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VOTRE OPINION ET LA NOTRE 3/3

19 Décembre 2011, 09:00am

Publié par nosloisirs

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VOTRE OPINION ET LA NOTRE

La campagne du Maroc a révélé un résultat de l'aérostation militaire auquel personne n'avait songé. Les colonnes en marche mènent avec elles un ballon captif, donc l'équipage observe au loin le pays, annonçant les accidents de terrain, les obstacles, la présence de l'ennemi, ce qui est fort utile. Seulement du même coup le ballon signale à l'ennemi l'arrivée de la colonne et l'ennemi s'éclipse.

De sorte que nos troupes trouvent partout des douars abandonnés ; les habitants ont fait leurs paquets et se tiennent à distance respectueuse de l'envahisseur. C'est simple comme l’œuf de Christophe Colomb, et nous voilà tout surpris de ne plus pouvoir surprendre. Il faudra trouver autre chose pour voir sans être vus.

 

 

Comme on discute, à l'Hôtel de Ville de Paris, la réforme des moyens de transport, on a publié les derniers bilans de la Compagnie des Omnibus. Nous y relevons ces deux chiffres :

Nombre de chevaux................. 12 774

Frais de nourriture et de litière.. 7 077 263 Frs

C'est-à-dire qu'un cheval coûte par an 576.60 Frs et par jour 1.57 Fr — pour sa nourriture et sa litière à la fois ; nous ne pouvons pas dire ; pour son avoine et pour sa paille, parce que ces denrées « de luxe » n'entrent guère dans la consommation.

Tout le monde sait qu'il est impossible avec 1.57 fr de nourrir et l'entretenir convenablement un cheval, surtout un cheval qui fait un dur travail et dans Paris où l'octroi grève les fourrages. Le seul énoncé des deux chiffres ci-dessus prouve donc que toutes les accusations de cruauté sont justes et que les défenseurs d'animaux martyrs n'exagèrent rien.

Ce sont des bêtes affamées que le fouet impitoyable des cochers cingle et meurtrit pour leur faire tirer d’énormes charges. Et pourtant les cochers exigent comme tous les travailleurs, un salaire équitable pour mangent à leur faim.

 

 

 

Quand le travail était organisé corporativement, le premier soir de la corporation était de recruter, de former des apprentis. Les corporations ont disparu depuis plus d'un siècle ; l'apprentissage est en voie de disparition. Si l'on n'y remédie où l'industrie trouva-t-elle des ouvriers ?

Dès que l'enfant a obtenu son certificat d'études primaires, les parents l'envoient n'importe tout, chez n'importe quel patron, sans considérer ses goûts, ses aptitudes, ses chances d'avenir. L'appât de quelques sous à gagner, la première occasion qui se présente, décident d'une existence entière. Et dans la plupart des cas, le patron qui reçoit un enfant comme apprenti l'utilise comme domestique, au lieu de lui apprendre son métier.

On peut reprocher à la bourgeoisie de tenir trop longtemps ses fils et ses filles en lisières ; on peut reprocher aux ouvriers de livrer trop tôt leurs enfants aux hasards de la vie. Sans doute, la nécessité les presse. Mais les ouvriers d'autrefois avaient trouvé des solutions que rien n'empêche de reprendre aujourd'hui. Puisque sous les noms nouveaux, les organisations corporatives renaissent, elles doivent se préoccuper de l'apprentissage et de l'apprenti.

REVUE NOS LOISIRS DU 23 FEVRIER 1908

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