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MOINEAUX SANS NID N° 312

15 Octobre 2013, 09:00am

Publié par roman

CHAPITRE 312

CE QUE MARIUS NE PREVOYAIT PAS

A PARTIR DU 1er NOVEMBRE RENDEZ-VOUS SUR

WordPres.com histoiresautrefois

L’attaque de l’ami d’Edwige avait été si rapide et si violente que « le Dragon » tomba à terre de tout son long. Il essaya de se relever mais Marius lui sauta dessus, l’empêchant de bouger.

En agissant ainsi, ce dernier venait de commettre une impardonnable erreur. Au contraire, s’il avait négligé cet homme et s’était précipité à l’intérieur de la villa, il serait arrivé à temps pour surprendre le docteur Mollet qui procédait à diverses et importantes transformations.

Marius chargea sur ses épaules « le Dragon » évanoui sous l’effet de ses coups, le transporta à l’intérieur du pavillon et l’étendit sur son lit.

Haletant causé sous l’effort fourni, il revint vers la porte d’entrée et regarda à l’extérieur pour s’assurer que personne n’arrivait.

Il attendit quelques minutes puis ressortit et s’engagea dans l’allée se dirigeant vers la grille pour rejoindre le plus rapidement possible le chauffeur qui était resté non loin de sa voiture.

Il avait parcouru une dizaine de mètres lorsqu’il s’arrêta comme pétrifié sur place. Il venait d’entendre le son d’une voix qu’il reconnut instantanément et qui lui figea le sang dans les veines.

— Comment ça va, mon ami ! Vous êtes venu me rendre visite jusqu’ici ? C’est une bien agréable surprise pour un vieux solitaire comme moi !

Marius fit vivement volte-face. Serrant son revolver dans sa main droite, il ouvrit la bouche de stupéfaction en apercevant le docteur Mollet venant vers lui, le sourire aux lèvres, la main tendue.

— Mais ! S’écria le médecin en fixant résolument le canon du revolver pointé sur lui, vous avez une curieuse façon de venir voir vos amis, mon cher Marius !

Son nom prononcé avec un tel accent de cordialité, calma subitement l’ami d’Edwige Ramier et, machinalement, il baissa son arme.

— Je suis très étonné que vous me receviez ainsi, docteur, bredouilla-t-il avec ahurissement.

— Comment aurais-je d^vous recevoir, mon ami ? Demanda le docteur Mollet en souriant. Ne sommes-nous pas des amis ? Vous me devez même un tantinet de reconnaissance ! Ne suis-je pas accouru à votre chevet, alors que vous aviez grand besoin de l’intervention d’un médecin ? Acheva-t-il avec un accent de léger reproche dans la voix.

Marius baissa la tête.

Très gêné, il glissa son revolver dans la poche de son veston, et leva un regard stupéfait sur cet homme déconcertant.

Il se demanda pour quelle raison le docteur Mollet lui témoignait une si grande cordialité, ne se troublant aucunement de l’avoir surpris dans sa propriété où il s’était introduit clandestinement comme un vulgaire malfaiteur.

L’ami d’Edwige se posa cette question, puis réalisa brusquement que son interlocuteur essayait de le rouler.

Le docteur Mollet qui avait pris le passage souterrain pour arriver plus vite au pavillon de garde, le dévisageait toujours souriant.

Le premier, Marius rompit le silence en disant durement :

— Ne cherchez pas à me rouler, docteur. Vous savez parfaitement pour quelle raison je suis venu ici. Où est Edwige ?

Le visage du médecin exprima la plus vive stupeur.

— Edwige ? Répéta-t-il l’air ahuri. Mais, pourquoi me posez-vous cette question ? Vous voulez parler de votre charmante amie, n’est-ce pas ? N’est-elle pas près de vous, vous prodiguant ses soins les plus tendres et les plus dévoués ?

— Non ! Répondit sourdement Marius, Edwige a disparu depuis plusieurs jours et je suis certain que vous êtes au courant !

Le visage du docteur Mollet s’assombrit l’espace d’un dixième de seconde.

— Ne dites pas de telles sottises, mon ami ! Protesta-t-il avec douceur. Pourquoi diable serais-je au courant des faits et gestes de cette femme ?

— Je n’en sais rien ! Grogna Marius, mais on m’a dit qu’elle avait été conduite ici. Où est-elle ?

L’autre leva les yeux au ciel et répliqua avec un accent de grande franchise :

— Qui a put vous raconter une histoire aussi invraisemblable, je ne sais absolument pas où se trouve madame Ramier. Je vous plains mon pauvre garçon ! Je vous répète et je vous jure mon brave Marius et je vous donne ma parole d’honneur !

— Votre parole d’honneur ! Répéta Marius d’un air soupçonneux.

— En doutez-vous ? Reprit sèchement le médecin.

Marius comprit q’il venait de gaffer et essaya de se rattraper en protestant vivement :

Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire docteur. Je vous prie de m’excuser. Seulement, j’ai appris que ... qu’Edwige se trouvait dans cette maison ... peut-être même y est-elle sans ... sans que vous le sachiez ! Ajouta-t-il en bredouillant.

