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COMMENT REUSSIR DANS LA VIE

22 Juin 2013, 09:00am

Publié par nosloisirs

 

COMMENT REUSSIR DANS LA VIE

LA PROFESSION MIILITAIRE : Sous-officiers, Caporaux et Soldats

 

MILITAIRE

 

Dans notre article du 16 août nous examinions quelle pouvait être, dans la vie civile, à leur sortie du régiment, la situation des militaires qui avaient rengagé.

Aujourd'hui nous étudions quelle est la situation à la caserne, des jeunes gens qui s'engagent ou se rengagent. En effet la loi de deux ans afin de créer des cadres aussi solides que possible, a cherché tous les moyens de faire du service militaire une véritable profession.

De sorte qu'actuellement le jeune homme qui se trouve sans fortune et sans relations, ou qui se sent attiré par la caserne est certain de rencontrer sous les drapeaux, non seulement une situation qui lui permettra, plus tard, d'obtenir plus facilement une place dans la vie civile, mais aussi une situation véritable, bien établie et comportant de très appréciables avantages.

Et encore, nous ne nous plaçons ici qu'à un point de vue purement matériel, laissant de côté la satisfaction morale, très haute et très mobile du devoir accompli. Autre remarque : cet article s'adresse beaucoup moins aux militaire en activité de service qui au bureau du « chef » peuvent avoir tous les renseignements possibles, qu'aux jeunes gens désireux d'embrasser la carrière militaire et se demandant, faute d'indication, quel avantages ils peuvent retirer de leur détermination.

Le jeune homme qui désire s'engager devra, avant tout, bien se pénétrer des articles 50 à 69 de la loi du 21 mars 1905 ; il devra lire aussi le décret du 27 juin et la loi du 10 juillet 1907. Ceci fait et sa résolution mûrement arrêtée, il se présentera devant un commandant de bureau de recrutement. Celui-ci le fera examiner par un médecin et lui délivrera, s'il y a lieu un certificat d'aptitude.

Muni de ce certificat, notre jeune home se présentera alors devant le maire d'un chef-lieu de canton, avec son casier judiciaire et diverses pièces énumérées par les lois et décret précités et il signera son engagement. Si par hasard l'engagé volontaire croit ensuite devoir contester la légalité ou la régularité de cet acte, il devra adresser sa réclamation au préfet du département où l'acte a été reçu. Avant d'aller plus loin, disons en passant que nous ne nous occupons que des troupes métropolitaines ; les Troupes coloniales et la Marine feront l'objet d'un article ultérieur de même que la Marine de commerce (long cours, cabotage etc)

Revenons donc à notre engagé. Pour combien de temps peut-il contracter un engagement ? Pour trois, quatre ou cinq ans. Voyons maintenant les avantages immédiats de l'engagé.

Il a d'abord le droit de choisir son arme et son corps, sous réserve, naturellement, des conditions d'aptitude physique exigée par cette arme ; il existe à ce sujet, une instruction ministérielle de 1905 très détaillée.

Il a ensuite un double avantage pécuniaire s'il contacte un engagement de plus de trois ans. En premier lieu, il touche à partir de la 3e année une haute-paye journalière dont le tarif est fixé par le ministre ; voici les chiffres : 0.40 F par jour dans l'artillerie et la cavalerie ; 0.20 F pour l'infanterie. Les brigadiers couchent 0.70 F et les caporaux 0.60 F.

En second lieu, outre la haute-paye l'engagé touche à partir aussi de la 3e année une prime. Le tarif est variable et le ministre doit le faire connaître chaque année. On compte généralement 100 francs pour un engagement de quatre ans et 200 francs pour un engagement de cinq ans. Si l'engagé est devenu caporal ou brigadier il touchera pour un engagement de quatre ans 150 ou 200 francs et pour un engagement de cinq ans 300 ou 400 francs.

Voyons maintenant comment cette prime est payée à l'intéressé. La moité lui est acquise au moment de son engagement ; le reste lui est payé au cours de sa troisième année, à moins qu'il n'en désire qu'une fraction, auquel cas il est payé définitivement quand il quitte le service. Tels sont, très rapidement résumés, les principaux avantages de l'engagé. Passons donc au rengagé.

 

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Les militaires de toutes armes et de tous grades et aussi de simples soldats, peuvent avec le consentement du Conseil de régiment, contacter des rengagements d'un an, dix huit mois, deux ans, deux ans et demi et trois ans. Les militaires libérés sont la même faculté à condition qu'ils aient pas quitté le service depuis plus de deux ans. Les rengagements sont renouvelables jusqu'à une durée totale de quinze ans de service, pour les sous-officiers de huit ans, pour les brigadiers de cavalerie et d'artillerie ; de cinq ans pour les autres miliaires.

