrateurs de communes mixtes. Pour les commis attachés aux administrateurs, réserve des cinq sixièmes, comme précédemment. Traitement 1 800 F. au maximum.
Un mot, maintenant de administrateurs eux-mêmes. On débute comme administrateurs-adjoint après concours (baccalauréat ou diplôme analogue exigé) Le traitement varie de 1 800 à 3 000 F. Les administrateurs titulaires sont nommés au choix parmi les adjoints de première classe, et touchent un traitement allant de 3 000 à 6 000 F.
L'administration et le personnel des forêts ont une grosse importance en Algérie. La totalité des préposés actif se recrute parmi les militaires non gradés de quatre ans, et la totalité des sédentaires parmi les sous-officiers de dix ans. Les traitements sont ceux de France (700 à 1 200 et de 800 à 1 300 F.) augmenté du « quart colonial » dont nous parlerons tout à l'heure. De plus les préposés ont droit à un terrain de culture, à un droit de parcours pour leurs animaux domestiques, au chauffage, etc. dans le services des Epizooties, (1)gardes-sanitaires ayant un traitement de 1 200 à 1 500 F. Ils sont recrutés parmi les gradés de quatre ans.
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Dans l'Administration des Ponts et chaussées, les places de commis de quatrième classe (2 000 F.) et celles de conducteurs (1 200 à 1 650 F.) ne sont réservées aux sous-officiers que dans la proportion de deux tiers, pour les premières et de la moitié pour les autres. Les candidats civils ont donc, ici, quelques débouchés, mais les vacances sont très rares. Un concours est nécessaire bien entendu. Mais il est bon de remarquer que sont dispensés de ce concours les élèves diplômés des Écoles d'arts et métiers ou de l'École d'apprentissage de Dellys ou de l'École des maîtres mineurs d'Alais et de Douai. Dans la Voirie départementale et vicinale, on débute comme agent voyer secondaire, aux traitements de 1 800 à 2 800 F.
Le concours qui mène à cette situation est sensiblement analogue à celui du commis des ponts et Chaussées. Une administration moins connue est celle de la Topographie. Elle comprend un personnel sédentaire et un personnel actif. La situation de début dans le personnel sédentaire est celle du commis (1 500 à 2 400 F.) Mais ces places sont réservées en totalité aux sous-officiers de dix ans. Nous pouvons d'ailleurs, consoler nos lecteurs ; on compte deux vacances par an. Dans le personnel actif, on débute comme élève-topographe, après un concours. Age : 21 à 30 ans. Une majoration de vingt points est accordée aux candidats qui possèdent le diplôme de langue arabe.
Après un stage les élèves topographes sont nommés topographes ordinaires du quatrième classe aux appointements de 1 500 à 2 400 F. Les situations qu'ils peuvent avoir ensuite sont les suivantes : topographes principaux (2 700 à 3 000 F.) triangulateurs (3 300 F.) vérificateurs (3 600 à 4 500 F.) Outre ces traitements, les employés dont nous venons de parler, touchent des indemnités variant de 1 200 à 1 800 F.)
Voyons maintenant les Postes, les Poids et Mesures et les Douanes. Pour les Postes à côté d'un certain nombre de fonctionnaires et d'agents métropolitains, mis à la disposition du gouverneur général et dont nous n'avons pas à nous occuper ici, il faut placer :
1° Les agents du cadre algérien (receveurs, commis, dames) 2° les sous-agents du cadre algérien (surveillants, facteurs de diverses catégories, gardiens, distributeurs etc) Un certain nombre de ces emplois sont réservés aux sous-officiers ou soldats engagés et ne sont accessibles aux civils qu'à défaut de candidats militaires. Comme les emplois sont nombreux nous ne pouvons qu'engager nos lecteurs à se renseigner directement auprès de l'Administration.
Voici quelques chiffres de traitements à titre d'indication : Gardiens entrepôts 1 000 F. par an au minimum ; facteurs locaux et ruraux 1 050 F. avec haute paye de 50 F. jusqu'à 250 F. ; facteurs des villes et facteurs des télégraphes 1 100 à 1 500 F. ; facteurs-receveurs de 1 000 à 1 400 F. ; receveurs de 1 000 à 3 000 F.
Pour les Poids et mesures la totalité des emplois est réservée aux sous-officiers de dix ans. Pour les douanes, le personnel supérieur est détaché du centre métropolitain ; en ce qui concerne le personnel subalterne, mêmes règlements que pour celui de la métropole, avec cette remarque pour les préposés actifs, tous recrutés parmi les soldats de quatre ans, ont droit « quart colonial » dont nous parlerons tout à l'heure.