— Cette jeune femme serait alors ici à mon insu ? S’écria le docteur Mollet. En ce cas, mon gardien doit le savoir ! Venez, dit-il en pénétrant dans le petit pavillon.

Mais il s’arrêta brusquement en fixant le muet qui revenait à lui et qui, encore tout hébété frottait sa grosse tête endolorie.

— Oh ! S’exclama le docteur Mollet, simulant toujours la plus grande stupeur, que s’est-il donc passé ? Il est dans un drôle d’état, le malheureux ! En seriez-vous responsable, monsieur Marius ?

L’ami d’Edwige baissa la tête et ne répondit pas.

— Bon ! Bon ! Poursuivit l’étrange médecin. N’en parlons plus. Je suis sûr que pour avoir agi ainsi vous aviez de sérieuses raisons !

Il se tourna vers l’infortuné « Dragon » et lui dit sévèrement :

— Tu n’es qu’un crétin et tu n’as reçu que ce que tu méritais.

Stupéfait, le muet le fixa n’en croyant pas ses oreilles. Il se leva quitta le pavillon et s’éloigna dans le parc en boitant. Il disparut bientôt à leurs yeux.

— Monsieur Marius, reprit le docteur Mollet sur un ton mielleux et légèrement ironique, je dois vous avouer que vos soupçons me peinent beaucoup. Mais comme je tiens absolument à les effacer de votre esprit, que penseriez-vous d’une visite minutieuse de toute ma maison ?

Marius acquiesça :

— Votre idée est excellente, docteur et ne l’en veuillez pas trop ! Lorsque je me trompe, je suis toujours prêt à reconnaître mes torts ...

— Alors, suivez-moi, invita aimablement l’étrange médecin.

Le docteur Mollet quitta le pavillon du garde. Marius le suivit d’abord un peu hésitant, puis il lui emboîta le pas résolument. Les deux hommes ne tardèrent pas à entrer dans la villa.

Le médecin s’arrêta dans le vestibule.

— Par où désirez-vous commencer ? Je crois qu’il est préférable que nous débutions par la cave. Ensuite, nous visiterons les pièces du rez-de-chaussée, puis les deux étages, ainsi que le grenier et la terrasse.

Marius élargit les bras pour indiquer que cela lui était indifférent.

L’assurance témoignée par le docteur Mollet commençait à produire son effet et l’ami d’Edwige était persuadé maintenant qu’il ne découvrirait aucune trace de celle qu’il aimait et cela d’autant plus qu’il était persuadé de son évasion.

Cependant, il espérait trouver un indice intéressant concernant « le Boiteux » dont il n‘avait pas encore parlé au médecin.

Ils commencèrent dont la visite du sous-sol où se trouvait le laboratoire du docteur Mollet.

Ce fut ensuite l’inspection minutieuse des pièces du rez-de-chaussée suivie par celles des étages supérieurs, du grenier, sans oublier la terrasse.

Nulle part, Marius ne découvrit la plus petite trace du passage d’Edwige ni de celle du « Boiteux ».

Victor Regaud, le chauffeur de la voiture, attendait toujours dans le sentier non loin de la grille. Marius se demanda s’il ne lui avait pas menti. Mais à la réflexion, il comprit que cela était impossible, pour la simple raison que Victor ne connaissait l’existence « du Boiteux » que depuis quelques heures. De plus, cet homme n’avait aucune raison d’inventer un tel mensonge !

Il décida donc d’attendre le développement des événements.

— Nous allons redescendre ! Reprit toujours aimablement son hôte et comme l’heure du déjeuner approche, faites-moi le plaisir de partager mon repas.

— Docteur, répliqua Marius en fixant bien dans les yeux son interlocuteur, je dois vous faire un aveu ; je savais qu’Edwige ne se trouvait pas ici !

Le docteur Mollet leva sur lui des yeux pleins d’ironie.

— Tiens ! Alors pourquoi avez-vous accepté de visiter entièrement la maison ? Répliqua le médecin d’une voix irritée.

— Parce que j’ai vu une corde faite de deux draps qui pendant à l’une des fenêtres, expliqua Marius, et je suis certain qu’Edwige s’est évadée.

— Une corde faite avec des draps ? Ré »péta le docteur mollet avec un accent de profonde stupéfaction. Qu’est-ce que vous racontez ? Etes-vous sûr de ce que vous avancez ?

— Absolument certain ! Affirma son interlocuteur, d’ailleurs elle s’y trouve toujours !

Le médecin sourit et dit avec le plus grand calme :

— Très bien, monsieur Marius, allons voir cette corde. Suivez-moi je vous prie !

Sans échanger d’autres paroles, les deux hommes descendirent au rez-de-chaussée, traversèrent le hall et sortirent de nouveau dans le jardin.

— De quelle fenêtre s’agit-il ? Demanda d’un ton moqueur le docteur mollet en fixant la façade de la villa.

Marius blêmit en levant les yeux sur la fenêtre où il avait vu pendre les draps. Ils ne s’y trouvaient plus, quelqu’un avait dû les retirer.

— Je regrette beaucoup mon cher monsieur Marius, murmura le médecin. Je crois que votre imagination vient de vous jouer un bien vilain tour !

{ A SUIVRE LE 18 OCTOBRE }

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