Bien que ne nous occupons pas ici des troupes coloniales, nous pensons, néanmoins devoir faire observer que, dans ces troupes, les rengagements sont possibles jusqu'à quinze ans pour tout le monde. Si le militaire eut être maintenu sous les drapeaux au delà de quinze ans de service, il faut qu'il soit « commissionné » faveur qui ne peut pas être accordée dans tous les cas.

L'engagé ou le rengagé qui veut vraiment « faire sa carrière militaire » doit s'efforcer d'être sous officier. Alors eux routes s'offrent à lui. Où bien il tâchera de passer par une École spéciale d'où il sortira officier. Où bien il restera sous-officier, profitant des avantages qui lui sont accordés à ce titre.

Voyons d'abord les Écoles qui permettent aux sous-officiers de conquérir l'épaulette. Elles sont au nombre de quatre.

École de l'artillerie et du génie et du train de l'équipage à Versailles — conditions : deux ans de grade de sous-officiers au 31 décembre. L'admission a lieu au concours (différent suivant les armes) durée des études un an. École Saint-Maixent — Deux ans de grade. Concours, un an d'études. A la sortie sous-lieutenant d'infanterie. École d'application de cavalerie à Saumur — Comme précédemment. Outre les sous-officiers-élèves, l'École de Saumur reçoit des élèves de Saint-Cyr, des aides-vétérinaires stagiaires, et des officiers venant compléter leur instruction. École d'administration de Vincennes — Admission et études comme précédemment. A la sortie adjudant d'administration ; puis au bout d'un an, au mieux, officier d'administration.

Ajoutant qu'en dehors de toute École un petit nombre d'adjudants dans les diverses armes, peuvent être promus directement sous-lieutenants. Mais nous sommes certains de donner un bon conseil à nos lecteurs en les engageant à ne pas compter sur ce débouché et à préparer les Écoles. Mais supposons que notre sous-officier ne puisse pas ou ne veuille pas essayer d'être officier. Sa situation de sous-officier rengagé sera encore très supportable, étant donné surtout qu'il se trouvera encore à un âge où les situations civiles sont très aléatoires.

Sans compter la possibilité d'être médaillé et les avantages secondaires de tenue élégante, de liberté plus grande etc. le sous-officier rengagé à droit, à partir du commencement de sa sixième année de service, à une solde spéciale (remplaçant le solde ordinaire à la haute-paye dont nous avons parlé plus haut)

De la sorte le sergent touchera de la 6e à le 8e année 102 francs par mois ; de la 9e à la 11e année 108 francs ; à partir de la 12e année 114 francs. Le sergent-major : 111, 117 et 123 francs par mois. L'adjudant 159, 159 et 165 francs par mois. Si le sous-officier est autorisé à loger en ville, il a droit à une indemnité de logement variable d'après les garnisons. Enfin la prime dont nous avons parlé plus haut pour les soldats et les caporaux, c'est ainsi,fixé pour les sous-officies ; 360 francs pour les engagements de quatre ans ; 540 francs pour ceux de quinze ans et demi ; 720 francs pour ceux de cinq ans.

Arrivons maintenant à la pension de retraite, en remarquant qu'un jeune engagé de 18 ans arrive à ses quinze ans de service, c'est-à-dire à sa retraite, âge seulement de trente trois ans. Les militaires de toutes armes quittant les drapeaux après quinze ans de service, ont droit à une pension proportionnelle ; après vingt-cinq ans de service, ils ont droit à une pension de retraite. Voici pour chaque grade, les chiffres de la pension de 15 ans et de la retraite de 25.

Adjudant 455 F et 1 000 F ; sergent-major 395 et 900 F ; sergent 365 et 800 F ; caporal 347 et 700 F ; soldat 335 et 600 F.

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Les avantages accordés aux engagés et rengagés s'étendent aussi à leurs enfants. Pour les garçons il existe six Écoles militaires préparatoires : Rambouillet (Seine-et-Oise) Montreuil-sur-Mer (Pas de Calais) Saint- Hippolyte-du-Fort (Gard) les Andelys (Eure) Autun (Saône-e-Loire) Billon (Puy-de-Dôme)

Ces écoles sont réservés aux fils de soldats caporaux et sous-officiers et aussi d'officiers jusqu'au grade de capitaine. Les enfants y restent de 13 à 18 ans et à cet âge doivent contracter un engagement dans l'armée. Jusqu'à 13 ans les enfants de troupe restent dans leur famille. Celle-ci touche pour les enfants de 2 à 5 ans 100 F ; pour ceux de 5 à 8 ans 150 F et pour ceux de 8 à 13 ans 180 F. L’orphelinat Hériot, près de Rambouillet reçoit en-dessous de 13 ans les orphelins des soldats ou de sous-officiers et les prépare à l'une des six écoles dont nous venons de parler.