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Les agents de la Sûreté sont pris pour les trois quarts parmi les militaires non gradés de quatre ans et les inspecteurs pour la moitié, parmi les gradés de quatre ans. Les commissaires de police des communes en dehors des chefs-lieux de département et d'arrondissement, sont pris, pour un tiers, parmi les sous-officiers de dix ans. Quant aux autres commissaires de police, ils sont recrutés par la voie de concours dont dispense de licence en droit : limite d'âge 40 ans. Traitements : agents de sûreté 1 200 à 1 500 F. ; inspecteurs 1 600 à 2 400 F. ; commissaires 1 800 à 4 000 F. sans compter les frais de bureau.
Là encore, les trois quarts des places sont réservées aux soldats de quatre ans. Pour le reste, il faut que les candidats justifient (et nous signalons ces curieuses obligations) soit de la profession de comptable ou de commis d'architecte, soit de l'apprentissage de maçon, menuisier etc. traitement gardiens auxiliaires 300 à 600 F. ; gardiens annexes 1 000 à 1 400 F.
En ce qui concerne l'instruction publique, le personnel de l'Enseignement primaire est recruté parmi les élèves des Écoles normales algériennes. Dans le même ordre d'idée, signalons que chaque année, ont lieu à Alger des examens pour primes d'arabe ou de Kabyle : 500 ou 300 F. Nous ne pouvons qu'engager vivement nos lecteurs algériens à se présenter à ces examens.
Contributions directes — Le quart des places peut être donné aux candidats civils, après concours. Traitement 1 600 à 4 000 F. Contribution indirectes — La moitié des places comme si-dessus en ce qui concerne les commis 1 875 à 2 400 F. enseignement — Dans le personnel subalterne local, une partie se compose de sous-officiers de dix ans, une autre est nommée par le gouvernement général au choix.
Ainsi qu'on a pu voir en lisant ce qui précède une grande partie des fonctionnaires et employés des Administrations algériennes proviennent de l'Administration française. Il ne faut donc pas croire qu'en cas de difficultés pour trouver une situation en France, on pourra aborder facilement l'Algérie ; bien au contraire. Néanmoins ainsi qu'on a pu se rendre compte, il existe un cadre local ; mais là, on se trouve en présence des anciens militaires auxquels la plus grande partie est réservée.
Si nous insistons sur ces deux points au risque de décourager quelques lecteurs, c'est pour tâcher d'épargner bien des mécomptes et bien des ennuis. Les agents de la métropole qui peuvent aller en Algérie ont les avantages suivants : Bonification de moitié au point de vue de la pension de retraite (un an de service est compter un an et demi et ainsi de suite)Quart colonial c'est-à-dire supplément d'un quart du traitement. Maintenant il y a quelques exceptions à cette double règle.
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Ce que nous avons dit de l'Algérie nous dispense d'insister longuement sur la Tunisie. Voyons maintenant quelques Administrations avec chiffres à l'appui.
Contrôle civil — Les commis expéditionnaires sont recrutés au choix, sans conditions d'âge ni de diplôme. Traitement 1 500 à 4 000 F. pour les secrétaires de quatrième classe, le baccalauréat est exigé.
Finances — Cadre métropolitain et cadre local comprenant service sédentaire et service actif (préposés 1 200 à 1 500 F. ; sous-brigadiers 1 500 à 1 800 F etc)
Instruction publique — Aux jeunes gens qui disposant d'un certain avoir, penseraient plus tard à s'occuper de culture en Algérie et en Tunisie et seraient désireux d'un apprentissage pratique (destiné à leur éviter bien des déboires) nous signalons l'École coloniale d'agriculture de Tunis. Les concours d'admission ont leu non seulement à Tunis et en Algérie, mais aussi à Paris et dans certaines villes de France.
Age : dix sept ans. Deux ans d'études . Prix de la pension 750 F. C'est l'une des meilleures façons de connaître un peu la culture raisonnée du sol en Algérie, en Tunisie et aux Colonies. Les considérations générales relatives à l'Algérie pourraient être répétées ici. On voit donc qu'à moins de circonstances spéciales (sauté, famille etc) il ne faut pas penser à aller en Tunisie pour y chercher sur place, une situation administrative si modeste soit-elle.
Au contraire les fonctionnaires ou employés de la métropole, qui peuvent s'en aller en Tunisie, verront leur situation pécuniaire très améliorée ; c'est ainsi, par exemple, que le personnel métropolitain des postes et Télégraphes a ses traitements doublés. Pour ce qui est des autres Colonies, ou plus exactement des Colonies — car l'Algérie et la Tunisie sont le prolongement même de la France — les situations sont différentes. Nous aborderons ce sujet plus tard.
(1) Maladie qui frappe simultanément un grand nombre d'animaux de mêmeespèce ou d'espèces différentes.
REVUE NOS LOISIRS DU 18 OCTOBRE 1908
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