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COMMENT REUSSIR DANS LA VIE

7 Juillet 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

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COMMENT RÉUSSIR DANS LA VIE

Dentistes – Sages-femmes – Infirmiers - Masseurs

Dans un précédant article (19 juillet) nous avons étudié les professions de Médecins, de pharmaciens et d'Herboriste. Aujourd'hui ainsi que nous l'avions indiqué dans l'article précité, nous allons nous occuper des Dentistes, des Sages-femmes, Infirmiers et Infirmières, Masseurs et Masseuses.

Actuellement il existe en France environ 3 500 dentistes et, en outre, environ 500 stomatologistes, c'est-à-dire docteurs en médecine se spécialisant dans la dentisterie ; on emploie à peut près deux millions de dents artificielles par an. Il n'est point, croyons-nous besoin de aire remarquer que le dentiste, ou plutôt le chirurgien-dentiste (c'est son titre officiel) n'a aucun rapport avec l'arracheur de dents de jadis ; c'est un praticien sérieux, ayant fait trois années d'études, bachelier ou professeur d'un titre analogue, et parfois même un docteur en médecine.

La profession de dentiste ne peut pas s'exercer sans le diplôme de chirurgien-dentiste. Le diplôme est délivré par la Faculté de médecine de Paris et les Facultés de quelques grandes villes ; il nécessite trois ans d'études et trois examens dont le coût total est environ mille F..

Pour être candidat au titre de chirurgien-dentiste, il faut avoir le baccalauréat, où le certificat d'études primaires supérieures (nous signalons cette indication aux familles) où le certificat délivré après la classe de troisième de l'enseignement secondaire. Dans les Facultés de médecine, on procède aux travaux pratiques, mais l'enseignement proprement dit est donné dans des Écoles dentaires libres pouvant offrir des garanties nécessaires aux futurs chirurgiens-dentistes. Les examens doivent quand même, être subis dans les Facultés.

Trois de ces écoles existent à Paris : École dentaire française, École dentaire de Paris, École odontotechnique. La situation de dentiste est en général avantageuse, beaucoup de petites villes, qui ignoraient la brosse à dents il y a un demi-siècle, se plaignent aujourd'hui de l'absence de dentistes. C'est donc pour le moment encore, un débouché possible. Quelques pharmaciens ont passé leurs examens de chirurgien-dentiste et s'en sont bien trouvés. Signalons un mouvement qui s'accentue de jour en jour en faveur de l'obligation à imposer à tous les dentistes de posséder le diplôme de docteur en médecine. Signalons aussi d'après les documents qui nous ont été communiqués, que dans deux ans, le nombre des dentistes se trouvera augmenté de huit cent.

Pour fonder un cabinet de dentiste, il faut disposer d'environ de quinze cent F. pour achat de matériel indispensable ; à cette somme en ajouter une au moins équivalente, pour l'ameublement du cabinet et de la salle d'attente, donc, trois mille. Avec l'achat de quelques produits, la location de l'appartement, ou de la maison si l'on s'installe en province, la somme nécessaire à l'entretien pendant un an, on arrivent aisément à trois autre mille F.. Il faut donc compter un minimum strict de six mille F. comme fonds d'installation. Bien entendu si l'on veut s'installer à Paris et très luxueusement il faut quintupler cette somme au moins. Si au lieu de créer on achète un cabinet déjà installer, le prix d'achat est généralement égal au chiffre d'affaires.

Les jeunes gens qui, faute de diplôme ou d'argent, ne peuvent pas espérer au titre de chirurgien-dentiste, ont la possibilité de se créer d'honorables et assez rémunératrices situations, en se faisant mécaniciens dentistes, c'est-à-dire en s'occupant de prothèse (mécanique) dentaire.

Les Écoles dentaires ont un cours de prothèse. Les mécaniciens attachés au cabinet d'un dentiste peuvent gagner de 25 à 100 F. par semaine. La profession de dentiste est accessible aux femmes ; Paris compte une soixantaine dentistes femmes ; la première s'est installé il y a vingt huit ans. Peut-être est-ce donner un bon conseil aux jeunes femmes exerçant la dentisterie que les engager à se tourner vers la province. Chambre syndicale des Dentistes : 45 rue de la Tour d'Auvergne Paris.

 

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il existe encore 15 000 sages-femmes en France. On s'accorde à trouer ce nombre trop élevé, étant donné surtout que, maintenant, l'on s'adresse souvent au docteur.