Pour les filles, deux maisons de Légion d'Honneur, Ecouen et Les Loges sont réservées aux filles de sous-officiers. Ces enfants sont admises de 9 à 11 ans et restent en pension jusqu'à l'âge de 18 ans. Voyons maintenant les autres situations que peuvent acquérir les rengagés, sans sortir de l'armée. D'abord la gendarmerie et la garde républicaine. Ces emplois sont réservés en totalité aux engagés ayant quatre ans de service ; les vacances annuelles sont d'environ 930 pour les gendarmes et gardes à pied, et 966 pour les gendarmes et gardes à cheval.

Traitement de 1 162 Pour les gendarmes à cheval et de 1 011 F pour les gendarmes à pied. Hautes payes journalières de 0.30 F, 0.50 F et 0.60 F après 3 ans, 5 ans et 10 ans. Logement gratuit naturellement.

Nous venons de voir que tous les emplois de troupe sont réservés en tonalité aux engagés ou rengagés de quatre ans ; un certain nombre d'emplois de maréchaux-de-logis ou de brigadiers sont réservés aux sous-officiers de dix ans. Il existe à Paris une École de sous-officiers de gendarmerie. Son but est de compléter l'instruction des sous-officiers de gendarmerie après à devenir sous-lieutenants ; on y est admis sur proposition des inspecteurs généraux après avoir passé un concours.

Les études durent six mois ; les campagnes, blessures, décorations etc procurent de nombreux majorations de points. A côté de la gendarmerie, citons le service actif des douanes, qui bien que dépendant du ministre des Finances, peut être considéré comme une administration militarisée.

La totalité des vacances est réservée aux militaires non-gradés n'ayant pas quitté l'armée depuis plus d'un an, et comptant quatre ans de service, c'est-à-dire actuellement ayant accompli leur temps normal et ayant contacté ensuite un engagement de deux ans. Concours facile ,mais service pénible. Les vacances sont de 800 chaque année.

Les traitement sont les suivants : Préposé 1 000 à 1 150 F ; sous-brigadier 1 200 à 1 250 F ; brigadier 1 300 à 1 400 F. Les brigadiers comptant deux ans de garde peuvent concourir pour le grade de sous-lieutenant avec 1 800 F de traitement. Un agent ds douanes ayant des notes convenables et étant porté au choix sur le tableau d'avancement, peut arriver à être capitaine après une quinzaine d'année de service. Il est alors pour concourir pour les emplois supérieurs dans une meilleur situation qu'un camarade de même âge, ayant débuté dans les bureaux, c'est-à-dire dans le service sédentaire.

Citons encore à titre d'indication : L'École centrale de pyrotechnie de Bourges qui forme des sous-officiers, caporaux et soldats pour la confection et l'emploi des artifices de guerre. L'École de tir du camps de Châlons et les Écoles régionales de tir, qui reçoivent non seulement des officiers, mais aussi des sous-officiers. L'École d'aérostation militaire de Chalais-Meudon qui complète l'enseignement pratique des sous-officiers et soldates des compagnies d'aérostiers pour en faire des instructeurs.

L'Ecole normale de gymnastique et d'escrime de Joinville-le-Pont qui forme des instructeurs et des maîtres d'armes. Admission : au choix sur propositions des commandants de corps, parmi les sous-officiers rengagés, les caporaux et les soldats.

En dehors des Écoles citons : les ouvriers d'État et les gardiens de batterie, choisi parmi les sous-officiers d'artillerie engagés ; les adjoints du génie et les archivistes d'état-major, pris au concours parmi les sous-officiers de deux ans de grade ; les sous-officiers de la justice etc, etc.

Comme on le voit, les emplois sont nombreux et justifient amplement le nom de « profession militaire » . D'autre part ils n'exigent aucun diplôme spécial, mais seulement de la bonne volonté et de l'énergie. La loi de 1905 et les avantages qu'elle accorde aux engagés, ont déjà produit des résultats ; en effet, une statistique de 1907 constate une augmentation de rengagements de 491 sous-officiers, 1 090 caporaux et brigadiers et 803 soldats.

REVUE NOS LOISIRS DU 4 OCTOBRE 1908

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