3 HISTOIRES
UN MILLIONNAIRE AMÉRICAIN VOUDRAIT
RESSUSCITER LES DILIGENCES
M. Vanderbilt le millionnaire américain bien connu à tenter d'établir entre Londres et Brighton un service de diligence pendant sept semaines.
Quoiqu'il n'ait pas tenté là une entreprise commerciale et qu'il s'agisse simplement d'une fantaisie sportive il est intéressant de savoir s'il fera au moins ses frais.
M. Vanderbilt a employé soixante dix chevaux dans le transfert d'Amérique en Angleterre lui a coûté 9 250 F. Les frais d'entretien hebdomadaires d'un cheval représente au minimum 18.25 F. de plus M. Vanderbilt fait établir pour ses chevaux des stalles séparées à chaque relais.
Rien que de ce chef, il dépensera donc en sept semaines 32 500 francs. Les dépenses imprévues peuvent être évaluées à environ 2 500 francs.
La location des voitures coûtera très cher et la petite armée de palefrenier s nécessaire pour tenir d'une façon impeccable le matériel et les animaux ne reviendra pas à moins de 12 500 à 15 000 francs.
En mettant les choses au mieux cette expérience coûtera 75 000 francs mais les dépenses actuelles se moment déjà beaucoup plus haut.
Par contre M. Vanderbilt aura encaissé s'il fait le maximum chaque jour —soit seize voyageurs à 18.25 F —une douzaine de mille francs en tout et pour tout.
DUELLISTES BIENTOT LES MÉDECINS REFUSERONT
DE SOIGNER VOS BLESSURES
Le professeur G. Galli de Rome affirme que les duels seraient moins fréquents si les médecins refusaient de prêter leur concours aux duellistes.
Il est manifeste dit-il que beaucoup de duels n'auraient pas lieu si l'on n'était pas assuré d'une assistance médicale immédiate. On conçoit qu'il est choquant pour un médecin d'assister à un duel dans l'attente d'un blessé à soigner ou pour constater le décès des duellistes. Il est tout aussi écœurant pour le médecin de permettre la continuation du combat sous prétexte que la blessure n'est pas assez grave pour y mettre fin. Il se fait ainsi le complice d'un malheur uniquement retardé de quelques instants.
Son devoir d'homme dans ce cas est d'empêcher et de rendre ces rencontres impossibles. Le jour où il sera décidé que les médecins n'assisteront plus aux duels l'opinion publique se prononcera encore beaucoup plus énergiquement contre ce vestige des temps barbares.
Le professeur Galli a bien raison certes ; son appel éloquent convaincra beaucoup de praticiens, mais le public restera sceptique. Il est trop habitué aux blessures intéressant l'extrémité inférieure de l'ongle du petit doigt pour prendre encore les duels au sérieux.
NE MANGEZ PAS TROP DE FRAISES CELA VOUS
DONNERAIT DES IDÉES NOIRES
Les fraises ces fruits délicieux, qui subissaient déjà le reproche de favoriser l'urticaire et autres manifestations dermiques sont accusés maintenant d'un méfait bien plus grave.
Un magistrat de Washington leur impute les suicides si fréquents au printemps ; il assure que le public mange trop de fraises avant maturité complète et que cette ingestion immodérée et maladroite produit souvent chez les consommateurs une dépression morale et des idées noires qui les conduisent au suicide.
REVUE NOS LOISIRS DU 21 JUIN 1908