Votre opinion et la votre 4/4
VOTRE OPINION ET LA NOTRE
Deux personnes appartenant à la haute société protestante — si réputée pour la sévérité de ses mœurs — se sont mariés ensemble, ont divorcé, se sont remariés chacune de son côté. Du premier mariage était né un garçon. Le père et la mère sont en procès au sujet de l'éducation de cet enfant.
Cette cause judiciaire que les journaux commentent parce que les parties portent des noms connus, se présente chaque jour devant les tribunaux. Elle touche au problème le plus grave qui puisse être posé dans la famille, et qu'on ne songe pas assez à résoudre.
Dès la naissance de l'enfant, ses parents lui choisissent des prénoms à leur goût, lui donnent une religion à leur gré, lui imposent une certaine éducation quand ils sont d'accord, ou des fragments d'éducations contradictoires quand ils sont brouillés, finalement lui attribuent telle ou elle vocation.
La personnalité de l'enfant ne se dégage légalement qu'à sa majorité, lorsqu'il a reçu, toutes sortes d'empreintes fâcheuses ou qu'il est lié fortement comme ses instincts et contre ses intérêts.
Ce serait une grande œuvre sociale et morale que de préserver la personnalité de l'enfant contre les usurpations, aujourd'hui de la famille, demain de l'État.
REVUE NOS LOISIRS DU 8 DÉCEMBRE 1907