Les études de sages-femmes durent deux ans et ne peuvent pas être commencées avant l'âge de dix neuf ans ni après celui de trente cinq.

Deux classes : les sages-femmes de 1er classe qui peuvent exercer dans toute la France, celle de 2e classe, qui ne peuvent exercer que dans le département où elles ont reçu leur diplôme ou dans un département limitrophe. Les sages-femmes, de 1er classe doivent posséder le brevet élémentaire, où bien le certificat d'études secondaires établi par le décret de janvier 1882. les sages-femmes de 2e classe n'ont à présenter aucun diplôme, mais doivent subir un examen peu difficile comprenant une lecture expliqué, une dictée (pas plus de cinq fautes) des problèmes posant sur les quatre règles et sur les éléments système métrique. Les droits d'examens et de diplôme sont de 190 F. pour la 1er classe et de 140 F. pour la 2e classe.

Dans les deux classes, rappelons-le, même durée d'études : deux ans mais pour la 2e classe ces deux années d'études peuvent être faites dans ne École préparatoire ou dans une Maternité, tandis que pour la 1er classe, une année de moins, la seconde doit être faite dans une Faculté ou dans une École de plein exercice de médecine ou de pharmacie.

Paris possède deux écoles de sages-femmes, l'une comprenant des élèves internes, à la Maternité ; l'autre comprenant des élèves externes à l'hôpital Beaujon. Pour entrer à la Maternité, il faut subir un examen ; le prix de la pension est de 1 000 F. par an. Un grand nombre d'élèves de la maternité sont envoyés là par leur département d'origine et aux fris de celui-ci. Mais elles doivent à leur sortie, aller s'établir dans ce département où rembourser les frais qui ont été fait pour elle.

Les jeunes filles qui désireraient obtenir ces bourses doivent s'adresser leur demande au préfet de leur département ; elle feront bien d'abord de s'adresser au conseil général de leur canton. Les élèves de la maternité ont un privilège très appréciable ; même si elles ne possèdent aucun diplôme, à leur sortie, le titre de sage-femme de 1er classe. L'externat de Beaujon de création récente semble appelé à rendre aussi de grands services.

Maintenant que donnera la profession dans la pratique ? A Paris la concurrence est grande , mais aussi l'on peut trouver là des ressources qui font défaut en province. D'abord la sage-femme peut être envoyée chez les malheureuses qui sont inscrites à l'Assistance publique : 15 F. par accouchement, mais 15 F. qui sont bien gagnés. Puis si elle a la chance d'être « agrée » par l'Assistance publique, elle reçoit des pensionnaires qui ne peuvent trouver place dans les hôpitaux. Elles touchent alors 10 F. pour l'accouchement, 60 F. pour le traitement qui purent dix jours et 6 F. par chaque journée supplémentaire indispensable.

Pour être « agréée » une sages-femme à Paris doit être ancienne élève de la Maternité ; adresser la demande à l'Assistance publique en faisant valoir ses titres. Une sages-femme qui a la chance de se voir envoyer d'une façon constante, des pensionnaires comme nous l'indiquons ci-dessus, peut se faire, de ce chef, plusieurs milliers de francs de bénéfices, sans compter la réclame très légitime auprès du public.

La sage-femme peut aussi prendre des pensionnaires qui ne lui sont pas envoyés par l'Assistance publique et qu'elle hospitalise dix à quinze jours. Elle se ait payer un prix moyen de 60 à 100 F. parfois même 150 à 200 F. ; or on calcule généralement qu'une accouchée revient 3 F. par jour, sauf exception bien entendu, soit 30 F. pour les dix jours, minimum le bénéfice est donc appréciable.

Mais il faut une certaine mise de fonds pour avoir un appartement convenable, des chambres bien exposées et une ou deux bonnes. Une sage-femme qui a des relations utiles soit parmi les médecins, soit dans l'Administration peut essayer avec quatre ou cinq mille francs d'avance. Demander une autorisation au Préfet de Police.

En clientèle privée, la sage-femme se fait payer à Paris, de 30 à 60 F. ; en province de 20 à 30 F. A Paris, dans les quartiers pauvres, la sage-femme abaisse souvent son tarif à 10 F. et à la campagne, on trouve encore des praticiennes à cent sous.

Par les renseignements qui précèdent, les jeunes filles se sentant attirées par la profession très intéressante de sage-femme, peuvent voir les avantages et les aléas du métier. Si elles sont intelligentes, adroites, bonnes (car le dévouement est aussi nécessaire que l'adresse) elles réussiront probablement. Syndicat général des Sages-Femmes de France 32 avenue de Neuilly, à Neuilly (Seine)

 

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Occupons-nous maintenant des infirmiers et infirmières, l'une des rares professions qui ne soit pas encombrée ; c'est dire qu'elle est spécialement dure et peu rémunérée, proportionnellement au travail demandé. L'âge de début est de dix huit ans pour les femmes et de vingt et un ans pour les hommes, sauf exception, assez rares, en faveur des enfants assistés. Le traitement des stagiaires et de 400 F. par an avec la nourriture et le logement. Titularisation au bout d'un an environ et alors. Traitement de 450 F. Dès ce moment. Dès ce moment retenue 5 % pour la retraite, versée à la Caisse des dépôts et consignations.

Pour les trois classes suivantes : 500, 600 et 700 F. Les veilleurs et veilleuses touchent 700 F. il existe aussi des remplaçants et remplaçantes qui touchent 400 F. par an quelle que soit la classe du remplacé. Les remplaçants n'appartiennent pas à proprement parlé à l'Administration et peuvent être congédiés du jour au lendemain. Pour être remplaçant il suffit de se présenter à l'hôpital Saint Antoine pour les hommes et à la Salpêtrière pour les femmes. Apporter le casier judiciaire qui doit porter aucune condamnation. Au moment où nous écrivons ces lignes les demandes de remplaçant sont très rares, ce qui indique, comme nous le disions que le métier est très dur.

Aussi, un courant très net se manifeste-t-il parmi les infirmiers et infirmières, en faveur des réformes importantes qui, d'après les intéressés devraient être les suivantes : Début 1 800 F. titulaires 1 890 F. Puis les quatre classes que voici : 1980 F., 2 070 F., 2 160 F., 2 520 F. D'autre part, la retraite au lieu de n'être acquise comme à l'heure actuelle, qu'au bout de trente ans, le serait au bout de vingt cinq, avec faculté de prendre une retraie proportionnelle au bout de quinze ans. C'est la situation en Russie, en Suède, 780 F. de retraite à cinquante cinq ans.

Il est malheureusement certain que bien peu d'infirmiers et d'infirmières peuvent arriver à l'échéance de trente ans de service, qui est le chiffre actuel en France. Écoles d'infirmiers et d'infirmières à Paris Hôpitaux de la Pitié, de Lariboisière, de la Salpêtrière et de Bicêtre Directeur de l'Assistance publique être. Adressez les demandes d'admission 3 avenue Victoria.

Les surveillants et surveillantes sont choisis parmi les infirmiers et infirmières ; les appointements oscillent entre 1 500 et 2 300 F. Tous les chiffres indiqués concernent Paris et la Seine. Pour la province les traitements sont très variables. Voici ceux d'un grand hôpital : 400 à 600 F. pour les infirmiers et infirmières ; 600, et 700 F. pour les surveillants. Petit hôpital : 360 à 400 F. Dans quelques hôpitaux de province importants se trouvent maintenant des Écoles d'infirmiers et d'infirmières on y est admis à partir de quinze ans. A côté du personnel infirmier des hôpitaux se placent les infirmiers et infirmières qui se rendent chez la clientèle privée. Il est prudent de ne s'engager dans cette voie que si l'on est très recommandé par un médecin.

Syndicat du personnel non-gradé des hôpitaux de la Seine : Bourse du travail.

 

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Arrivons maintenant aux masseurs et masseuses. Le métier peut s'acquérir en quelques mois, nombreuses Écoles privées à Paris.

C'est un débouché qui peut rendre de réels services aux jeunes filles ou jeunes femmes. Mais là aussi , on a des chances de réussir que si l'on a de nombreuses recommandations médicales, les séances se paient environ 3 F. et sont parfois fatigantes. Beaucoup de masseuses vont s'installer pendant la belle saison dans les stations thermales ; ce déplacement peut être fructueux si l'on est recommandé par les médecins de la station ou, plus modestement par les baigneuses de l'établissement. Il y a quelques sages-femmes qui se sont mises à faire le massage ; elles sont généralement contentes de l'idée qu'elles ont eue, car actuellement encore ont trouve très peu de masseuses en province et ses deux professions ne s'excluent point au contraire.

 

REVUE NOS LOISIRS DU 11 OCTOBRE 1908

 

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